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2016 : des superstars et de la qualité

2016 : des superstars et de la qualité

2016 c’est fini, et l’heure du deuxième bilan a sonné ! Après avoir exploré les déceptions de l’année et avoir constaté que les grosses productions ont majoritairement été décevantes au box-office, India Thema s’intéresse aux grandes réussites de l’année. Qu’elles soient commerciales, critiques, voire les deux, ces productions ont marqué 2016 au fer rouge et contribué à montrer un cinéma indien au visage changeant. Voyons cela de plus près…

Deux superstars en tête !

Cette année, personne n’a pu arriver à la cheville d’Aamir Khan et Salman Khan. Avec la chute commerciale de Shahrukh Khan pour FAN, les habituels trois Khans sont momentanément les deux Khans cette année. Et l’écart a été si immense qu’il est impossible de comparer le moindre succès à celui de Dangal et Sultan. C’est simple, dans l’optique que Dangal remporterait 350 crores (score qu’il devrait dépasser), son score serait à peine plus faible que les trois sorties cumulées d’Akshay Kumar en Inde cette année (365,07 crores pour Airlift, Housefull 3 et Rustom). Quand on sait que l’acteur signe ici une des meilleures années de sa carrière de superstar, on comprend qu’Aamir est clairement un pallier au dessus ! A vrai dire, si l’on cumule le score des huit autres films étant dans le top 10 des plus gros rapporteurs d’argent en Inde cette année, on obtient 862,40 crores…contre environ 650 voire plus rien que pour Dangal et Sultan. Les deux Khans ont été une industrie à eux seuls en 2016 ! Et si Salman Khan pensait dominer clairement l’année, on notera tout de même que son film n’a pas signé un maintien exemplaire après avoir survolé un week-end de 5 jours boosté par les vacances et les prix de tickets élevés. C’est bien Aamir qui obtient la couronne de roi du box-office en étant le seul capable de battre les records qu’il crée. Roi également de la qualité puisque Dangal signe la meilleure moyenne presse de l’année, ainsi qu’un bouche-à-oreille tout simplement fabuleux. S’il avait bénéficié des vacances de Sultan, Dangal aurait clairement pu viser les 400 crores.

Les stars : hat-trick, come-back et espoirs…

Bien évidemment, il ne faut pas non plus dénigrer le star power des autres stars de l’industrie. Et celui qui a clairement enflammé le box-office cette année n’est autre qu’Akshay Kumar. L’acteur change de stratégie de carrière depuis quelques temps avec des choix plus minutieux et une image plus sérieuse et patriote. Cela se ressent au box-office. Airlift est un des films les plus aimés de l’année, Housefull 3 a certes déçu mais reste un hit et Rustom a remporté haut la main un clash dans lequel personne ne le voyait gagnant. Trois sorties, un hat-trick dans le club des 100 crores, 2 super-hits et un hit…bravo l’artiste ! On l’attendra au tournant en 2017 avec pas moins de 4 sorties. Et force est de s’avouer que l’acteur sait varier les genres pour notre plus grand plaisir. Avec la chute de Hrithik Roshan et Ajay Devgan, Akshay Kumar est en passe de devenir le seul acteur de sa génération à rester en rythme avec les Khans.

Pour le côté des plus jeunes stars, c’est avec un immense plaisir qu’on a salué le retour de Ranbir Kapoor dans la ligue des grands succès ! Après plusieurs échecs consécutifs, l’acteur retrouve le club des 100 crores et remporte avec classe un clash controversé avec le drame romantique Ae Dil Hai Mushkil. De retour dans la cour des grands, Ranbir pourra certainement vite retrouver la première place dans le classement des jeunes stars le plus appréciées.

Et si l’on parle toujours des jeunes, Sushant Singh Rajput a brillé cette année avec le triomphe du biopic M.S Dhoni. L’acteur qui n’avait jamais dépassé les 50 crores en trois films remporte ici 132,85 crores et finit troisième au classement des plus gros succès hindis de l’année, juste derrière Aamir et Salman et devant Akshay Kumar, Ranbir Kapoor et autres… Si quelqu’un l’avait parié en début d’année, personne ne l’aurait cru ! Mention également à Tiger Shroff pour le super-hit Baaghi qui, à défaut d’être bon, a attiré le public en masse. Idem pour Sidharth Malhotra et son Kapoor & Sons. Enfin, mention honorable à Varun Dhawan qui est parvenu à sauver Dishoom de justesse. Sans sa présence, les critiques et le bouche-à-oreilles mitigés auraient rapidement fait couler le film.

Triomphe chez le moins commercial !

Chaque année, mon regard est particulièrement fixé sur les films indépendants ou semi-indépendants venant défier le mainstream. Et si le mainstream s’est effondré en 2016, l’indépendant s’est illustré avec brio ! De Neerja à Kapoor & Sons, en passant par Udta Punjab, Dear Zindagi, Ki & Ka ou encore Pink et même Airlift dans une certaine mesure, nombreux sont les films à avoir surpris alors que personne n’aurait rien espéré d’eux au box-office. En termes de profits par rapport au budget, Neerja est momentanément le 1er du classement cette année (Dangal devrait le dépasser) avec 260% de profits, Pink occupe la 4ème place, Airlift la 5ème, Dear Zindagi la 6ème. Kapoor & Sons a été déclaré super-hit, quant à Udta Punjab, le film a défié toutes les prédictions en obtenant le statut de semi-hit malgré son interdiction aux mineurs, son procès interminable, sa fuite sur internet quelques jours avant la sortie en salles et son aspect purement non commercial. Bref, une victoire de titan bien méritée pour ce film transgressif !

Mais le triomphe n’est pas uniquement lié au box-office, il peut être critique. L’année avait été lancée par des films purement indépendant comme Aligarh de Hansal Mehta. Véritable merveille, ce film comptant avec pudeur l’histoire d’un professeur à l’université licencié et traité en paria pour son homosexualité a obtenu des critiques unanimes et un bouche-à-oreille d’exception chez les cinéphiles. Tour des festivals, nomination dans les cérémonies indépendantes, il est certainement le grand gagnant du cinéma d’auteur indien cette année. Autre film ayant séduit les festivals à l’international, Raman Raghav 2.0 sorti dans sa version étrangère sous le titre Psycho Raman a marqué un retour sublime du grand Anurag Kashyap à son genre de prédilection, le tout survolé par une Nawazuddin Siddiqui possédé. Ignoré en salles, le film n’en reste pas moins une des œuvres artistiques majeures de 2016. On pourrait également citer Parched, qui a rencontré un vrai succès en France chez les cinéphiles sous le titre La Saison des Femmes, ainsi que Dhanak, Angry Indian Goddesses, Budhia Singh, Nil Battey Sannata ou encore Waiting…autant de perles du cinéma indépendant sorties en 2016 et qui méritent absolument d’être vues. Et pour le côté non indépendant mais différent du cinéma commercial classique, on retiendra FAN qui – avant d’être boudé par le public – a signé une des meilleures moyennes presse de l’année en Inde. Un film fort et méta à découvrir. Enfin, Wazir et TE3N ont peut-être tout juste remboursé leur budgets respectifs, il ne restent pas moins de thrillers très efficaces, dotés d’une réalisation inspirée et de castings forts.

Les femmes au pouvoir !

On résume souvent l’industrie indienne en trois noms masculins : Aamir Khan, Shahrukh Khan et Salman Khan. Il n’empêche que les femmes ont brillé et dominé le cinéma indien cette année encore. A commencer par Sonam Kapoor. Souvent critiquée et jugée comme une actrice au jeu limité (Raanjhanaa et Khoobsurat auraient pourtant déjà du suffire), elle a fait taire ses détracteurs avec une force fascinante dans le biopic événement Neerja. Une prestation sublime saluée à l’unanimité, pour un des plus gros succès commerciaux et critique de l’année. Notons d’ailleurs que le biopic se distinguait pour son casting féminin puisque Shabna Azmi est également sublime en mère sous tension. Des séquences d’émotion inoubliables !

Tapsee Pannu, Kirti Kulhari et Andrea Tariang ont également impressionné tout le monde dans Pink, en venant même à éclipser un Amitabh Bachchan pourtant en pleine forme. Le discours profondément féministe du film ne lui a pas empêcher de séduire un très large public et d’être salué à par beaucoup comme un classique instantané. En plus d’être une vraie merveille, le film a le mérite d’avoir suscité de vrais élans dans le pays, avec le lancement notamment de rickshaws “roses”, pour et conduits par des femmes uniquement. Un accomplissement en soi.

Le féminisme, on en a beaucoup parlé cette année puisque Parched, Angry Indian Goddesses et Nil Battey Sannata en faisaient également une part importante voire le point central de leur intrigue. A chaque fois, les films ont été sublimés par des actrices de talent dont Radhika Apte, Tannishta Chatterjee, Swara Bhaskar et j’en passe. N’oublions pas non plus les valeurs sures : Kalki Koechlin brillante dans Waiting et Vidya Balan saluée par tous les critiques dans Kahaani 2.

Enfin, pour le côté star power, les représentantes officielles s’appelaient Anushka Sharma et Alia Bhatt ! En l’absence de Deepika Padukone et Priyanka Chopra (Jai Gangaajal n’a pas eu d’impact), la relève s’est imposée de force. Anushka Sharma signe deux succès majeurs avec Sultan (2ème plus gros succès de l’année) et Ae Dil Hai Mushkil (6ème plus gros succès de l’année). Alliant le film pour single-screns puis pour multiplexes, elle s’assure ainsi une fan base fidèle et variée. Saluée pour ses deux rôles, on la retiendra surtout pour sa performance immense dans le drame de Karan Johar avec un personnage d’Alizeh mémorable. Son talent était si évident qu’elle en venait même à éclipser les prestations pourtant brillantes de Ranbir Kapoor et Aishwarya Rai Bachchan dans ses moments de grace. De son côté, Alia Bhatt semble être l’équivalent féminin d’Akshay Kumar puisqu’elle signe elle aussi un hat-trick de succès avec Kapoor & Sons, Udta Punjab et Dear Zindagi. Trois films non commerciaux, risqués, abordant chacun des sujets délicats. N’hésitant pas à se transformer radicalement et à oser la rupture de glam pour Udta Punjab (probablement la meilleure performance féminine de l’année pour beaucoup), l’actrice a également prouvé qu’elle savait tenir un woman-centric à elle seule dans Dear Zindagi. Et puis il faut bien se l’avouer, tourner avec Shahid Kapoor, Fawad Khan, Shahid Kapoor et Shahrukh Khan au cours de la même année a de quoi faire bien des jalouses !

Bref, 2016 n’a peut-être pas été parfaite, mais elle nous a apporté des films différents, osés et de qualité, surtout du côté du cinéma indépendant. Bien évidemment, les amateurs de Bollywood traditionnel n’y trouveront pas leur compte, mais les cinéphiles sans frontière sauront se reconnaitre dans ce cinéma réaliste, puissant et magistralement interprété. Et vous, quels ont été vos grandes découvertes cette année ? Je vous laisse me le dire dans les commentaires et on se retrouve bientôt pour un India Thema consacré aux prédictions que l’on peut faire pour 2017. A bientôt dans India Thema !