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Washington proche d’un nouveau «shutdown» faute d’un accord budgétaire

Washington proche d’un nouveau «shutdown» faute d’un accord budgétaire

Tic, toc. Le gouvernement américain se préparait jeudi soir à une nouvelle paralysie de l’Etat fédéral à partir de vendredi, pour la seconde fois en trois semaines, faute d’un accord au Congrès sur un accord budgétaire crucial.

La direction du budget de la Maison Blanche « se prépare à une interruption des crédits », a dit un haut responsable de la Maison Blanche alors que le vote d’une proposition de loi par les deux chambres avant minuit (6h00 vendredi heure de Paris) paraissait de moins en moins probable.

La proposition, qui permet un financement de l’Etat jusqu’en 2019, doit être votée d’abord par le Sénat, où elle devrait avoir les 60 voix nécessaires sur 100, puis par la Chambre des représentants où l’opposition à ce compromis est plus importante.

Opposition dans les deux camps

Mais c’était sans compter avec le sénateur libertarien Rand Paul, qui a choisi de retarder le vote en s’exprimant longuement contre cet accord qui abroge jusqu’en 2019 le principe d’un plafond de la dette américaine.

Sans vote, ce sera le « shutdown » : le gouvernement ne disposera plus de crédits et devra mettre au chômage technique des centaines de milliers de fonctionnaires – qui sont toutefois en général payés après coup. L’administration Trump avait vécu sa première paralysie le 20 janvier, déjà faute d’accord sur le budget. Elle avait duré trois jours.

Inquiétude sur la dette et les Dreamers

Le chef de la majorité sénatoriale, Mitch McConnell, et son homologue démocrate, Chuck Schumer, avaient pourtant trouvé mercredi un terrain d’entente sur les montants des budgets 2018 et 2019, permettant au gouvernement de planifier à long terme ses dépenses et investissements. Mais certains parlementaires grincent des dents. Des républicains estiment que le texte va considérablement augmenter la dette du pays, alors qu’une loi sur une baisse massive des impôts a été votée en décembre. « Je n’ai pas encore décidé », a affirmé le représentant de la droite radicale Ted Yoho sur CNN. « Est-ce qu’on s’occupe de l’immédiat ou est-ce qu’on regarde à long terme ? », s’est-il interrogé.

Les démocrates grondent car il ne mentionne pas la régularisation à terme des centaines de milliers de clandestins appelés « Dreamers » (rêveurs). L’opposition veut lier le sort de ces jeunes entrés illégalement dans le pays alors qu’ils étaient enfants à un accord budgétaire, ce qui avait déjà mené au « shutdown » il y a trois semaines.