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Rétrospective 2017 : Ces luttes acharnées des syndicalistes et travailleurs sociaux

Rétrospective 2017 : Ces luttes acharnées des syndicalistes et travailleurs sociaux

Le monde syndical a été en ébullition toute l’année. 2017 a, en effet, été marquée par plusieurs manifestations et grèves de la faim des syndicalistes. Des travailleurs sociaux n’étaient également pas en reste. Voici en grandes lignes, ces grands combats qui ont connu un heureux dénouement au cours de ces douze derniers mois.

Les souscripteurs de la BAI

Le lundi 8 mai, 10 clients du Super Cash Back Gold (SCBG) et du Bramer Assets Management ( BAM) entament, en compagnie de leur porte-parole, Salim Muthy, une grève de la faim. Ils réclament le remboursement de leur investissement de plus d’un million de roupies par le gouvernement. Des 11 grévistes, seulement 6 ont pu tenir jusqu’au bout. C’est le 20 mai dernier, au cours d’une soirée Candle Light, qu’ils annoncent la fin de leur grève. Cette décision fait suite à une rencontre que Salim Muthy a eu, avec le Premier-ministre, Pravind Jugnauth, le même jour. Ce dernier leur a annoncé qu’il allait trouver le financement pour pouvoir rembourser les souscripteurs. Le 1er juillet, le ministre de la Bonne gouvernance, annonça que le taux de remboursement dont bénéficieront les souscripteurs sera entre 60 et 100 %. S’en est ensuite suivi l’exercice de remboursement

Grève des cleaners

C’est une affaire qui a suscité la colère de beaucoup de mauriciens. Le salaire des femmes cleaners des écoles primaires et secondaires interpellait plus d’un. Elles touchaient la modique somme de Rs 1500 mensuellement et ce durant des années. Désespérées du refus des autorités de prendre en considération leur détresse, 8 femmes cleaners entament une grève de la faim le 16 octobre, aux côtés de leur représentants syndicaux, Jane Ragoo et Reeaz Chuttoo au Jardin de la compagnie. Cette grève a vu la mobilisation d’autres syndicalistes, à l’instar de Jack Bizlall, Rehana Ameer, Ashok Subron, Narendranath Gopee , et Rashid Imrith, entre autres. Ils feront d’ailleurs partie d’un comité technique avec à sa tête le secrétaire financier Dev Manraj. Au bout de 10 jours de grève, plusieurs réunions au Bâtiment du Trésor avec Dev Manraj et le ministre du Travail Soodesh Callychurn, les syndicalistes parvinrent à trouver un accord avec le gouvernement le 25 octobre. Les femmes « cleaners » ayant moins de 65 ans seront embauchées par Landscope (Facilities) Co Ltd, une filiale de Landscope(Mtius) Ltd. Et ce, sur un contrat de deux ans renouvelable si les performances sont jugées satisfaisantes.

Compensation salariale

Entre Rs 550 et Rs 600. C’est la proposition faite par la majorité des syndicalistes pour la compensation salariale de janvier 2018. Le 22 novembre dernier, le Premier ministre a tranché, après consultations avec le patronat et les syndicalistes. Il a été, alors, décidé qu’un montant de Rs 360 sera accordé à tous les travailleurs dès janvier 2018. Une décision qui ne semble pas avoir déplu à la majorité des syndicalistes. Ils ont peut être pris en considération que ce montant est mieux que ce que le gouvernement avait avancé l’année dernière. Ceux touchant jusqu’à Rs 15 000 mensuellement, avaient eu droit à une compensation de Rs 200. Les employés avec un salaire de base de Rs 15 001 à Rs 50 000 ont perçu, quant à eux, Rs 125.

Salaire minimal

Tout comme la compensation salariale, le salaire minimal fera désormais partie du paysage économique mauricien à partir de janvier 2018. Cette mesure avait été annoncée par l’alliance Lepep dans son programme gouvernementale, il y a plus de trois ans. Cependant, c’est aux syndicalistes que revient le mérite. Ils ont longtemps milité pour l’application de cette mesure qui est censée réduire l’écart entre les riches et les pauvres. Quelle que soit la nature du travail, personne à Maurice ne touchera moins de Rs 9,000 comme salaire mensuel.

Partielle au No 18

Les syndicats ont plus que jamais senti  la nécessité d’étendre leur lutte sur le front politique, à l’instar de Jack Bizlall. Le syndicaliste s’est présenté comme candidat pour le Muvman Premye Me à l’élection partielle au No 18 . Il a crée la surprise après avoir obtenu 2 611 voix, soit 11,47 % . Le vétéran a terminé quatrième soit juste devant le PMSD , le Mouvement Patriotique et Rezistans ek Alternativ. De quoi élargir les espérances pour celui qui veut  positionner le parti de gauche comme une deuxième force politique en marge des prochaines législatives.

Ainsi, il semble que les corps syndicaux ont fait du chemin pendant cette année écoulée. Ils ont eu gain de cause sur plusieurs dossiers. S’ils continuent sur cette lancée, l’avenir des travailleurs devrait se reposer en de bonnes mains.