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Intégration régionale : La COI s’engage à se rapprocher des préoccupations des populations de la région

Intégration régionale : La COI s’engage à se rapprocher des préoccupations des populations de la région

La session du Conseil extraordinaire de la Commission de l’Océan indien (COI) s’est tenue ce lundi 2 et mardi 3 octobre 2017 à Flic en Flac. Plusieurs décisions stratégiques touchant au devenir et à la vocation  l’organisation régionale  ont été prises lors des délibérations.

Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, avait officiellement inauguré la session lundi. Les travaux se sont déroulés sous la présidence du ministre des Affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo, qui est le président en exercice du Conseil de la COI. La délégation mauricienne était dirigée par le ministre de la Sécurité sociale et de l’Environnement, Etienne Sinatambou.

Lors d’un point de presse à l’issue de session du Conseil extraordinaire, le Chef de la diplomatie mauricienne a affirmé que la COI doit se rapprocher des préoccupations et attentes des populations des iles. Ainsi, les projets de développement l’organisation devront dorénavant s’assurer qu’ils touchent directement à la vie des communautés de l’indianocéanie. Cette démarche d’appropriation populaire de la COI se veut un tournant dans l’évolution de cette entité veille de 35 ans.

Le ministre Vishnu Lutchmeenaraidoo a, par ailleurs, insisté pour davantage de connectivité entre les îles et les populations de la zone pour faire avancer l’intégration régionale. En sus des efforts pour améliorer les connexions maritimes, aériennes et digitales entre les iles, il a plaidé pour que les citoyens des pays membres puissent circuler librement au sein de la région.

Le Chef de la diplomatie mauricienne dit concevoir la COI comme une force qui soit à même de porter le destin de la région. L’organisation doit s’ajuster aux nouvelles attentes et aspirations des populations de la région.

Le ministre Vishnu Lutchmeenaraidoo préconise des initiatives majeures pour faire face à des préoccupations de la région notamment au niveau de la sécurité de nos mers – trafic de drogues, piraterie, pêche illégale, catastrophes en mer, trafic d’armes et terrorisme, – le changement climatique, la sécurité alimentaire, etc. Une réunion ministérielle sur les enjeux de la sécurité maritime se tiendra à Maurice en début de 2018. Madagascar accueillera, lui, une rencontre des ministres sur la sécurité alimentaire.

Compte tenus des grands enjeux de développement de la région, le COI envisage une refonte profonde sans ses structures et sa vocation. L’idée de transformer la Commission de l’Océan indien en la Communauté de l’Océan indien a été examinée durant la réunion du Conseil extraordinaire et sera sujette à une réflexion plus approfondie au sein de l’organisation avec l’aide des experts.

Le Conseil extraordinaire a approuvé le budget de la COI pour l’année 2017. Il s’est aussi penché sur les structures de contrôle financier de l’organisation en vue de rehausser son dispositif de gouvernance financière.

Le Premier ministre a, lors de son allocution d’ouverture, fait un plaidoyer pour des échanges encore plus raffermis entre les pays membres de la COI. Pour le Premier ministre, la COI se retrouve aujourd’hui à la croisée des chemins après plus de trois décennies d’existence. Une conjoncture qui implique des choix à faire.

« Après 35 ans, nous devons d’être innovants car les défis tels le dérèglement climatique ou le trafic des drogues changent de nature et de dimension et ne cessent de nous interpeller. Et les attentes sont nouvelles aussi, » dit le Premier ministre.

Il s’est réjoui de l’efficacité des efforts régionaux pour faire reculer les risques de la piraterie maritime dans nos mers. La COI doit maintenant répondre à d’autres attentes telles la croissance verte et l’économie bleue, la paix et la sécurité, les défis climatiques et environnementaux

Le ministre de la Sécurité sociale et de l’Environnement, Etienne Sinatambou, a, lui, mis l’accent sur la complémentarité entre les Etats membres qui implique concertation et coordination. Il a, à cet effet, évoqué la nécessité d’accélérer le décloisonnement de nos marchés qui, selon le ministre, permettra aux iles « de mieux lutter un monde sans frontières régi par des règles de plus en plus libérales touchant le commerce international en évitant les erreurs du passé ».