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Porlwi Talk, l’ADN de la capitale analysée

Porlwi Talk, l’ADN de la capitale analysée

Une série de conférences, d’ateliers et de rencontres axées autour la ville, la culture et la nature se tiendra à travers l’année. Cette initiative du programme éducatif IBL Porlwi Lab, en marge du festival Porlwi by Nature, vise à professionnaliser les métiers, les outils et les savoirs du monde artistique. La première séance, qui a eu lieu le mardi 17 octobre, à The Ground Co-Working, Cassis, avait pour thème « L’ADN de la ville ». Elle était animée par Alexandra Caude, directrice de recherche à l’Inserm, et Thierry Le Breton, consultant en responsabilité sociale et environnementale. Si la première a axé son intervention sur l’aspect scientifique et symbolique de la ville, l’animateur a, quant à lui, assuré le volet historique.

C’est en marge du festival de culture contemporaine, Porlwi by Nature qui se tiendra du 29 novembre au 3 décembre, que le Porlwi Talk propose une série d’activités sous forme d’ateliers, conférences et rencontres. « Nous parrainons le volet pédagogique du festival avec diverses activités avant, pendant et après l’événement. L’objectif est d’encourager les Mauriciens, surtout les jeunes, à s’engager dans la création artistique et culturelle, mais aussi et surtout de mettre en avant les métiers, les outils et les savoirs culturels. Les thèmes retenus pour le Porlwi Talk, qui sont assurés par des experts mauriciens et étrangers, sont la culture, la régénération urbaine et la nature », confie Daphné Rouillard, médiatrice culturelle du collectif Porlwi.

« L’idée était de renforcer les partages sur les sujets qui nous touchent, en l’occurrence ce qui concerne Port-Louis. Et le sujet qui nous touche, ce sur quoi on aime réfléchir, c’est l’identité de la capitale. Qui dit identité dit ADN », lance Alexandra Caude, directrice de recherche à l’Inserm. Et en dissertant sur le plan scientifique, ajoute-t-elle, « nous avons les moyens d’aller plus loin, de dépasser des schémas habituels qui disent qu’une ville, c’est des rues et des maisons. C’est bien plus que ça. A Port-Louis, il y a énormément de petites enclaves qui sont d’ailleurs souvent abandonnées ou utilisées comme espace de stationnement».

Pour le docteur en génétique, il y a un potentiel de faire vivre des parties de Port-Louis qui sont plus ou moins éteintes ou animées sur des dimensions culturelles, business, résidentielles, hospitalières, religieuses etc. « On voit bien toutes ces dimensions que représentent une ville et les capacités que nous avons. Elle respire par les poumons que nous donnent les plantes et il faut donc considérer l’intérêt de protéger ces espaces verts qui existent à Port–Louis », souligne Dr Alexandra Caude.

Le cycle des activités et du Porlwi Talk visent à ouvrir la réflexion à partir de l’ADN de Port-Louis, indique pour sa part Thierry Le Breton. « C’est une formidable occasion pour les Mauriciens et Port Louisiens de ressaisir leur destin et de rêver ensemble sur le Port Louis qu’ils veulent.  Le Porlwi Talk ouvre des réflexions sur une vision accessible à tous, qui permet de voir que Port-Louis est un organisme vivant, déterminé dès le départ par son contexte environnemental et une ingénierie spécifique et carrée…mais avec des particularités à travers une vitalité de métissage qui rend cette ville unique au monde, et pas recopiable par personne.  Tout comme la même ADN peut donner des réalités uniques, Port Louis donne un cachet unique au monde », explique notre interlocuteur.

Cette série de rencontres, d’échanges et de partages aura lieu jusqu’au mois de mai 2018 et bénéficie du soutien du groupe IBL. « Nous avons choisi de soutenir la partie éducative de Porlwi by Nature en ligne avec la vision du Groupe IBL Together qui est de « Create a brighter future for all ». Cette ambition passe par le transfert de compétences et la formation des générations futures. Nous remercions l’équipe de Porlwi d’avoir répondu à notre demande en créant ce programme en trois volets qui s’étendra jusqu’à l’année prochaine », ajoute pour sa part Aurélie Antoine, Head of Communication and Public Relations du groupe IBL.

Les deux intervenants lors de la première séance du Porlwi Talk sont, en effet, des experts dans leur domaine respectif. Alexandra Caude, directrice de recherche à l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (Inserm), est titulaire d’un doctorat en génétique. Ses interrogations sur les solutions simples en matière de santé l’ont amenée dans l’Océan Indien, et notamment à Maurice. Cette lauréate de différents prix enseigne, partage son savoir au travers de nombreuses conférences et de nombreux articles dans les revues scientifiques, comme pour le grand public. Elle est particulièrement intéressée par « les bouleversements technologiques et écologiques contemporains, et les responsabilités éthiques qui en découlent ».

Thierry Le Breton s’est, pour sa part, spécialisé dans le développement des activités économiques intégrant les politiques culturelles, sociales et environnementales. Partenaire de la société de conseil Dynamia depuis 2014, il intervient sur les enjeux de responsabilités sociales et environnementales des entreprises, l’évaluation de leurs impacts économiques et le renforcement des capacités. Il porte dans l’Océan Indien l’expertise de l’agence Utopies, leader français en stratégie de développement durable. L’animateur est aussi président de SOS Patrimoine et membre du Board du National Heritage Fund.

Le festival de culture contemporaine se veut différent, cette année. Ainsi, en sus des cinq dates prévues, cette troisième édition qui démarre le 29 novembre prochain se tiendra en journée comme en soirée. Si les précédentes éditions proposaient des sites de lumière époustouflants, Porlwi by Nature se pare, lui, d’un concept unique en transformant des endroits emblématiques de la capitale, notamment la Citadelle, le Caudan, le Grenier et la rue Bourbon, en îlots de nature. Ces plateformes d’expression artistique et culturelle se destinent à mettre en valeur le patrimoine et la richesse créative du pays. Le festival prendra fin en apothéose le 3 décembre.