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Opinion: mesures drastiques pour mettre au pas les fous du volant

Opinion: mesures drastiques pour mettre au pas les fous du volant

51 morts : c’est le nombre d’accidents fatals recensés sur nos routes de janvier à ce jour. Les trois derniers cas en date sont les deux motocyclistes fauchés par un camion, au carrefour de l’autoroute du nord, à  hauteur du port de pêche de Trou Fanfaron, vendredi 6 avril et le piéton Allan Parsad, retrouvé mort sur l’asphalte à Blue Bay, tôt le matin du dimanche 8 avril. Selon la police, ce dernier cas relève d’un hit and run.

Les mots, les qualificatifs ne suffisent pas pour tranduire les souffrances des familles des victimes et le sentiment d’indignation, de révolte et d’incompréhension de la population par rapport à ces chiffres alarmants qui donnent des frissons dans le dos. L’hécatombe se poursuit sur nos routes meurtrières. Cela en dépit des mesures prises et les campagnes de sensibilisation menées par le gouvernement, ainsi que par l’ONG Prevention Routière Avant Tout (PRAT) en vue de réduire le nombre d’accidents fatals.

La vérité est toujours blessante. Nous ne cesserons jamais de dire et redire qu’il y a trop de conducteurs ( automobilistes, camionneurs, motocyclistes, cyclistes…) et autres chauffeurs d’autobus, de 4×4 et de fourgonnettes qui sont irresponsables sur nos routes. Dépourvus de bonnes manières de conduire et de courtoisie, ils font fi du code de la route. Ne respectant rien, ils foncent et passent sur tout.

Des motocyclistes semblent être les plus mal élevés et récalcitrants. A chaque feu rouge, à la hauteur des  feux de signalisations, venant à toute vitesse de l’arrière, ils ont la très mauvaise habitude de s’aligner en face du véhicule qui se trouve en premier sur la ligne d’arrêt, afin de démarrer en trombe au signal du feu vert. Scandaleux ! Un tel comportement est susceptible de provoquer des accidents. Une fois pour toutes, les pouvoirs publics : ministère des Infrastructures publiques, TMRSU, police doivent prendre des mesures appropriés pour les contrer.

N’en parlons pas des piétons et des autres usagers de la route. Bon nombre d’entre eux se trimbalent et traversent la chaussée avec leurs smartphones, oeillettes ou écouteurs, collés à leurs oreilles sur les principales artères des villes et de gros villages. Ainsi, ils sont exposés à de graves accidents, voire mortels.

Par conséquent, il faut se rendre à l’évidence. L’ancien pouvoir, avait introduit le permis à points avec raison en 2013, comme c’est le cas dans plusieurs pays européens, dont la France. Cette politique de sécurité routière qui avait commencé à apporter des résultats probants, notamment une baisse ostensible dans le nombre d’accidents fatals à Maurice, a été envoyée aux calendes grecques, après les élections de 2014. Cela suite aux mouvements de contestation et de forts lobbying, menés par certaines associations de taxis et autres ONGs. Ce qui a résulté à une recrudescence des accidents fatals sur nos routes.

Répondant à une question parlementaire, à l’Assemblée nationale, le 3 avril dernier, le ministre des Infrastructures publiques et du Transport intérieur, Nando Bodha a confirmé l’ampleur du problème. «Le principal facteur causant les accidents de la route est le comportement et la culture de conduite à Maurice», soutient-il avec raison.

Révélant que le nombre d’accidents fatals sur nos routes à partir de l’année 2014 était de 578., il souligne que la répartition est comme suit: 125 cas (2014) ; 127 cas ( 2015) ; 132 cas (2016) ; 152 cas ( 2017) et 42 ( de janvier 2018 au 3 avril). Lorsqu’on ajoute les neuf nouveaux cas, le nombre d’accidents fatals de janvier à aujourd’hui 9 avril,  s’élève 587.

Par conséquent, il énumère les différentes mesures prises pour atténuer les risques d’accidents, en particulier le comportement des usagers de la route, l’application de la loi et les infrastructures, y compris les véhicules peuvent se résumer ainsi : (a) réalisation d’audits de sécurité routière des routes dangereuses, améliorer les infrastructures du réseau routier; (b) renforcement du cadre légal et de l’application par la police, et (c) investir dans l’éducation de la sécurité routière et sensibiliser à la sécurité routière.

Il fait état de nouveaux facteurs de risques à la sécurité routière : (a) excès de vitesse chez les jeunes et les camionnettes et (b) conduite sous l’influence de la drogue.

Outre des amendements à la Road Traffic Act et l’augmentation des amendes, «as well as an increased number of cumulative road traffic offences from 11 to 24», le ministre Bodha préconise qu’un «serial offender over a period of 20 months is to be disqualified and ordered to follow a rehabilitation course. The list of offences in relation to which a Fixed Penalty Notice may be served is being consolidated.»  La mise en place d’une Traffic Offence Court pour régler rapidement les infractions au code de la route est également mentionnée.

Les autres mesures énoncées portent sur la mise en place de deux autres moto écoles et la formation d’instructeurs et d’examinateurs de police pour les motos ; la limitation des normes de deux-roues aux normes européennes.

Du coup, les motos qui ne répondent aux normes européennes ne devraient pas être introduits dans le pays, dit-il.

Toutes ces mesures fort louables, nécessitant d’être accompagnées par d’autres mesures draconniennes, s’avèrent plus que jamais nécessaires pour mettre au pas les as et les fous du volant. Cela d’autant plus que ces derniers accordent peu de cas à la vie des gens.