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Secteur de la construction : Quel avenir ?

Secteur de la construction : Quel avenir ?

On dit que la construction est la base même de tout avancement économique. Avec les divers projets gouvernementaux, on pourrait se dire que ce secteur connaîtra un réel boost.  Or, il semblerait que les travailleurs locaux ne font pas partie de l’équation.

Un argument qui revient à chaque fois : le secteur de la construction n’est pas assez professionnel. Pourquoi ? Le ministre Nando Bodha estime que « la plupart des maçons ont apprit le travail sur le temps ».

Pour expliquer ce problème, plusieurs facteurs peuvent être pris en considération. Pour «assainir» la situation dans le secteur de la construction, le ministre des Infrastructures publiques et du transport avait indiqué qu’un Security of Payment Bill aurait du  être présenté au Parlement en avril. L’annonce avait été faite lors d’une conférence de presse.

Selon Nando Bodha, souvent les clients ne paient pas les contracteurs qui, à leur tour, ne peuvent pas payer les sous- contracteurs. « Vu que c’est un petit monde, personne n’ose entamer des poursuites en cour. Il n’y a donc pas de moyen de résoudre des contentieux », a-t-il fait ressortir. Le Payment of Security Bill viendra ainsi présenter un système d’adjudication.

Des adjudicateurs, soit  des professionnels ayant des connaissances légales, pourront trancher en cas de litige. Contactée, un source du ministère fait comprendre que jusqu’à présent, ce projet de loi n’a toujours pas été présenté au Parlement. Il confie que « on attend le SLO pour l’avènement d’un tel Bill, et par conséquent on pourra le présenter au Conseil des ministres». Mais notre interlocuteur soutient que cela prendra un peu de temps encore, « but it is still on!».

Nando Bodha a rappelé que l’industrie de la construction génère un chiffre d’affaires de Rs 35 milliards par an, pour 1200 opérateurs. « Le CIDB a commencé à règlementer le secteur de la construction dès janvier 2015. Les opérateurs qui ne seront pas enregistrés auprès du CIDB après le 30 juin ne pourront participer à aucun exercice d’appel d’offres pour des travaux publics », a indiqué le ministre.

Selon Statistics Mauritius, le secteur de la construction s’améliore

Le taux de croissance de l’économie mauricienne pour 2016, estimé dans un premier temps à 3,9% (rapport de mars dernier), a été maintenu par Statistics Mauritius dans son relevé de juin 2016. Ce taux est supérieur à celui enregistré en 2015 (3,5%). Selon Statistics Mauritius, bon nombre de secteurs de l’économie nationale – dont l’agriculture, l’industrie manufacturière, la construction et les services financiers – vont améliorer leurs performances cette année. Pour la Construction : reprise à 1,6% après cinq années consécutives de contraction.

CIDB

Selon un communiqué émanant du Construction Industry Development Board (CIDB), le 30 juin dernier, on a dépassé la date limite pour que les contracteurs s’enregistrent auprès du régulateur pour le secteur de la construction. Cet effort pour mettre de l’ordre dans un secteur jusqu’alors largement informel est bien accueilli par les professionnels dans le domaine. Conformément aux derniers règlements, la date limite pour l’enregistrement des consultants et les Entrepreneurs opérant dans le secteur de la construction locale était le 30 Juin 2016, à défaut de quoi ils ne seraient pas autorisés à poursuivre leurs activités. Il fait aussi mention que ceux  qui ne l’ont pas encore fait, ils opéreront  dans l’illégalité.

Quelque 1000 entrepreneurs se sont manifestés pour obtenir leur permis. Environ 800 l’ont déjà obtenu et les autres doivent fournir des informations ou documents supplémentaires avant d’être enregistrés à leur tour. Toutefois, ceux qui ne prennent que des contrats de moins de Rs 500 000 ne sont pas concernés par la mesure.

Il y a une amende de Rs 50 000 et même une peine de prison maximale de deux ans pour toute entorse aux règlements. Le client est aussi concerné. Une source affirme qu’ « avec un contracteur non enregistré, on peut avoir du mal à avoir une couverture d’assurance et, en cas de litige, le client peut se retrouver en situation délicate en cour », avance notre interlocuteur.

Shaffick Hamuth, économiste : « Il faut s’adapter à la technologie »

Selon l’économiste Shaffick Hamuth, le secteur de la construction a de l’avenir. Mais il est d’avis qu’il y a un ralentissement, car « on est dans l’attente des projets gouvernementaux et privés, ainsi que dans le domaine de l’immobilier ».

Il soutient cependant qu’il existe plus d’opportunité qu’auparavant. « Autrefois, quand on parlait de construction, on faisait référence aux maisons et aux bâtiment, or maintenant, avec les smart cities, il faut s’adapter à la technologie ». C’est selon lui, la raison pour laquelle les maçons n’arrivent pas à trouver du travail. « Il faut que la communauté de la construction aient une formation pour évoluer technologiquement », affirme l’économiste.

Quant à la question de l’ampleur des travailleurs étrangers à Maurice, Shaffick Hamuth est d’opinion que «  si ces derniers sont pris, il y a plusieurs facteurs : ils n’ont pas de vie sociale et ils sont plus agiles », souligne-t-il.

Par ailleurs, il précise que les contacteurs étrangers qui viennent à Maurice posent problème pour les operateurs locaux. « La compétition est rude, ce qui fait que les contacteurs Mauriciens ne peuvent pas rivaliser avec eux », selon lui.

En terme de marketing, il assure qu’il y a un déséquilibre. La raison est comme suit : « les contacteurs étrangers sont plus avancés », affirme l’économiste. Il fait donc une demande auprès des autorités de protéger les contacteurs locaux. « C’est une manière de créer de l’emploi », confirme-t-il.