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Revue de la semaine politique (1ère partie) : projet d’affermage de la CWA…

Revue de la semaine politique (1ère partie) : projet d’affermage de la CWA…

Cette semaine politique a été marquée par le projet d’affermage de la CWA, dont nombreux sont ceux qui parlent de privatisation, la participation de Maurice au Sommet du Commonwealth et la crise au sein du MMM.

S’agissant de la situation à la CWA, c’est le leader du MMM, Paul Bérenger en premier qui a abordé toute la question de privatisation, lors de sa conférence de presse hebdomadaire, samedi 14 avril. Il a réclamé le gel du projet de privatisation de la CWA et de la hausse du tarif d’eau.

Se référant à l’intervention d’Ivan Collendavelloo, ministre des Utilités publiques et de l’Energie au Parlement, le mardi  10 avril, il s’insurge que celui-ci a été «adamant». «Collendavelloo a induit le Parlement en erreur en disant qu’il ira de l’avant avec le projet d’Affermage pour assurer la gestion de l’eau sur une période de 15 ans. Il a induit les journalistes, également, en erreur », déplore-t-il. Selon lui, c’est un pretexte pour privatiser la CWA.

Répondant à une PNQ du leader de l’Opposition, mardi dernier, le Premier ministre suppléant et ministre des Utilités publiques et de l’Energie a défendu le projet de privatisation de la CWA. Il a précisé que «la CWA ne sera pas tout à fait privatisée en elle-même», assurant que l’organisme maintiendra le contrôle sur toute la gestion de l’eau.

En revanche, le PM suppléant a concédé qu’un opérateur privé sera nommé pour assurer la fourniture d’eau sous un contrat d’affermage de 15 ans. Tout en insistant qu’il n’y aura aucune rupture de contrat pour les employés et que les acquis ( temps de service et pension) seront préservés, Ivan Collendavelloo a expliqué que son ministère travaille de concert avec la CWA pour finaliser la structure du nouveau tarif d’eau. Chose qui sera chose faite dans deux à quatre semaines, a-t-il affirmé.

Le leader de l’Opposition qui est revenu à la charge, le mercredi 18 avril, lors d’une conférence de presse, a expliqué sa position. Insatisfait des responses d’Ivan Collendavelloo, Xavier-Luc Duval a allégué : «Collendavelloo pe koz menti lor ca dossier la», s’est-il insurgé. Tout en a épluchant les recommandations de la Banque Mondiale concernant la privatisation de tous les services de l’eau à Maurice, Xavier-Luc Duval a martelé : «La CWA regroupe 352 000 abonnés. J’ai été surpris par Ivan Collendavelloo, hier au Parlement, notamment son manque de maîtrise du dossier de la CWA et encore moins les finances. Il est inadmissible que ce sont les consommateurs qui paieront les pots cassés.»

Exprimant ses inquiétudes par rapport à l’échéance fixée pour la concrétisation de l’affermage de la CWA,  Xavier Duval a affirmé avoir eu des pourparlers avec des représentants de la Banque Mondiale qui lui ont dit que ce projet en prendra entre 14 et 18 mois. «Ce calendrier est irréalisable. Ce sera le premier projet PPP (Public Private Partnership). Les procédures échapperont au contrôle d’Ivan Collendavelloo»,  a-t-il maintenu avant d’ajouter. «Quant à moi, je travaille à la lumière du rapport 2015 de la CWA . Une compagnie qui a des réserves de Rs 2,7 milliards n’est pas en faillite…», a argue Xavier-Luc Duval.

De même, le Parti Travailliste est monté au créneau pour faire entendre sa voix par rapport à la CWA. «En 2013, le gouvernement a tenté de privatiser la CWA à travers un contrat provisoire», a déclaré Arvin Boolell lors d’un point de presse le mardi 17 avril. Le député rouge est revenu sur la PNQ, axée sur une éventuelle privatisation de la CWA. Il s’est référé à une déclaration de sir Anerood Jugnauth qui aurait dit que Maurice n’allait pas jouer le jeu du Fonds monétaire international (FMI).

«Nous avons les ressources et les talents nécessaires pour mener une réforme. Il existe une formule où le gouvernement revoie le tarif et enclenche une réforme pour qu’une firme privée vienne gérer la compagnie», a soutenu Arvin Boolell. Il dit attendre le rapport final de la Banque Mondiale.

En marge du Sommet du Commonwealth qui se tient sur deux jours ( les 19 et 20 avril), à Londres, c’est le Premier ministre, Pravind Jugnauth à la tête d’une délégation d’officiels qui représente Maurice.

Durant le sommet des 53 Chefs d’Etat du Commonwealth, jeudi, le Premier ministre a affirmé que Maurice subit non seulement un déclin au niveau des prises de la pêche artisanale, mais des dégâts à l’environnement marin. «Plus de 75% de nos barrières coralliennes sont endommagées », a révélé Pravind Jugnauth. En conséquence de l’érosion côtière, il a souligné que ajouté que «Maurice a perdu environ 10% de ses plages que durant ces dernières décennies»

Arguant que la gestion et surveillance de la Zone économique exclusive (ZEE) de Maurice constitue un enjeu important, le Premier ministre a maintenu : « Notre détermination est plus forte que jamais pour relever ces défis et de combattre ces changements.» C’était lors de la session dédiée à l’adoption du Commonwealth Blue Charter . Ce document préconise des actions en vue de permettre aux pays membres de se tourner vers une exploitation soutenable des ressources océaniques.

Pour ce qui est de l’adoption du Commonwealth Cyber Declaration, Pravind Jugnauth a fait ressortir que les pays du Commonwealth doivent focalisés sur leur détermination pour combattre le « cybercrime ». Pravind Jugnauth a suggéré la mise en place d’un Régional Capacity Building Centre for Cybercrime à Maurice. Il a, également signé la déclaration sur le  Commonwealth Connectivity Agenda on Trade and Investment.

Toujours dans le cadre du Sommet du Commonwealth, Pravind Jugnauth, a rencontré, pour la première fois, le nouveau président de l’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, à la Lancaster House, jeudi. En outre des relations entre Maurice et Afrique du Sud, ils ont eu des pourparlers sur les Chagos.

En fin d’après-midi, soit vers 17heures, le Premier ministre mauricien, Pravind Jugnauth, a été reçu en tête-à-tête par son homologue indien, Narendra Modi.

En prélude du Sommet du Commonwealth, Pravind Jugnauth qui était déjà à Londres, depuis le wek-end dernier, s’est penché sur plusieurs brûlants dossiers, dont celui de Chagos.

«Le dossier Chagos étant pris devant la Cour Internationale de Justice de la Haye, nous travaillons d’arrache-pied», a soutenu Pravind Jugnauth dans une déclaration à la MBC à Londres, diffusée au JT de 19h30, le lundi 16 avril. «Nous avons eu une session de travail avec nos conseillers légaux. Nous devons pouvoir faire avancer la cause chagossienne tant au niveau légal que politique», a-t-il ajouté. Répondant à une autre question par rapport à son optimisme, le Premier ministre a souligné : «Nous sommes en train de préparer notre cas, surtout nos arguments.»

Pour sa part, Philips Sands, l’avocat du gouvernement mauricien, il a confié : «Nous sommes en train de préparer notre cas avant l’échéance du 15 mai 2018.» En marge d’une rencontre au préalable, regroupant une trentaine de pays de l’Union Africaine, il a fait remarquer qu’en septembre 2018, tous les pays auront droit de participer à la phase orale. «Est-ce que la phase orale durera un jour, ou une semaine, nous l’ignorons. L’important est que Maurice bénéficie d’un appui global. Il y a du travail à faire. Cela, petit à petit», a-t-il souligné.

Dans l’après-midi de mercredi 18 avril,  le Premier ministre est intervenu lors du Heads of Government Roundtable, à l’Intercontinental,où il a une fois de plus réitéré ses craintes par rapport aux possibles bouleversements que pourrait causer un retour au protectionnisme. «Maurice se tourne vers la technologie afin de booster sa croissance», a affirmé Pravind Jugnauth.

Il a insisté que le libre échange est indispensable au développement, à la création d’emplois et à l’élimination de la pauvreté dans le monde. Abordant le cas de Maurice, il a ajouté qu’ «ayant pour objectif de rejoindre le groupe de pays à revenu élevé d’ici à 2023, l’expansion des secteurs liés à l’exportation est crucial».

Auparavant dans la matinée de mercredi 18 avril,  Pravind Jugnauth est intervenu dans un autre atelier sur le thème, Is the Africa growth story still alive and well?, présidé par le Lord Marland, Chairman du CWEIC.

«Le commerce intracontinental représente un potentiel énorme pour le développement économique de notre pays et celui de nos voisins. C’est une opportunité pour nous de nous rendre plus résilients face aux secousses externes. Or, le commerce intracontinental ne pèse que 13% du commerce Afrique-Monde», a affirmé Pravind Jugnauth.