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Jimmy Veerapin : « J’encourage les artistes à entrer dans le train digital »

Jimmy Veerapin : « J’encourage les artistes à entrer dans le train digital »

Passer de graphiste à fondateur d’une boîte d’évènementielle, Jimmy Veerapin n’est pas un inconnu dans le secteur artistique. A la tête de l’entreprise de « Paradize Burning », créée en 1997 et de « Culture Events » en 2011, cet homme nous raconte son parcours.

Il est 13h de l’après-midi. L’entretien avec Jimmy Veerapin, âgé de 38 ans se passe au Café du Vieux Conseil à Port-Louis. Cet homme vêtu de sa propre marque de T-shirt arborant le logo de « Culture Events », nous accueille chaleureusement. C’est en 1997 que Jimmy, originaire de Rose-Hill, s’est lancé cette aventure entrepreneuriale.

Graphiste dans une imprimerie à l’époque, il a voulu prendre le « risque » de créer sa propre marque de vêtements, notamment, « Paradize Burning ». N’ayant jamais suivi de formation, Jimmy apprendra le métier sur le tas. Un risque qui a fini par connaître un véritable succès au fil du temps.

La marque de « Paradize Burning » n’avait pas pour but d’être dans la tendance mais plutôt d’être la voix des sans voix. Jimmy avait un message à faire passer et « Paradize Burning » convenait parfaitement à cette mission. Le label signifiait le soutient a la révolution en marche contre l’injustice et la sensibilisation pour des causes le combat contre la pollution. Cette marque, 100 % mauricienne,  a beaucoup joué sur le « streetwear » locale. Jimmy a ainsi commencé par des T-shirts, petit à petit sa gamme s’es élargie allant des jeans aux savates en passant par les casquettes.

Musique de combat

Les trois couleurs fétiches : le rouge, le jaune et le vert pour construire un label inspiré du « reggae », qui représentait à l’époque, une musique de « combat ». L’’Otentikk Street Brothers (OSB) venait juste d’être créé et l’idée est apparue d’associer la marque de « Paradize Burning » à la musique « reggae » pour faire passer des messages. A travers ce T-shirt, ceux le portant adhéraient en quelque sorte à cette lutte. Mais aujourd’hui, Jimmy ne se limite pas seulement à des clients mauriciens, mais également des étrangers. La marque est vendus en Angleterre, Australie, Rodrigues et La Réunion.

Tout petit, Jimmy voulait être libre et être le maître de son destin. Grace à l’association du graphisme à la musique reggae, il a commencé à recevoir plusieurs commandes des artistes locaux tels que Kaya et Ras Natty Baby pour confectionner des pochettes de CD. Etant très créatif et innovateur, Jimmy côtoyait régulièrement les artistes locaux.

Par la suite, il est entré dans le bain de la culture musicale et grâce sa volonté et sa détermination, il a commencé à organiser des petits concerts. Fort de ses 14 ans d’expérience dans le design, le graphiste décide de monter sa boîte ayant pour nom « Culture Events ». « Culture Events » n’est pas seulement promoteur d’évènements, mais également des  artistes comme le groupe Mulaëo, Yoan Catherine et La Famille Gaspard.

Le « One Live Project » a été une grande première pour le directeur de cette agence en 2014. Ce projet était une fusion de l’art, la musique et la technologie. Il avait a réuni plusieurs artistes locaux, des « DJs », des comédiens, des peintres, des photographes et des sculpteurs, qui méritaient d’être connu et qui n’arrivaient pas à se faire découvrir dans l’univers artistique. C’était donc un évènement qui donnait la chance aux nouveaux artistes de se faire connaître dans leurs domaines respectifs. Mais le tout doit se dérouler en « live » tout en veillant à ce que l’espace vert du Café du Vieux Conseil soit respecté.

En sus de la réussite du « One Live Project » de 2014, il y a récemment eu la Fête de la Musique célébré le 20 Juin dernier. Jimmy a aussi présenté Tiken Jah Fakoly, artiste international sur la scène mauricienne. De plus, « Culture Events » a récemment sorti l’album de Mr Love. Comme projet d’avenir, le « Maurician Open Air Festival (MOAF) » se tiendra bientôt en Europe où Gary Victor y participera. Mais l’évènement dont Jimmy attend avec impatience, est celui du « Mauritius Music Expo (MOMEX) » en collaboration avec Jorez Box qui se tiendra les 28 et 29 novembre de cette année. MOMEX réunira les professionnels de l’industrie musicale de plusieurs pays pour une échange culturel et aussi de voir comment développer le secteur de la musique à Maurice. En novembre, il y aura également le « One Live Music Festival » qui réunira des artistes de l’Inde, de Madagascar, de l’Afrique du Sud, de Rodrigues et de l’Australie.

Train digital

De ce fait, Jimmy encourage tous les artistes à entrer dans le « train digital » et de ne pas baisser les bras. Il faut « persévérer même s’il n’y a pas vraiment de soutien de la part du gouvernement », souligne-t-il. Le « sega » a été un grand pas pour l’avenir de notre patrimoine culturel. Et surtout, il est important de protéger toutes les créations artistiques de la « Mauritius Society of Authors (MASA) ».