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A 72 ans, Devi Ramdin obtient son diplôme

A 72 ans, Devi Ramdin obtient son diplôme

Il n’y a pas d’âge pour apprendre. Devi Ramdin, 72 ans, l’a prouvé. Cette habitante de Nouvelle France a finalement obtenu son diplôme mardi devant ses professeurs au Mahatma Gandhi Institute (MGI). Soit après huit années d’études en « Vocal Hindustani Music ». Devi Ramdin est devenue une célébrité à l’Institut.

Drapée d’un sari turquoise et noir, Devi Ramdin attend patiemment notre visite dans le salon. Elle a même préparé le déjeuner. Au menu: dholl, rougaille, chou-fleur et pommes de terre accompagnés de « tipuri ». C’est une tradition chez les Ramdin, personne ne repart l’estomac vide.

Lors de notre rencontre mercredi, cette passionnée nous a livré son amour pour la musique. « Je suis si heureuse et émue. A mon âge, c’est un plaisir d’être capable d’apprendre encore. J’ambitionne de partager ma connaissance avec d’autres personnes de mon âge », déclare la septuagénaire qui est aussi une travailleuse sociale dans la région.

Originaire de Rose-Hill, Devi Ramdin a fréquenté l’école du gouvernement de Notre Dame de Victoire avant de poursuivre ses études secondaires au collège BPS. A l’école, la septuagénaire qui a été scolarisée jusqu’à la Form V étudiait d’autres langues que la musique. Mais dès son enfance, elle était bercée par les chants religieux. « Ma mère était une femme à cheval sur les principes et traditions. Tous les soirs, on animait une session de prière avant de passer à table. Et tout le voisinage y participait sans distinction », se souvient-elle. Des valeurs qu’elle a, elle-même, inculquées à ses deux enfants.

A l’âge de 60 ans, Devi développe un amour inébranlable pour la musique. La visite d’un beau-frère – qui n’est plus de ce monde- à son domicile l’encourage davantage à se lancer dans ce domaine. Elle s’inscrit alors à l’institut Mahatma Gandhi. Elle bénéficie du soutien de son époux, ses deux enfants et celui de ses proches. La vieille dame jouit d’une bonne réputation parmi les élèves, les profs et même la direction du MGI.

Qui dit études, dit aussi sacrifices. A son âge, Devi se réveille tôt le matin pour les dissertations. Et se couche tard. La septuagénaire se déplace de librairie en librairie pour approfondir sa connaissance. Sans la moindre fatigue et mémorise ses cours sans souffrir.

Alors qu’elle s’investit pleinement dans ses études, Devi perd son époux, Mahen en 2013. La septuagénaire plonge dans la solitude. Si bien qu’elle s’est renfermée sur elle-même. Mais Devi est une passionnée sans autre ambition que d’apprendre. Elle reprend alors le chemin de l’institut avec l’encourage de son fils Santosh. « C’est avant tout la rage de réussir et l’envie de vaincre qui m’ont poussées à aller au-delà de ma capacité. Je dois avouer que c’était difficile avec les dissertations et les recherches. Mais avec l’aide de tous mes profs, j’ai obtenu aujourd’hui une distinction », se félicite-t-elle.

Diplôme en main, Devi compte aujourd’hui partager sa connaissance à ses quatre petits-enfants et d’autres personnes de son âge. Elle lance un appel aux jeunes de ne pas jeter l’éponge tôt.

Quel bel exemple! Bravo madame!