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Affaire Roches-Noires : les relevées téléphoniques de la poursuite et de la défense ne correspondent pas

Affaire Roches-Noires : les relevées téléphoniques de la poursuite et de la défense ne correspondent pas

Le témoin clé dans l’affaire Roches-Noires a comparu en cour intermédiaire ce lundi 25 septembre. Le contre-interrogatoire de Rakesh Gooljaury s’est poursuivi dans le cadre de cette affaire.

Ci-dessous en grandes lignes de l’audition.

Gavin Glover (GG) : Est-ce-que vous avez pu avoir les documents que vous cherchiez la dernière fois ?

Rakesh Gooljaury (RG) : Oui, votre honneur.

Rakesh Gooljaury remet les documents à Gavin Glover.

GG : A ce jour, vous ne devez rien à la Mauritius Revenue Authority (MRA) ?

RG : En mon nom personnel, oui.

GG : Qu’en est-il de vos compagnies ?

RG : Elles sont toutes sous le contrôle de PricewaterhouseCoopers (PWC)

GG : Quand vous avez déposé concernant votre MRA Assessment, vous aviez dit que vous n’êtes pas au courant ?

RG : J’avais dit que je devais vérifier.

GG : Est-ce que vous reconnaissez que vous aviez signé plusieurs chèques sans provision ?

RG : Je n’ai jamais signé des chèques sans provision. Ce sont mes comptables qui sont responsables pour les chèques. Si toutefois, il y a un problème, ils s’en chargent pour faire les paiements.

A plusieurs questions de Gavin Glover, Rakesh Gooljaury répond que ce sont ses comptables qui s’en chargent.

GG : Il y a plusieurs chèques qui ont été retournés dû à un manque de fonds.

RG : Je ne vérifiais pas le cash flow, c’est mon comptable que le faisait.

Après avoir parlé de la compagnie Aroushi Development qui a été racheté par la SICOM, Gavin Glover demande ensuite une pause de 5 minutes.

L’affaire devait reprendre à 11h45.

Gavin Glover enchaîne avec les appels téléphoniques qu’avait fait l’ACP Jangee à Rakesh Gooljaury.

Vous avez dit l’ACP Jangee vous avait appelé le vendredi 9 janvier 205 pour vous demander de venir à la police.

RG : Oui.

GG : Par rapport aux documents relatifs à la MRA, nous voyons que la MRA avait émis une objection to departure daté le 24 mai 2016. Toutefois, vous avez quitté le pays le 25 mai et vous êtes arrivé à Paris le 26 mai.

RG : Je ne le sais pas.

GG : Une voiture de l’ambassade est aussi venue vous récupérer à l’aéroport.

RG : Oui.

GG : Il y avait qui d’autre ?

RG : Moi, ma copine et je ne me rappelle pas qui d’autre.

GG : Est-ce-que c’est vrai de dire que vous étiez en route pour Barcelone ?

RG : Je ne me souviens pas.

GG : Vous savez quel portable vous avez utilisé entre Décembre 2014 – Janvier 2015 ? Est-ce-que vous êtes disposé à donner un itemised bill.

RG : Je ne vois pas ce que cela à voir avec l’affaire de Roches-Noires.

Gavin Glover lui demande encore une fois s’il a quelque objection à montrer les relevées téléphoniques de décembre 2014 et décembre 2015. Rakesh Gooljaury répond par le négatif, car, il ne trouve pas pourquoi il doit le faire.

L’avocat de la défense vient cette fois-ci sur les compagnies offshores de l’homme d’affaires. Rakesh Gooljaury se demande une fois de plus ce que cela a à voir avec l’affaire Roches-Noires.

Gavin Glover revient ensuite avec l’affaire Roches-Noires.

Le soir du vol, quand vous êtes sorti de Roches-Noires, vous êtes allez directement chez vous à St-Pierre avec votre épouse ?

RG : En route, nous sommes passés prendre mon chauffeur et mon cousin sur la croisée de Poudre- d’Or.

GG : Avez-vous reçu un appel pour discuter de l’affaire Roches-Noires ? Vers quelle heure ?

Rakesh Gooljaury commence ensuite à parler de ses relevées téléphoniques dans lesquelles on n’a pu trouver le numéro de Nandanee Soornack. Gavin Glover l’interrompt en lui disant « mo pe demane ou enn kestyon byen simpe, ki ler ou finn resevwar lapel ? »

RG : Entre 1h30 et 1h40.

Quand j’ai  vérifié l’itemised bill, j’ai vu que Nandanee Soornack m’avait appelé à 1h44. Elle a ensuite utilisé la ligne fixe, soit dix minutes après.

GG : Là vous dites que vous avez une information que la défense n’a pas en sa possession.

RG : Moi, je sais parfaitement que Nandanee Soornack m’avait téléphoné.

Gavin Glover lui dit que le numéro de téléphone appartient à une autre personne, soit une certaine Koumari.

RG : L’accusé No1 (Navin Ramgoolam) a l’habitude d’utiliser des prête-noms.

Le magistrat Raj Seebaluck lui lance : « Ou kapav garde ou bann komenter pu ou. »

Gavin Glover lui rappelle ensuite qu’il avait déclaré que c’était Nandanee Soornack ou une autre personne qui l’avait appelé.

RG : J’ai vérifié les appels téléphoniques.

GG : Et depuis 2015, vous ne l’avez pas fait ?

RG : Je croyais que la police allait le faire, votre honneur La police ne n’a jamais demandé de chercher les relevées.

GG : Quand la police a pris l’enquête en 2015, est-ce-qu’elle avait les relevées ?

RG : Je n’ai pas demandé les détails.

GG : Est-ce que vous avez fait la police savoir que le numéro de téléphone de Nandanee Soornack était le 498xxxx ?

RG : La police ne m’a jamais demandé alors je ne leur ait rien dit.

GG : La police ne vous avait pas demandé quel est le numéro de Nandanee Soornack ?

RG : Non je ne pense pas. Sinon je leur aurais dit.

GG : Dans les relevées téléphoniques du 2 au 3 juillet 2011, a aucun moment il n’y a le numéro de Nandanee Soornack.

La poursuite réplique alors, en expliquant que les relevées téléphoniques de Me Gavin Glover ne corroborent pas avec ceux en possession de la poursuite. « There is discrepancy, » fait-elle savoir.

Les magistrats donnent ainsi environ 5 minutes afin que les avocats puissent vérifier leurs informations. Toutefois, ils n’ont pu le faire.

Gavin Glover a demandé à Rakesh Gooljaury comment il s’est procuré des relevées téléphoniques. L’homme d’affaires explique qu’il a écrit une lettre à Emtel. L’avocat fait également ressortir que c’est entre la dernière audition, soit du 31 juillet 2017 et aujourd’hui qu’il a cherché les détails sur les appels téléphoniques.

L’affaire a donc été renvoyée au 27 novembre et 4 décembre.