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Échec des négociations sur le barrage Grand Renaissance

Échec des négociations sur le barrage Grand Renaissance

Le ministre soudanais des Affaires étrangères, Ibrahim Ghandour, a déclaré vendredi qu’une nouvelle série de négociations pour répondre aux inquiétudes de l’Égypte sur un mégabarrage construit par l’Éthiopie sur le Nil a échoué.

Une discussion de 17 heures entre les ministres des Affaires étrangères et les officiers du renseignement n’a pas permis de résoudre les différends concernant le barrage Grand Renaissance de 4 milliards de dollars (2 milliards de livres sterling) construit en Éthiopie le long du Nil.

“Nous avons passé toute la journée à discuter comme l’ont ordonné les dirigeants des trois pays, mais nous ne sommes pas parvenus à un accord … Je ne peux pas préciser quelle étaient les désaccords, mais des problèmes techniques”, a déclaré M. Ghandour aux journalistes.

Les pourparlers sur le barrage controversé ont été suspendus en février au milieu des troubles politiques en Éthiopie qui ont conduit à la soudaine démission du Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn. Un nouveau Premier ministre, Abiy Ahmed, a été assermenté cette semaine le 2 avril. Ahmed, premier Premier ministre du grand groupe ethnique Oromo, dont les membres manifestent depuis plusieurs années pour une meilleure représentation, a fait le choix de la stabilité.

“Les désaccords sont de nature technique”, a ajouté M. Ghandour sans fournir plus de détails et sans donner de date possible pour la prochaine réunion. Ses homologues en Éthiopie et en Égypte ont refusé de parler aux journalistes.

Le barrage Renaissance est supposé devenir la plus grande centrale hydroélectrique d’Afrique. Il devait initialement être opérationnel en 2017, mais selon les médias éthiopiens, sa construction n’est achevée qu’à 60%. L’Égypte insiste sur ses «droits historiques» sur le fleuve, garantit par des traités datant de 1929 et 1959 qui accordent près de 87% du débit du fleuve à l’Égypte et au Soudan.

Après s’être initialement opposé au projet, le Soudan le soutient désormais. L’Égypte craint que la construction du barrage Grand Renaissance sur le Nil Bleu qui a débuté en 2012 ne réduise le débit de la rivière dont elle dépend à 90% pour son approvisionnement en eau.