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Semaine de la sécurité routière : « des craintes qu’on bute sur des comportements inébranlables»

Semaine de la sécurité routière : « des craintes qu’on bute sur des comportements inébranlables»

Semaine de la sécurité routière : « des craintes qu’on bute sur des comportements inébranlables »

La semaine de la sécurité routière avait été officiellement lancée le samedi 17 février. Nando Bodha, ministre des Infrastructures publiques avait, lors de son discours, déclaré qu’on est dans l’obligation d’aller vers un plan national par rapport aux accidents de la route.

Le ministre avait affirmé que 40 à 45 % des accidents impliquent avant tout les deux roues et les piétons. « Le problème principal à Maurice est le driving culture. » Selon lui, nous avons ici deux cultures, soit la conduite défensive et la conduite offensive. « Dans la conduite offensive, le chauffeur accélère une fois le feu est orange alors que dans la conduite défensive, il attend. »

Le ministre des Infrastructures publiques estime qu’on doit changer notre culture, à travers l’éducation. Nando Bodha réitère qu’il y a environ 200 000 deux roues à Maurice et qu’il n’y a jamais eu de formation.

Par ailleurs, une première moto-école sera ouverte le 2 mars prochain et une deuxième verra le jour le 5 mars. Une école sera ouverte dans chaque district et 10 000 motocyclistes seront formés annuellement. Par ailleurs, 30 responsables ont déjà été formés et aussi 15 policiers ont été formés pour les examens de conduite.

Manoj Rajkoomar, secrétaire de la Driving Schools and Instructors Federation, nous explique qu’on a compris que les mesures électorales prises par le gouvernement étaient « mauvaises, » car le nombre d’accidents n’a fait que s’accroître durant les trois dernières années.

Il soutient que les nouvelles mesures mises en place à travers la semaine de la sécurité routière auraient dû être fonctionnelles plus tôt. « Mais il n’est jamais trop tard, » lance-t-il.

Pour lui, pour diminuer le nombre d’accidents, trois éléments sont de mise: Le facteur humain, l’infrastructure et la mécanique, soit l’automobile. Manoj Rajkoomar est d’avis que pour changer le comportement d’une personne, il nous faut des spécialistes, tels des pédagogues. Il craint que cette semaine de sécurité routière ne bute sur des caractères ou attitudes qu’on ne peut changer.

Il fait également ressortir qu’on a toujours fait campagne par rapport à l’alcool ou à l’excès de vitesse, mais ce n’est pas ces deux facteurs qui sont toujours responsables des accidents de la route. Selon lui, « les causes principales sont l’imprudence, l’inconscience et l’insouciance. » Il pense qu’il faut avant tout changer la mentalité des mauriciens.

Il se demande aussi si augmenter les montants des amendes est suffisant pour diminuer les accidents.

Manoj Rajkoomar ajoute que de telles mesures répressives financières n’apporteront pas les résultats escomptés à tous les niveaux. Il parle ici des personnes très riches qui peuvent s’acquitter des frais, ou encore deeux qui « ont des hautes connexions. » Ces mesures pénaliseront uniquement ceux au bas de l’échelle. Le secrétaire de la Driving Schools and Instructors Federation, propose ainsi une solution « ki pu affecter oussi bane dimunn ki byen pozisyone dan societe. »

Ceux ayant commis une infraction doivent aller devant le magistrat en personne pour accepter leur tort. « Une fois une personne perd une journée ou une demi-journée à la cour, ce sera un moyen pour décourager les bêtises. »

Pourquoi les députés ne font pas du porte à porte pour demander aux gens de prendre des précautions sur la route ? poursuit-il.

Manoj Rajkoomar critique en même temps les moto-écoles qui seront mises en place. « Pa finn ena planifikasyon. » Selon lui, les responsables ont pris des décisions sans savoir si c’est légal ou non.