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Edito

[Edito] Pardon Asifa !

[Edito] Pardon Asifa !

Haro sur les monstres. Cette semaine, la planète a été choquée par le cas d’Asifa Bano. Elle a été violée par plusieurs hommes en Inde. Puis, son corps a été retrouvé dans une forêt. Asifa Bano avait 8 ans à peine. Violée, droguée, maltraitée et tuée.

Les agressions sexuelles contre des enfants sont des crimes particulièrement odieux. Il faut beaucoup de courage pour l’admettre et dans la foulée, vérifier le bien fondé de certaines rumeurs ou accusations concernant des personnes qu’on voudrait au-dessus de tout soupçon.

Mais, dans le cas d’Asifa Bano, il n’est pas question de minimiser ce que Benoît XVI lui-même a nommé « un crime atroce ». Le corps battu et sans vie d’une fillette de huit ans, Asifa Bano, a été découvert dans une forêt aux alentours d’Hiranagar, dans le district de Kathua du Jammu et Cachemire. La presse locale rapporte qu’Asifa Bano aurait été violée, puis torturée avant d’être tuée, et qu’il y avait des traces de morsures humaines sur son corps.

Selon l’enquête de la police, durant 3 jours, les deux hommes la violent, encore et encore. À la fin, ils l’étranglent, après qu’un des hommes ait insisté pour la violer une dernière fois. Ils racontent aux enquêteurs que leur motivation était de chasser la communauté nomade d’Asifa de la région.

Et que dire des plus grands titres comme Zee News, Times Now et Republic, connus pour généralement prendre partie pour le gouvernement, n’en n’ont pas pipé mot. De telles histoires alimentent souvent des débats majeurs accompagnés de hashtags populaires, ainsi que d’éditoriaux, en particulier lorsqu’elles se passent en milieu urbain. Mais dans ce cas précis, dans lequel la victime provient d’une région éloignée au Jammu-et-Cachemire et appartient à une communauté minoritaire, la réaction et la prise de conscience nationale ont été relativement silencieuses.

Sur Facebook, le journaliste Majid Hyderi a critiqué les médias locaux qui n’ont pas couvert ce crime atroce : « Un journal local qui ne rapporte pas le viol et meurtre horrible d’une fillette de 8 ans sur sa première page, ne peut être considéré comme rien d’autre que du journalisme bas de gamme ou Dalla-e-Sahafat [nom d’un journal pakistanais]. La tragédie d’une fillette gujjar, dont la famille n’est pas assez riche pour demander justice, se retrouve reléguée dans une page intérieure comme un meurtre quelconque, sans même mention de viol. »

Et maintenant, baissons la tête dans une honte collective. Désolé Asifa, nous n’avons rien fait pour toi, car ton viol et ton meurtre ne servent pas nos intérêts !