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Edito

Une journée de fête… ou celle d’une lutte

Une journée de fête… ou celle d’une lutte 

Une jolie expo, un débat et le tour est joué. Ou plutôt la Journée de la Femme est pliée… Pliée en quatre et mise dans un joli coin, prête à ressortir l’année prochaine. C’est un «marronnier » dans le jargon journalistique, parce que cela tombe tous les ans et que nous, documentalistes, connaissons bien car la Journée de la Femme nous tombe sur la tête au mois de mars. Tout le monde veut organiser « quelque chose » pour marquer le coup avec « un truc simple et pas compliqué ». Et quoi encore ?

La Journée de la Femme serait elle devenue un événement où ce sont les partis politiques qui se réunissent pour parler des femmes autour d’un briani/coca ? Où les organisateurs se vantent tout en se félicitant sur leur page Facebook d’avoir avec brio rempli le nombre de sièges prévus – plus que leurs adversaires. Et puis au revoir, par ici la porte, la journée est finie ?

Admettons-le, à Maurice, les femmes n’ont pas beaucoup de raisons de se plaindre. En cherchant bien, on peut toujours trouver quelques trucs qui méritent une mobilisation pour la Journée. Mais ce qui serait bien, ce serait de se concentrer sur les VRAIS problèmes de la condition féminine les 364 autres jours de l’année !

Ne soyons pas hypocrites ! Juste à y voir le nombre de réactions négatives sur le nouveau clip « Kevin » inondé sur Facebook où les internautes n’ont principalement critiqué que la femme. Et pourtant, ils sont bien à deux lors de leur partie de jambes en l’air. D’ailleurs, on aurait dû sanctionner ce fameux « Kevin » d’avoir partagé cette vidéo en ligne et dans la foulée briser l’avenir de cette jeune femme ou pire encore ruiner sa vie carrément. Cette mentalité doit changer et l’éducation en est le maître-mot. C’est un travail de longue haleine, car on doit mettre l’emphase sur l’éducation de tous, en particulier à l’école, au collège et à l’université.

La conjugaison de ces efforts a permis à la femme d’accéder graduellement à ses droits et à occuper la place légitime qu’elle mérite dans une société démocratique et paritaire. Toutefois, l’image que véhiculent les médias des femmes en général ne reflète pas suffisamment ni sa place dans la société dont elle représente la moitié, ni la diversité des responsabilités qu’elle assume aujourd’hui dans les domaines politique, économique, culturel et social. Il s’avère également que malgré la bonne volonté des opérateurs médias dans ce domaine, des stéréotypes négatifs persistent encore dans le champ médiatique.

Autant ne pas s’étaler longuement sur la femme dans le monde de la pub. Car, le marketing publicitaire « utilise » très souvent les femmes pour vendre des produits. Elles deviennent donc des objets de vente. Nous pensons alors aux parfums et aux voitures en premier. Mais cette tendance est beaucoup plus répandue que vous le croyez !

Que la Journée de la Femme ne soit pas considérée comme une journée de fête, mais celle d’une lutte !