Actu de l'ile Maurice
Actualités

Politique : Que cherche Roshi Badhain ?

Politique : Que cherche Roshi Badhain ?

L’échiquier politique a pris une nouvelle tournure depuis la passation de pouvoir entre SAJ et Pravind Jugnauth. Le grand bouleversement est venu avec le départ du PMSD du gouvernement. Sur fond de différend entourant le Prosecution Commission Bill, Xavier a claqué la porte au gouvernement. Le triumvirat gouvernemental est réduit à un simple duo.

Mais le plus dur est venu de l’ex ministre des services financiers et de la bonne gouvernance. Roshi Badhain, pressenti pour garder son ministère après le dernier remaniement, a joué aux abonnés absents lors de la cérémonie de prestation de serment.

Selon certaines données, même si Roshi Badhain les rejette, ce dernier lorgnerait le marocain des finances. Quand ce poste lui a été refusé, il a rendu le tablier de la bonne gouvernance.

Jusqu’ici, il n’y a rien de drôle dans tout le scenario. Mais le plus dur restait à venir.

Roshi Badhain lance son propre parti. « The Reform Party » avec pour logo une tête de lion, A Generation Ahead. Souhaite-t-il se substituer au Roi Lion qui a laissé des crinières aux dernières législatives? Ce symbole devrait pousser le Dr Navin Ramgoolam à se prononcer dans les jours à venir.

Roshi Badhain va faire face au parlement à ses anciens collègues du pouvoir. Que va-t-il faire dans l’opposition ? Brûler ce qu’il a adoré pendant deux ans ? Il va donc nous demander d’oublier ce fameux baiser sur la main de Pravind Jugnauth ou encore cette déclaration où il avait élu le leader du MSM comme “notre futur Premier ministre” après le jugement de la Cour en 2016.

Ou bien va-t-il se dédouaner de ses décisions ? Il l’a déjà fait, d’ailleurs, pour l’affaire de démantèlement du groupe BAI. Pour la première fois les mauriciens en entendent parler. Selon Badhain, c’est Vishnu Lutchmeenaraidoo qui serait l’architecte de ce démantèlement. Et pourtant nous savons tous que c’est Roshi Badhain et consorts qui y étaient concernés. Ils se vantaient même d’avoir débarrassé le pays d’un Ponzi schème, à travers des infographies détaillées, qui aurait occasionné une catastrophe économique. Une formule de « pas moi ça li ça » réinventé par Roshi Badhain.

Dire aujourd’hui que le nouveau premier ministre est entouré de mafia relèverait d’une lâcheté énorme. Notre ami Roshi était bien là, pour veiller à la bonne gouvernance, pourquoi n’avait-il rien dit ?

Aujourd’hui Roshi Badhain accepte d’être sur le Front Bench de l’opposition, faute de l’avoir été sur celui de la majorité. Le ridicule ne tue pas. Il sera donc bien en chair aux côtés de Xavier Duval à lancer des piques sur la majorité gouvernementale concernant des décisions prises par eux-mêmes, puisque l’alliance Lepep était alors une équipe soudée.

Avec les débats télévisés en directe, les prochaines séances parlementaires risquent d’être très rigolos. Les PNQs ou PQs de Xavier et de Badhain prendraient la tournure de Mea Culpas.

«  Madam Speaker, l’honorable membre du Parlement peut-il me dire pourquoi nous avons fauté sur ce dossier ?  

On a tous le droit de faire de la politique, de faire l’opposition, ou de démissionner. Mais ce faisant, il nous faut certaines éthiques, pour avoir du respect à soi-même. Même si la politique est l’art du possible, il n’est pas possible qu’on s’insulte soi-même. Ce serait de la pure insanité.