Actu de l'ile Maurice
Edito

[Édito] Mémoire courte…

[Édito] Mémoire courte…

Nous connaissons tous les rhétoriques répétitives de nos politiciens, ceux qui ne font jamais exception à la règle, cette langue de bois chère à certains messieurs qui, en un rien de temps, se voient à travers une petite défaillance comme les sauveurs du peuple. Il faut croire que c’est une espèce nouvelle qui émerge de notre gratin politique depuis que les leaders de l’Alliance Lepep se sont appropriés, légitimement il faut le dire, de la mission de nettoyer le pays dès son installation en décembre 2014.

Mais depuis jeudi dernier, en moins de 24 heures, deux leaders, le premier un vieux renard et le second un jeune aux longues dents, ont endossé leur « palto » de nettoyeur. Vous l’avez compris, le premier c’est Paul Bérenger, qui continue à croire que le MMM doit remporter les prochaines législatives « pou nettoye le pays » et l’autre l’incontournable Roshi Bhadain qui, lors du premier congrès de son Reform Party, et sans le moindre gêne, demande à « rant dan gouvernema, nou pou nettoye pays ».

Comme dirait l’autre, plus culotté que ça tu meurs ! Bérenger, qui a fait l’impasse sur toutes les frasques et les abus de Ramgoolam en se joignant au PTr lors des dernières législatives, a le « toupet » de se présenter, aujourd’hui, comme le super héros qui va nettoyer le pays. L’autre, encore plus culotté, a l’outrecuidance de quémander un retour au gouvernement, alors que tout le monde sait comment il a craché son venin sur les « rouges » qui, pourtant, lui ont donné du boulot pour faire rouler son cabinet d’avocat dès le lendemain de sa nomination comme ministre des Services financiers. Doit-on lui rappeler ses basses manœuvres qu’il faisaient passer pour des actions louables pour le pays ? Assurément non !

Parce que contrairement à ce que Bérenger et les autres pensent, le peuple n’a pas la mémoire courte. Il observe. Il sait séparer le bon grain de l’ivraie. Nous oserions plutôt penser que ce sont les nouveaux comiques de l’opposition comme Bhadain, ou encore Xavier-Luc Duval qui souffrent d’une amnésie volontaire, si elle n’est pas sélective. Hier, c’était au tour de Navin Ramgoolam, au sortir de son Bureau politique, d’annoncer « ki bizin dénoncé ki pé arrivé dans pays ». Incapable de gérer ses propres membres au sein de son parti, principalement les jeunes élus, dont le parlementaire rouge Ezra Jhuboo, qui s’est permis de dire le fond de sa pensée, Navin Ramgoolam, pour faire bonne figure, avoue qu’il a déjà donné des interviews qui ne plaisaient pas pour autant son père, sir Seewoosagur Ramgoolam. Comme si le peuple, qui est supposé d’avoir la « mémoire courte », ne voit pas que le navire rouge continue à prendre l’eau de toutes parts et que le leader du PTr s’est arrangé avec sa conscience pour faire croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes au Square Guy Rozemont. Il faut vraiment être idiot pour prendre au sérieux quelqu’un qui stockait des liasses de dollars dans son coffre-fort et ces autres guignols qui ne font aucune différence entre monde virtuel et la réalité ; ou entre hier et aujourd‘hui…