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Faut-il réintroduire le permis à point ?

Faut-il réintroduire le permis à point ?

Faut-il réintroduire le permis à point ?

Le nombre d’accidents sur nos routes ne fait que s’accroître. Depuis le début de 2018, la route a déjà fait 21 morts. Avec cette situation qui perdure, la question du permis à point revient sur le tapis. « Faut-il réintroduire le permis à point ? » Pour rappel, en février 2015, Nando Bodha avait annoncé l’abolition de ce concept et par conséquent, le Driving Licence Counterpart (DLC).

Manoj Rajkoomar, secrétaire de la Driving Schools and Instructors Federation, déclare que, lorsque le système du permis à point était en vigueur, un automobiliste pouvait faire une suivie de ses points perdus. Ainsi, il voudrait à coup sûr améliorer sa conduite.

Manoj Rajkoomar fait également savoir que le système actuel n’apporte pas les résultats escomptés. « Le permis à point avait un effet dissuasif sur les automobilistes. » Toutefois, le secrétaire de la Driving Schools and Instructors Federation est d’avis que la réintroduction de ce système dans le même format n’est pas souhaitable. Cependant, l’idée d’un permis à point où une personne peut comptabiliser ses points est, certes, une option à prendre en considération.

Yashpal Murrakhan, Président de la Federation of Hotels Taxis Association, affirme pour sa part que le 5 mai 2015, le gouvernement avait modifié le penalty point system pour le convertir en penalty system. Il y avait 11 délits qui y figuraient. Une fois 5 pénalités dépassées, le permis de conduire serait suspendu. Le penalty point system est ainsi devenu le penalty system.

Néanmoins, selon le Président de la Fédération, ces moyens de répression n’ont jamais amené les résultats souhaités. Il poursuit en disant que même avec le penalty point system ou le penalty system, ce n’est pas en durcissant la loi ou en faisant de la répression qu’on peut avoir des résultats concluants. « C’est en privilégiant la formation, la sensibilisation et en expliquant les modes de conduite qu’on peut apporter un changement. »

Nous avons également contacté Me Siven Tirvassen. Ce dernier affirme que ce système avait créé pas mal de confusion. Il explique aussi qu’avec des speed cameras, il y avait des cas où on a pu faire la distinction entre les chauffeurs et les propriétaires. Cela dans le sens qu’on condamnait les propriétaires qui n’avaient pas de permis. Avec le permis à point, surtout avec le nombre de contraventions, beaucoup de personnes perdaient leur learner. L’homme de loi ajoute que c’est le gouvernement qui avait éliminé le permis à point et la décision de le réintroduire lui revient. Me Siven Tirvassen rappelle que cela doit se faire à travers l’Assemblée Nationale.  « Le judiciaire n’a qu’à suivre, » nous affirme-t-il.

Anil Bachoo, l’ancien ministre des Infrastructures publiques, souligne qu’avec le système du permis à point, le nombre d’accidents diminuait graduellement. « La population avait commencé à se conformer aux codes de la route. » Il critique au passage Sir Anerood Jugnauth qui avait fait une sortie en règle contre le permis à point durant la campagne électorale de 2014. « J’accuse l’alliance Lepep d’avoir fait la politique sur cela, » nous lance-t-il.  « Kan SAJ in tir sa, ounn truv so konsekans ? Guet rezilta aster. » De plus, il s’attriste que lorsque quelqu’un meurt à la suite d’un accident de la route, ses proches souffrent et pleurent sa mort. « One death is too much, » fait-il ressortir.