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Police du Transport : les opérateurs privés se sentent délaissés

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Police du Transport : les opérateurs privés se sentent délaissés

La police du Transport sera réintroduite cette année. Une réunion en ce sens a eu lieu en début de semaine, entre le ministère des Infrastructures publiques et les différentes parties concernées. Cependant, plusieurs opérateurs se sentent délaissés. Ils déplorent qu’ils n’aient pas été concertés avant la mise en place de cette cellule de la force policière.

Sunil Jeewoonarain, Directeur de la Mauritius Bus Owners Association, affirme qu’il n’a pas été mis au courant de la situation. C’est à travers la presse qu’il a su que la police de transport sera réinstaurée. Toutefois, il affirme que c’est une bonne initiative. Cependant, il est d’avis qu’il faut avant tout avoir plus de détails sur les responsabilités de cette police du Transport. De plus, Sunil Jeewoonarain évoque le souci des taxis marron. Il estime qu’on ne peut parler de sécurité de receveurs et de chauffeurs tant qu’on n’adresse pas ce problème « ki pe absorb enn gro parti reveni. »

Le Directeur de la Mauritius Bus Owners Association rappelle également qu’auparavant la police du Transport veillait à la sécurité des travailleurs du transport. Elle réglait aussi plusieurs problèmes, dont, des cas où un passager refusait de payer, entre autres. « Ena enn gro job ladan, polisie ti konn fer travay la » explique-t-il.

Il ajoute que la police du Transport faisait également un travail de sensibilisation vis-à-vis des chauffeurs au sujet de leur sécurité. « Je ne sais pas pourquoi on a supprimé cela. »

Sunil Jeewoonarain déplore que son association de 800 membres n’a jamais été informée de cette démarche. « Ce ne sont que les compagnies d’autobus qui ont été mises au courant. » Il rappelle également que la Mauritius Bus Owners Association avait toujours fait état de la situation auprès des autorités.

« Nous sommes partie prenante de ce projet mais c’est surprenant que nous n’ayions pas été informés, » lance-t-il.

Alain Kistnen, secrétaire de l’Union of Bus Industry Workers (UBIW) affirme pour sa part que, ce sujet a toujours été le cheval de bataille de l’organisation. Il rappelle qu’avec des problèmes au sein de la force policière, la police du Transport a été mise au rancart. « On a archi demandé la réinstauration de cette institution, » fait-il valoir. Dans la foulée, il remercie le Commissaire de Police et également le ministre des Infrastructures publiques pour cette initiative.

« Cependant, il y a un grand mais, » poursuit-il.

Le secrétaire de l’UBIW se pose plusieurs questions. Il se demande avant tout quel sera l’utilité de la police du Transport et quelle sera sa mission ? « C’est certes pour assurer la sécurité des employés mais dans quelles mesures ? » Il se demande également si cette police sera opérationnelle dans les heures tardives. « Nou pa kone. »

Selon lui, les parties concernées, soit la police et le ministère des Infrastructures publiques entre autres, devront avoir une réunion urgente afin d’éclaircir la situation. Alain Kistnen soutient qu’il est essentiel d’avoir des renseignements sur son mode opératoire. « Nous demandons une réunion pour collaborer ensemble. »

Pour rappel, Gessiyka Frivet, secrétaire de l’Association Travailleurs Transport Autobus, avait animé une conférence de presse, hier, mercredi 21 février pour remercier le ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, pour cette décision. Elle explique aussi que suite à plusieurs agressions sur les receveurs d’autobus, le ministre avait mis en place un comité pour revoir la situation. Elle avait déclaré que le rôle de cette unité serait « de protéger les travailleurs de transport. Elle serait là comme un chien de garde. »

A noter que cette unité sera basée à La Tour Koenig et que ses membres seraient dispersés dans plusieurs parties du pays, soit, à Albion, Petite-Rivière, Bambous, Baie du Tombeau, Rivière des Galets ou encore Camp Levieux.