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Taxe rurale : Une réalité économique qui divise

Krsna Coopoosamy

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Taxe rurale : Une réalité économique qui divise

Le débat n’est pas nouveau. Certes, ce n’est pas la première fois que l’imposition d’une taxe rurale est évoquée. Déjà en 1982, après la prise du pouvoir par l’alliance MMM-PSM, l’idée avait été émise, mais vite rangée au placard suite aux protestations des élus dans les circonscriptions rurales. 34 ans plus tard, la taxe rurale sera-t-elle à nouveau introduite après l’annulation de la National Residential and Property Tax (NRPT) en cours de route (2006-2010) ?

Chandra Rungasawmi, président de la MTPA (Mauritius Tax Payers Association) : « Imposer un taxe immobilière dans un premier temps »

« J’estime qu’une taxe pour la région rurale est importante», soutient le president de la MTPA. «Je suis plus précisément favorable à une taxe immobilière, applicable aux résidents propriétaires de maisons. Dans un premier temps, on pourrait appliquer cette taxe dans les grandes agglomérations comme Moka, Goodlands, Centre de Flacq, Triolet et Mahébourg pour l’étendre ensuite vers d’autres régions», affirme-t-il.

On peut, selon Chandra Rungasawmi, constater dans ses régions, plusieurs développement en termes d’infrastructures dont la réalisation a été financée par l’argent des contribuables. Donc le le président de la MTPA est d’opinion qu’Il serait plus juste que les développements dans ces endroits soient aussi financés à travers les contributions des habitants des régions rurales. « Une des façons de réussir cet objectif, c’est d’introduire la taxe immobilière», souligne-t-il.

La taxe dans les régions rurales ne devrait pas être conséquente dans un premier temps. La somme payée par le contribuable dépendra principalement de la superficie occupée par son immeuble. Cependant, avant d’appliquer la taxe immobilière dans les régions rurales, un certain nombre de critères devront être respectés selon notre interlocuteur.

La population de ces zones rurales, dit-il, est un autre facteur à prendre en considération. Cela peut déterminer le montant que les administrations locales pourront collecter grâce à la taxe sur les habitations. Il indique par ailleurs que la loi stipule que seuls les bâtiments dans une région rurale avec le statut de campement doivent payer une taxe.

Shaffick Hamuth, économiste : « La taxe rurale pour plus d’égalité »

Pour Shaffick Hamuth, économiste, il est temps d’ntroduire la taxe rurale. « Le pays a connu un développement sans précédent et aujourd’hui il n’y a pas vraiment de disparité entre les villes et la plupart des villages. Dans un souci d’égalité, dit-il, tous les Mauriciens, qu’ils habitent les villes ou les villages doivent payer la taxe municipale. Il faut éliminer cette forme de discrimination.

Deuxièmement, la taxe rurale renflouera les caisses des collectivités locales qui pourront ainsi améliorer leurs services. Cela permettra aussi de créer des emplois à travers une injection dans l’économie. Bien sûr, insiste-t-il, il faut être sélectif dans un premier temps, car tous les villages ne peuvent être considérés au même niveau. Les régions côtières sont mieux loties que dautres, surtout avec le nombre grandissant de résidences secondaires et locatives. Il faut aussi exempter certaines catégories de personnes. Ce débat est à double tranchant. Il y a ceux qui disent qu’il faut d’abord rehausser le niveau de vie des villageois et ensuite imposer la taxe, et ceux qui disent qu’il faut d’abord taxer et ensuite utiliser les revenus pour améliorer le cadre de vie. Il faut aussi se rappeler que, lors de la promulgation de la nouvelle Local Government Act, certaines régions rurales ont changé de statut en intégrant des villes, et la taxe municipale a été appliquée immédiatement, sans même rehausser les infrastructures et les services.

Village vs Ville

Les élus de quelques instances rurales prennent conscience que le budget octroyé par le gouvernement n’arrive plus à combler les attentes de leurs mandants. « Il est tout à fait normal qu’il y ait une tentative d’aligner les habitants des régions rurales sur ceux des régions urbaines en tentant d’introduire la taxe rurale », déclare-t-il.  Renganarden Sooben, le Président du district Council de Moka/Flacq,  nous fait savoir que c’est difficile pour soutenir les dépenses dans villages. « Dans le passé, sous l’ancien régime, on a voulu avoir un funding auprès des autorités concernées afin d’augmenter nos revenus, mais en vain. Car c’était une décision purement politique », affirme-t-il.

Par rapport à la taxe rurale, le président du village, soutient que l’obstacle majeur demeure les businesses qui «  déjà opèrent sur des petits profits, comme des boutiques de la localité ».  Il dit regretter le fait que la décision ne revienne pas uniquement au Conseil de district, « car on ne peut que faire des recommandations au gouvernement central ».

Concernant les chiffres, il nous fait comprendre que son Conseil de district, pour la saison 2016-17, a eu Rs 158,1 millions de la part du ministère des collectivités locales. Cet argent, assure-t-il, comprend les dépenses, telles que la maintenance ainsi que les salaires des employés du Conseil de district, qui représentent 60 % du montant.

Par ailleurs, il nous informe que le « Capital Grant » alloué par l’Etat est à hauteur de Rs 12 millions. Cela implique les rénovations au niveau de l’infrastructure (des drains, construction de village hall). Concernant les licences, les revenus se situent autour de 22.5 millions, incluant le market fees qui est de Rs 6 millions, le permis de construction, qui est de Rs 3 millions.

En outre, il fait savoir que dépendant des grands projets administratifs du village, le conseil de district a « fait la demande auprès de la National Development Unit. Dernièrement, on a reçu Rs 40 millions ».   

Par contre,  « Dans la ville de Port-louis, on reçoit des « residential taxes », et c’est avec cet argent qu’on assure le développement des projets d’envergures ainsi que les salaires des employés de la mairie de Port louis », soutient Oomar Kholeegan. Il ajoute que ce revenu est primordial dans le développement de la capitale, car « plus de 70 % de dépenses de la mairie proviennent de cette taxe, en plus des grants du gouvernement central ».

Il fait ressortir que la mairie de port louis se charge aussi du sponsoring des clubs sportifs. « Cela demande beaucoup d’argents ! », clame-t-il.

C’est quoi la NRPT ?

La National Residential and Property Tax (NRPT) était  une nouvelle taxe introduite à partir du 1er juillet 2006 par le ministre des Finances d’alors Rama Sithanen. Cette taxe était applicable à toute personne, qui à n’importe quel moment durant l’année est propriétaire d’une propriété résidentielle, y compris un terrain à bail sur lequel a été construite une propriété résidentielle. La  NRPT a été introduite dans les régions rurales, afin que les habitants des zones urbaines et rurales soient traités sur le même niveau dans la mesure où la taxe perçue par le gouvernement local est concernée. Mais juste après les élections générales en 2010, elle a été abolie. Est-ce pour des raisons politiques ? L’abolition a même été critiquée par certains économistes qui pensaient que l’argent recueilli par la NRPT aurait pu être remis aux conseils de district.

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Budget 2018-2019 – Association of Fishing Operators: «Des opérateurs mauriciens se retrouveront sur le pavé !«

Georges Alexandre

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Budget 2018-2019 - Association of Fishing Operators: «Des opérateurs mauriciens se retrouveront sur le pavé !«
Budget 2018-2019 - Association of Fishing Operators: «Des opérateurs mauriciens se retrouveront sur le pavé !«

Budget 2018-2019 – Association of Fishing Operators: «Des opérateurs mauriciens se retrouveront sur le pavé !«

Lors d’une conférence de presse, ce 19 juin, Alain Larison, cordonnateur de l’Association of Fishing Operators (AFO), a affirmé que cette mesure budgétaire, permettant aux bateaux de pêche étrangers de pêcher dans les eaux territoriales de Maurice, énoncée dans le Budget 2018-2019, aura de graves repercussions sur le secteur de la pêche.

«Les opérateurs mauriciens de pêche se retrouveront sur la pavé. Les 25 compagnies de pêche devenant banqueroute, donneront lieu au chômage. Inadmissible de bouger dans une telle direction», affirme Alain Larison. «Le comble est qu’après l’épisode de l’octroi du passeport mauricien, on ajoute la carte blanche accordée aux compagnies de pêche étrangères de venir pêcher sur le territoire mauricien», a-t-il ajouté.

Selon lui, cette mesure budgétaire d’ouvrir le secteur de la pêche aux grosses pointures étrangères de venir exploiter les zones de pêches mauriciennes découle d’une «décision mal pensée et mal conseillée.» Par conséquent, le cordonnateur de l’AFO a souligné qu’un mémoire dans ce sens a été remis au Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth. «Nous lui avons expliqué que cette mesure aura un impact négatif sur le secteur de la pêche à Maurice», a-t-il déclaré.

De son côté, Ritesh Gurobee, un des responsables de l’AFO a fait remarquer que le secteur de la pêche industrielle et semi-industrielle regroupe quelque 500 pêcheurs. «Qu’adviendront-ils si des bateaux étrangers viennent pêcher dans nos eaux territoriales ? Déjà,ils n’arrivent à assurer un contrôle sur nos eaux, maintenant ils laissent entendre que de pêcheurs mauriciens sont des incapables», s’interroge-t-il.

Soulignant que le ministère de la Pêche avait récemment depêché de techniciens sur le terrain pour évaluer la situation, Ritesh Gurobee s’est confié : «Ils sont conscients des problèmes auxquels nous sommes confrontés. Au cas, où demain, il y a des opérateurs sudafricain, japonais, français…que ferons-nous pour vendre nos prises sur le marché ?» Il a soutenu qu’il faut mettre un terme à l’importation des poissons.

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A Quartier-Militaire SSS (Girls) – Kobita Jugnauth exhorte les étudiants à se servir pleinement des opportunités modernes

Sarvesh Bhugowandeen

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A Quartier-Militaire SSS (Girls) - Kobita Jugnauth exhorte les étudiants à se servir pleinement des opportunités modernes
A Quartier-Militaire SSS (Girls) - Kobita Jugnauth exhorte les étudiants à se servir pleinement des opportunités modernes

A Quartier-Militaire SSS (Girls) – Kobita Jugnauth exhorte les étudiants à se servir pleinement des opportunités modernes

Kobita Jugnauth, l’épouse du Premier ministre, a été l’invitée d’honneur à l’école secondaire du Quartier Militaire SSS (Girls) dans le cadre de la tenue du Prize Giving Ceremony. C’était ce mercredi 20 juin.

Dans son discours, Kobita Jugnauth a mis l’accent sur l’importance de l’éducation. Elle a exhortée les élèves de l’établissement à « se servir pleinement des opportunités modernes offertes actuellement avec toutes les facilités technologiques qui existent ».

L’épouse de Pravind Jugnauth s’est appuyée sur une fameuse citation de feu Nelson Mandela : « l’éducation est le meilleur outil pour changer le monde ». Le challenge, souligne-t-elle, « est d’assurer  l’épanouissement des élèves ». De plus, elle rend hommage « à des enseignants passionnés qui font en sort qu’aucun enfant n’est laissé pour compte ». La First lady dit qu’il est essentiel de tirer le meilleur des tous les étudiants dans les écoles.

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Anwar Husnoo : « Des investissements sans précédent dans le secteur de la Santé »

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Anwar Husnoo : « Des investissements sans précédent dans le secteur de la Santé »
Anwar Husnoo : « Des investissements sans précédent dans le secteur de la Santé »

Anwar Husnoo : « Des investissements sans précédent dans le secteur de la Santé »

Le ministre de la Santé, Anwar Husnoo, est intervenu à l’occasion des débats budgétaires, ce mercredi 20 juin. Ce dernier devait marteler que les investissements consentis dans le domaine de la santé pour ce budget sont « sans précédent ». « Ce budget démontre la volonté politique pour soutenir le développement du pays », devait aussi souligner Anwar Husnoo.

Ce dernier s’en est aussi vertement pris au chef de l’opposition, Xavier Luc Duval, critiquant les commentaires « cheap » de ce dernier. Le ministre de la Santé a ainsi tenu à répondre au leader de l’opposition qui avait souligné que le taux de mortalité dans le pays est en hausse. Chiffre à l’appui, le ministre a démontré que ce taux est au contraire resté stable ces deux dernières années.

Il a aussi égrené les différentes mesures qui ont été prises dans le discours budgétaire pour le secteur de la santé. Ce dernier s’est, par exemple, réjoui de la mise sur pied d’un nouveau Cancer Centre. Autre sujet de satisfaction : la création d’un medical hub à Cote d’Or qui comprendra, entre autres, un hôpital pour les yeux modernes.

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