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Vacoas Cooperative Society – Sunil Bholah : « J’ai hérité de cette situation désastreuse »

Vacoas Cooperative Society – Sunil Bholah : « J’ai hérité de cette situation désastreuse »

C’est ce qu’a répondu Sunil Bholah, ministre des Coopératives, à la PNQ du leader de l’Opposition, axée sur les allégations d’interférences au sein de la Vacoas Multi Purpose Cooperative Society. Ainsi, Xavier-Luc Duval a voulu savoir si l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) a été sollicitée pour enquêter sur les allégations d’interférences au sein de la société coopérative qui a fait polémique.

Sunil Bholah, a expliqué qu’il a hérité de cette situation désastreuse qui, dit-il, s’est envenimée. Le ministre a également tenu à faire ressortir que Rs 3 millions avaient été détournées avant son arrivée en tant que ministre, en 2014.

D’autre part, Sunil Bholah a expliqué que la Vacoas Multipurpose Cooperative Society, est une organisation gérée par un comité sous la Cooperatives Act. Le ministre a argué qu’il n’a aucune obligation de répondre au sujet des activités internes de la société. « Cependant, je souhaite faire des clarifications suite aux allégations sans scrupules et sans fondements, » a-t-il fait ressortir. Le ministre a rappelé que la coopérative a débuté ses activités en 1977 et regroupe actuellement 5 500 membres.

Toutefois en 2013, à la lumière d’une Commission d’enquête entamée par le Registrar of Cooperatives Societies de mauvaises pratiques et de serieuses lacunes ont été révélées.  Il a cité quelques exemples, notamment des prêts sans sécurité, l’insolvabilité, des prêts non-productifs offerts aux membres, entre autres. « C’est suite à cela que la société coopérative a été mise sous surveillance en décembre 2014, » a déclaré Sunil Bholah. Il a soutenu qu’il fallait s’assurer à ce que les transactions soient approuvées par les techniciens de la Cooperative Division en vue de prévenir toute perte ou mauvaise utilisation de fonds.

Par la suite, il avait été convenu d’instaurer un Caretaker Board en janvier 2015 pour gérer les affaires de la société. Le comité a ensuite nommé Ernst & Young pour un salaire de Rs 230, 000. Mais, le ministre des Entreprises et des Coopératives a insisté qu’il a fallu résilier son contrat en juillet 2015 pour réduire les dépenses. Les services de la compagnie Pro Consult ont alors été retenus pour une somme de Rs 172 500.

Poursuivant sa réponse, le ministre a expliqué qu’il « n’y a eu aucun rapport négatif sur les opérations de la société jusqu’à août 2017» C’est à ce moment que des membres l’ont contacté par rapport à l’attitude de la direction. Sunil Bholah a aussi affirmé que le conseil d’administration avait « une opinion négative de Pro Consult»

Par ailleurs, le ministre des Entreprises a soutenu qu’une décision avait été prise en décembre 2017 pour résilier le contrat de SB ProConsult. La compagnie a elle-même vidé les lieux le 20 décembre 2017.

Sunil Bholah a fait état de l’affidavit juré par l’ancien président, Sunil Jhugroo en cour Suprême. Selon lui, « beaucoup d’allégations infondées et contradictoires ont été faites dans cet affidavit. »

Il a parlé, également, de la décision d’une éventuelle vente d’un terrain, situé à Flic en Flac. « Jusqu’à la fin de 2017, aucune question d’interférence n’a été soulevée, » a fait savoir le ministre.

Sunil Bholah a maintenu « qu’aucun ministre sauf pour l’Assemblée générale ne peut décider de disposer des biens de la compagnie. » Il a, également, souligné qu’il n’y a aucune preuve ou tentative de corruption et qu’il n’y a pas lieu de référer l’affaire à l’ICAC.

« Cette soi-disant interférence est une tactique de diversion afin de détourner l’attention des vrais problèmes à la Vacoas Multipurpose Cooperative Society, » a fait ressortir Sunil Bholah. S’enchaînent ensuite les questions supplémentaires, dont voiçi les grandes lignes :

Xavier Duval : Pourquoi le ministre a demandé au Registrar of Cooperative de nommer son conseiller, Rajiv Koonbeeharry, un agent du MSM, sur le Caretaker Board ?

Sunil Bholah : Il est conseiller en matière de coopératives et il n’y a aucun problème. Je maintiens que ce qui a été dit dans l’affidavit est faux.

Xavier Duval : Vous allez le prouver à la police et pas ici ! La nomination de cet agent politique était une façon pour lui d’entrer par la porte de derrière pour influencer les décisions du Board.

Sunil Bholah : Le Board comprend 9 personnes. Rajiv Koonbeeharry est un conseiller. Cela ne tient pas la route, s’il est entré par la porte de derrière ou pas.

Xavier Duval : Le ministre n’a pas démenti s’il a nommé son agent politique. Le ministre avait donné des instructions pour résilier le contrat de Mahen Sookun, directeur de SB ProConsult. Pourquoi s’est-il ingéré de la sorte ?

Sunil Bholah : «The issue is S.B Proconsult (…) The Management was not happy with the performance.» Le ministre a par la suite énuméré plusieurs raisonstelles qu’une demande de hausse de salaire. Il a affirmé que des membres ont énuméré plusieurs problèmes en décembre 2017, dont la vente de voiture, l’embauche de proches, mauvaise perception dans le public, absence de progrès, réclamations répétées pour des paiements additionnels, cela malgré la situation financière désastreuse de la compagnie, entre autres.

Xavier Duval : Ernst & Young avait demandé une liquidation de la compagnie alors que SB ProConsult avait recommandé un plan de sauvetage. C’est pour cette raison que les services de cette compagnie avaient été retenus.

Le leader de l’opposition a demandé au ministre s’il n’avait pas demandé à l’ancien président de la Vacoas Multipurpose Cooperative Society, Sunil Jhugroo de signer l’acte de vente du terrain à Flic en Flac à Claridges Properties Ltd. Xavier Duval fait savoir que la seule raison de prendre en charge ce board était la bonne gouvernance. « Est-ce la bonne gouvernance de faire pression sur le board pour vendre le terrain à crédit sans vérifier la solvabilité de l’acquéreur? » s’est interrogé le leader de l’opposition.

Sunil Bholah a rétorqué qu’il n’est pas de son devoir de vérifier les sources de fonds.