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La GRA assouplit sa position tout en favorisant les écuries financièrement puissantes!

La GRA assouplit sa position tout en favorisant les écuries financièrement puissantes!

En exigeant une caution de Rs 5 millions pour pouvoir s’attacher les services d’un jockey venant d’un pays, avec qui Maurice n’a pas de traité d’extradition, la Gambling Regulatory Authority, participe à créer une injustice énorme. Les écuries financièrement puissantes en seront favorisées. A qui profite cette décision? La réponse ne saurait tarder.

À presqu’un mois du coup d’envoi de la saison 2017, le Gambling Regulatory Authority (GRA) a décidé de revoir sa copie sur deux règlements touchant particulièrement les jockeys étrangers. En effet, après des démarches en ce sens entreprises par le Mauritius Turf Club (MTC), l’instance dirigée par Raouf Gulbul, a amendé deux points  dont un concernant les jockeys étrangers dont les pays n’ont pas de traité d’extradition avec Maurice. Cet assouplissement des règles concernèrent également les cavaliers ayant accumulé des suspensions de 12 semaines.

Les deux directives de la GRA qui ont été amendées se lisent comme suit ;

1. Un jockey de n’importe quel pays peut dorénavant exercer à Maurice à condition que son éventuel employeur/entraîneur ou lui-même fournissent une garantie bancaire de 5 millions de roupies à la Gambling Regulatory Authority. (Ancien règlement : Un jockey étranger pourra exercer uniquement si son pays a un traité d’extradition avec Maurice)

2. Un jockey qui a été suspendu pour un minimum de 12 semaines, cumulatives ou consécutives, ne pourra monter pour le reste de la saison. Il pourra néanmoins se remettre en selle pour la saison suivante. (Ancien règlement : Un jockey qui a été suspendu pour 12 journées, consécutives ou cumulatives au cours de la même saison, ne pourra exercer durant cette même saison et la suivante)

Ce sont là des décisions que le public turfiste ne s’attendait certes pas, mais qui sont accueillies favorablement dans l’ensemble. A titre d’exemple, le jockey français, Cédric Segeon, qui est pour rappel marié à une Mauricienne, pourra se mettre en selle cette saison, à condition qui lui ou son éventuel entraîneur dépose une garantie de Rs 5 millions à la GRA.

Attendons toutefois de connaitre la position des entraineurs et de voir quelles interpretations ils vont accorder à cette décision surtout concernant la garantie bancaire.

Car en exigeant une garantie de Rs 5 millions, la GRA, instance régulatrice censée faire respecter le fair play, favorise de facto les écuries financièrement puissantes! Et elles ne sont pas nombreuses au Champ de Mars. Et pourtant, c’est ce même GRA, qui doit veiller à travers la section 31 (1)(e) du GRA Act que : A horse-racing organiser shall, in relation to the racecourse it manages be responsible for (e) promoting integrity and fair play in horse-racing. 

Photo: Cedric Ségeon et Robbie Burke, deux jockeys populaires qui avaient été pénalisés sous ce règlement, peuvent désormais monter à nouveau au Champ de Mars