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182e anniversaire de l’abolition de l’esclavage : Pour ne pas oublier le passé!

182e anniversaire de l’abolition de l’esclavage: Pour ne pas oublier le passé

Les années passent et se ressemblent. Mais cette cérémonie officielle marquant le 182e anniversaire de l’abolition de l’esclavage cette année revêt d’une importance particulière, car le thème sera basé sur le rappel du passé sur lequel construire l’avenir.

Ils sont unanimes à reconnaître que, sans la présence des esclaves, Maurice ne serait pas ce qu’il est. D’où l’importance que le gouvernement et diverses ONG, sans oublier les Verts Fraternels de Sylvio Michel qui sera lui au Jardin de la Compagnie en ce jour férié.

Pour Vassen Kaupusamy, a-t-on avancé dans l’histoire ? Il faut voir l’histoire et ce que l’esclavagisme a été pour notre pays : « Que représentait Maurice pour les colons Français, Hollandais et Anglais ? C’est une source d’eau douce, la capture des tortues pour sa viande, puis le sucre ».

Il soutient que quand les colons sont venus s’installer à Maurice le prix du sucre sur le marché mondial avait pris l’ascenseur, « ils ont fait venir des esclaves comme main-d’œuvre afin de défricher le terrain et faire pousser la canne à sucre pour l’exportation ».

Vassen Kaupusamy ajoute « qu’il faut faire la différence entre esclaves et travailleurs engagés qui sont venus volontairement à Maurice parce qu’ils croyaient que l’herbe était plus verte ailleurs, alors que les esclaves étaient un bien pour les colons ».

Le combat pour reconnaître le rôle des esclaves est aussi celui de Sylvio Michel : « Cela fait des décennies que je me bats pour que le 1er Février soit jour férié et mon parti et moi-même sommes arrivés à notre fin. Personne ne croyait que ce combat allait être un succès et je suis ravi qu’aujourd’hui la langue créole prend toute sa place dans notre pays, que ce soit aux informations ou ailleurs ».

Le leader des Verts Fraternels ajoute qu’avec le temps, il est heureux que de constater que les Mauriciens de tous bords reconnaissent l’apport de ces esclaves qui ont façonné notre île « à coup d’efforts et de fouets ». Il a réuni ses partisans au Jardin de la Compagnie en ce 1er février 2017.

Jocelyn Chan Low estime que l’esclavagisme a permis à Maurice d’être ce qu’il est aujourd’hui : « Les esclaves ont sué sang et eau pour construire ce pays et il est juste qu’on commémore la mémoire de nos ancêtres que beaucoup ne connaissent même pas l’histoire ». Il dit qu’il faut que nos jeunes s’intéressent davantage au passé du pays « pour ne pas l’oublier ».

La cérémonie officielle a eu lieu à la plage du Morne en ce mercredi 1er février avec des dépôts de gerbes et des discours de différentes personnalités, dont le Premier ministre, Pravind Jugnauth.

Un brin d’histoire

Les premiers esclaves de l’île Maurice étaient essentiellement originaires de Madagascar durant la colonisation hollandaise. À leur arrivée, les Français privilégient également l’esclavage pour le développement de l’île et, comme les Hollandais, ils utilisent dans un premier temps des esclaves malgaches. Mais tout comme les Hollandais, ils se rendent rapidement compte que l’amour des Malgaches pour la liberté rend leur exploitation peu profitable. Ils s’évadent dès qu’ils en ont l’occasion et se regroupent dans la forêt pour former des groupes de « marrons » (esclaves en fuite), qui se livrent par la suite à des actes de brigandage. Pour pallier cette situation, l’administration coloniale décide de s’approvisionner avec des esclaves en provenance du Mozambique, qui sont jugés plus dociles, robustes, laborieux et, en plus, ils n’ont aucune velléité d’évasion. À leur arrivée, les esclaves du Mozambique, en particulier ceux de l’ethnie makwa-lomwé, font forte impression et sont très appréciés, au point qu’un gouverneur français dira d’eux :« …il n’y a que les esclaves de la côte du Mozambique qui conviennent… ». 

Cependant, les administrateurs coloniaux diversifieront leurs sources d’approvisionnement avec des esclaves en provenance de l’Afrique de l’Ouest, principalement originaires du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. À ceux-ci s’ajouteront des esclaves indiens originaires pour la majorité du Bengale, qui seront très appréciés pour leur docilité, leur fidélité et leur intelligence. Quoique jugés peu aptes aux travaux des champs, les Indiens sont en revanche très prisés pour les travaux domestiques ou les tâches demandant du sens et du raisonnement.

textes: Jean Claude Dedans-Déborah Momplé, Sweetie Seerutton 
photos: Julie Soucient, Aveelen Moorongapillay

En direct du Morne:

Mme la Speaker, Maya Hanoomajee est présente, suivi par les membres du gouvernement, dont Sir Anerood Jugnauth, le ministre mentor. Le Premier ministre, Pravind Jugnauth et le leader de l’Opposition, Xavier Luc Duval sont aussi arrivés

Les préparatifs à Le Morne ce mercredi 1er février 2017 à 10h00