Actu de l'ile Maurice
Politique

Revue politique [2e partie] : MMM: la crise s’intensifie

Revue politique [2e partie] : MMM: la crise s’intensifie

La crise au sein du MMM s’intensifie avec plusieurs défections et autres frustrations. Pradeep Jeeha, un des quatre leaders du MMM est pris sous les coups d’une motion de suspension de toutes les instances du parti pour une durée indéterminée. Cette décision a été par le biais de vote par le Bureau Politique des mauves, jeudi dernier.

De même quelques membres de la régionale du MMM au No 4, dont le président, Swadesh Babajee ont été suspendus pour une durée indéterminée. Raison évoquée : ils ont tenu une conférence de presse, qualifiée d’«insultante», jeudi 19 avril..

Selons nos renseignements, lors du vote par bulletin secret, 23 voix ont voté pour la motion de suspension de Pradeed Jeeha contre deux contre et deux abstention. Les décisions arrêtées seront soumis au Comité central ce samedi 21 avril pour être débattues.

S’agissant de Pradeep Jeeha, il est révélé que l’interview accordée à une radio privée, le mardi 17 avril, a été «damning» pour lui.

Répondant à une question sur les ondes d’une radio privée, hier matin, sur le fait qu’il courait le risque d’être privé de l’investiture du MMM aux prochaines élections générales, Pradeep Jeeha a lâché laconique : «Sa na pa pou sanz narien pou mwa.»

Il faut dire que Pradeep Jeeha qui avait écrit une lettre au leader du MMM, demandant un congé du BP, a lors d’une interview accordée à un journal a martelé: «La politique ne se fait pas de 9 heures à 16 heures». Cela par rapport à l’heure tardive qu’il avait envoyé un courrier électronique à Paul Bérenger. «J’ai toujours respecté Paul Bérenger. Ce n’est pas la première fois que je lui envoie un courrier après 22 heures. Je lui ai déjà envoyé des emails à des heures plus tardives, dans les cas d’Omega Ark et Sobrinho. La politique ne se fait pas de 9 heures à 16 heures»,  a soutenu Pradeep Jeeha.

Dans cette interview, le leader adjoint du MMM, sur qui pèse une motion de suspension, a donné la réplique à Paul Bérenger point par point. Pour ce qui est du soutien des membres du parti à son égard, Pradeep Jeeha renvoit à ce qu’il a posté sur sa page facebook :  « You may write me down in history with your bitter, twisted lies. You may trod me in the very dirt… but still, like dust I’ll rise… You may shoot me with your words, You may cut me with your eyes, You may kill me with your hatefulness, But still, like air, I’ll rise. »

S’agissant du cas de Swadesh Babajee qui a été suspendu, ainsi que deux ou trois militants de la régionale No 4, il faut dire qu’il doit cette sanction pour avoir «boycotté» une réunion de la régionale, animée par Paul Bérenger. Animant une conférence de presse, jeudi, en signe de réplique, Swadesh Babajee a lancé une mise en garde : «Mo ena dossier lor bane camarade Bureau politique»

Se proclamant comme un «militant colta», il dit continuer à vouer loyauté au MMM. Pourtant Swadesh Babajee s’est dit très remonté contre le leadership de Paul Bérenger et ses proches collaborateurs.

Il a dénoncé ceux qui le qualifient de «vendeur» et affirme que «ça va très mal au niveau de la direction des Mauves.» Figure de proue de la régionale No 4, il a déploré que des sanctions soient prises contre des membres qui osent parler des maldonnes au parti.

Swadesh Babajee a cité l’article 16 de la constitution du MMM, qui stipule, selon lui, que c’est le Comité Central seulement qui est habilité à sanctionner un membre, et non le leader ou toute autre personne.

De son côté, Dorine Chukowry, l’ancien Lord maire de Port-Louis qui vient de démissionner du MMM, dans une déclaration à une quotidien, a exprimé le voeux : «Que mon sacrifice serve de leçon»

Tout en dénoncant les coups bas de certains membres de Port-Louis Ouest / GRNO (No 1), elle s’est confiée : « Je suis triste de quitter le parti, grâce auquel j’ai été élue conseillère municipale, adjointe au lord-maire et première femme lord-maire. Mais il y a une unité ‘façade’ et trop de clans». Cela avant d’ajouter : « C’est blessant de voir ceux et celles qui ont fait tout pour m’humilier et me détruire politiquement car ils se sentaient menacés, vu que j’étais une candidate potentielle pour les prochaines élections ». Selon elle, le « hidden agenda » de certains ne fait honneur ni au MMM et encore moins à la politique.

Toujours en ce qui concerne le MMM, il se chuchote qu’en marge des prochaines élections gérnérales, un membre a confié à un quotidien qu’il y aurait une douzaine de membres, dont certains députés, ne souhaiteraient pas se présenter comme candidats si le MMM envisageait  à se présenter seul à ces élections. Selon lui, « la frustration gagne du terrain au sein de la famille mauve».

Pour ce qui est de la situation chez les autres partis politiques, il est mentionné que Cader Sayed-Hossen, ancien ministre et ancien élu au No 10 (Montagne Blanche-GRSE), serait pressenti pour être possible leader adjoint du Parti travailliste.

Il est un fait que ce poste est demeuré vacant depuis le départ de Rashid Beebeejaun en marge des élections générales de 2014.

Interrogé, le président du PTr, Patrick Assirvaden, a insisté que rien n’a été décidé. «Cette question sera abordée lors de notre prochain congrè.», dit-il.

Du côté du PMSD, le secrétaire général, Mahmad Khodabaccus : «Le PMSD fera partie du prochain gouvernement.» Arguant que les élections générales seraient derrière la porte, il a soutenu qu’après les «prochaines élections le PMSD trouvera sa place au gouvernement». Il a fait cette déclaration en marge d’un déjeuner dans la circonscription No 19.

Quant au Reform Party, il est révélé que le leader, Rashi Bhadain désertera la circonscription No 18 ( Belle Rose/Quatre-Bornes) pour migrer au No 20 ( Beau-Bassin Petite Rivière)

« C’est complètement faux ! J’ai des membres dans les 20 circonscriptions qui travaillent à travers le pays. Mais moi en tant que leader du Reform Party, je fais un travail de terrain dans deux circonscriptions, soit au no 18 et au no 20 », a-t-il assuré à Inside News. Ainsi, il a  démenti cette rumeur.