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Accidents fatals sur nos routes : Faut-il revoir la formule d’octroi de permis?

Accidents fatals sur nos routes : Faut-il revoir la formule d’octroi de permis?

2018 a commencé sur une mauvaise note pour les usagers de la route: Sept morts pour les neuf premiers jours de janvier. Malgré les avertissements répétés de la part des autorités, la série noire se poursuit. Comment expliquer cette situation ?

Nous avons contacté Alain Jeannot, Président de l’Association PRAT (Prévention Routière Avant Tout). Il explique que depuis le début de 2018, la situation climatique n’était pas favorable et beaucoup d’accidents sont liés aux conditions climatiques. Il est d’avis qu’au début d’une nouvelle année, soit lors des périodes de festivités, il y a tendance à avoir une augmentation au niveau des accidents. Quand on parle de nouvel an, il faut penser à la fatigue, la vitesse, routes plus fréquentées, sans oublier l’alcool.

Alain Jeannot parle également de la « grosse flotte de véhicules sur nos routes. » Il souligne que Maurice franchira bientôt le cap des 530 000 et il y a 1.300 000 personnes sur nos routes. « Le risque d’accident est susceptible d’augmenter quand il y a plus d’usagers. »

Selon le Président de PRAT, il faut avant tout adresser la gravité des accidents, car cela est lié à la vitesse. « Les automobilistes doivent faire attention. » Alain Jeannot estime qu’il y a également beaucoup d’indiscipline. Il souligne qu’il n’y a également pas de facilités pour les piétons et les deux roues motorisées. « Il n’y a pas de trottoir, de passages cloûtés ou de passerelles aériennes. » Il souligne également qu’il n’y a pas de routes pour les motos uniquement. « Alor nu bizin pran nu prekosyon. » Alain Jeannot pense que les mauriciens devront en prendre conscience.

« PRAT a comme maître mot: il faut redoubler de vigilance. » Le Président estime que l’éducation doit commencer à la maison. Il trouve que c’est une bonne chose que la sécurité routière ait été introduite à l’école. « Bann ti zafer tigit tigit rante dans latet dimunn li vinn en kiltir. »

Il parle aussi des deux roues motorisées sur nos routes. « Il y en a plus de 200 000 et dans deux à trois ans, il y aura encore 30 000. » Alain Jeannot pense qu’il faut décourager l’utilisation des deux roues.

Nous avons aussi parlé avec Raj Moothoosamy, président et fondateur de Victim Support Mauritius. Pour lui, il y a plusieurs facteurs qui entrent en jeu. Cependant, il affirme qu’on ne peut blâmer les personnes tuées lors d’un accident. « Nou pakone kinn arive. »

Il se pose ainsi plusieurs questions. « Est-ce que notre structure typographique est convenable ? Est-ce que le nombre de véhicules sur nos routes est compatible pour Maurice ? »

Raj Moothoosamy critique également la façon dont les permis de conduire sont octroyés à Maurice. Il pense que le postulant pour un permis de conduire ne passe aucun autre test, comme rouler avec un passager ou conduire sous la pluie ou dans le brouillard. « Il y a beaucoup de faiblesse dans la formule d’octroi de permis. » Il estime que ce système est un facteur clé qui contribue aux nombres d’accidents.

Le Président de Victim Support Mauritius commente également sur les vélos électriques, qui sont autorisés à transporter des passagers, alors que cela n’aurait pas dû être le cas. Il y a certains qui vont à la même vitesse que des cyclomoteurs. « Sa bann dimunn la zot pena oken nosyon kondir. » Pour lui, même s’ils ne sont pas impliqués dans les accidents, ils pourraient en occasionner.

Raj Moothoosamy critique en même temps les jeunes qui viennent d’obtenir leur permis de conduire. « Zot finn kondir byen pu enn ti momen ek zot finn otorise pu fer lakot ek fami. » Pour lui, il faut revoir ce systeme dans la globalité.

« Nous pouvons prévenir ces accidents si nous avons des chauffeurs expérimentés,» nous lance-t-il.