Actu de l'ile Maurice
Edito

Wake up call !!

Les 1.34 milliard indiens ont été secoués par ‘un’ cas de viol, celui de cette petite fille de 8 ans de Kasmir. Au-delà de tensions religieuses qui ont suivi cette affaire, il y a une vérité. C’est un viol tout aussi condamnable parmi tant d’autres qui hantent à jamais la vie de nombreuses jeunes filles et femmes indiennes. Mais cette fois, on a l’impression que l’Inde s’est brusquement réveillée. Le gouvernement aussi. Il suffit aujourd’hui d’espérer que la décision du gouvernement Modi de durcir la loi aura l’effet escompté, et ce même si des nombreux observateurs sont sceptiques. Ceux-là, quelque part, n’ont pas tort.

En mars 2013, après le viol collectif d’une étudiante à Delhi, en décembre 2012, l’Inde adopta la Protection of Children from Sexual Offences Act afin de protéger les enfants contre les violeurs. Cinq ans après, on revient à la case départ, La situation n’a guère évolué dans le bon sens. Bien au contraire. Le gouvernement Modi a été forcé – après le viol de cette fille de 8 ans dans l’état du nord de Jammu et Kasmir – de venir avec une mesure forte qui a été conclue par le vote d’une clause dans la loi. Une clause qui préconise la prison à vie ou la peine de mort contre les prédateurs d’enfants.

Est-ce un moyen dissuasif pour arrêter le massacre? Les avis sont partagés sur cette ordonnance d’un gouvernement qui affiche, malgré les critiques, une volonté de combattre le crime. On ne peut ne pas croire dans les actions de Modi.

On ne peut nier que Modi a hérité d’un système pourri et compliqué. Il n’arrivera pas à vaincre du jour au lendemain ce fléau qui gangrène cette société indienne. La situation est chaotique dans la Grande Péninsule. Pourtant cinq de cela, on pensait avoir fait un grand pas après les recommandations du Juge Verma. Ce dernier – qui présidait le comité mis sur pied pour amender le code pénal indienne dans le sillage des protestations massives après le viol de cette étudiante par un groupe d’individus – avait reçu plus de 80 000 recommandations, a tenu plusieurs consultations et s’est référé aux lois existantes dans plusieurs autres Etats, avant de présenter ses recommandations. Mais pourtant, rien n’a changé.

Les garde-fous sont là, mais certainement pas suffisants. À travers, la Protection of Children from Sexual Offences Act, qui couvre les victimes de -18 ans, la police indienne avait une obligation de réunir les évidences dans un délai d’un mois après la plainte et la Cour devrait juger l’affaire dans un délai de douze mois. Or, la police et la Cour font hélas face à ses vérités… et ses limites.

Entre 2012 à 2016, le nombre de viols a augmenté par plus de 60% passant à 40 000 en 2016. De ces 40 000 cas, 16 000 enfants sont concernés. Et dans seulement 25% des cas, la Cour a pu sanctionner les violeurs. Autre chiffre alarmant, qui doit tous nous faire réfléchir, surtout ces membres “honorables” du barreau, c’est il y avait en 2016, 133 000 cas encore ‘pending’ en Cour dans ce pays.

Tant et si bien qu’en janvier 2018, un rapport sur la situation à Delhi a démontré qu’en 2017, il y a eu 2049 cas de viols rapportés contre 2 064 en 2016. Dans cette ville, cinq cas de vols sont reportés au quotidien. C’est hallucinant. Mais cela paraît comme un train-train quotidien, osons dire ‘normal’ pour les habitants que des hommes violent des filles et des femmes pour assouvir leurs pulsions démoniaques. Cette absence de réaction est condamnable.

Autre fait accablant, dans 96.63%, la victime connaissait l’agresseur et dans 38.99%, elle a eu à subir les abus sexuels de ses amis voire même membres de sa famille. Les statistiques ont aussi démontré que durant les 45 premiers jours de 2018, le taux de criminalité a augmenté légèrement en Inde.

Tout gouvernement et tout Premier ministre peut donc avoir la volonté de combattre les crimes face à une population “malade”. La décision du gouvernement indien d’introduire la peine de mort dans cette nouvelle ordonnance contre les violeurs d’enfants est une très bonne chose en soi même si les défendeurs de droit de l’homme vous diront que cela a été prouvé dans plusieurs pays que “death penalty is no deterrent to violent crime”. Le gouvernement a décidé de laisser des gens-là parler…conscient que le peuple les a votés pour prendre des actions dans l’intérêt des Indiens.

Dans cet élan de réveil de conscience après le viol et le décès de cette petite fille, innocente de 8 ans, des voix se sont élevées à l’instar de la lauréate du Prix Nobel, l’Indien Kailash Satyarthi qui avait qualifié les abus sexuels et les viols sur les enfants dans son pays comme un “national emergency” alors que la représentante de la Commission des Femmes de Delhi, Swati Maliwal a traduit sa volonté de se battre contre un fléau en entamant une grève de la faim pour demander des actions immédiates. La justice réagit. Le dossier d’un religieux indien, Asaram Bapu, accusé d’avoir violé une jeune fille de 16 ans en 2013, a été rouvert.

Mais l’Inde a besoin de plus que des lois. Durcir celles qui sont existantes est un premier remède, mais le plus important serait de refaire l’éducation sur plusieurs générations. On parle ici de plus d’un milliard de gens. Les parents, les éducateurs dans les écoles, les hommes religieux intègres. Ils ont tous le devoir plus que jamais d’inculquer des valeurs à leurs enfants, quel que soit leurs origines. Des valeurs qu’on est tous en train d’oublier au nom de la modernité.

Pourquoi sommes-nous intéressés à ce fléau de viol en Inde? Parce que ce qui peut être vrai pour l’Inde l’est aussi pour Maurice. La loi ne nous inculque pas les valeurs qui vont nous permettre de vivre dans une société moderne et respectueuse des autres. Dans notre pays, beaucoup de gens n’ont pas pris conscience que la drogue est en train de faire des ravages au quotidien sur nos jeunes. Chacun est occupé dans son quotidien à lui. On ne s’intéresse qu’à notre vie, notre travail, nos problèmes et notre fortune. Des nombreux parents se sacrifient jour et nuit pour s’assurer d’une éducation et un futur décent à leurs enfants. Pour voir ensuite tous ses efforts voler en fumée car sous l’emprise de la drogue, ces petits êtes finissent par être malades mentalement ou quittent ce monde brutalement. La drogue reste un sujet tabou. C’est une honte d’en parler et de se livrer.

Il faut se rendre à l’évidence qu’ici aussi, tout comme en Inde, les lois, les actions gouvernementales et les actions de la force policière ne sont suffisantes pour combattre ce mal. Les chiffres sont alarmants. It’s time for a collective action! Les “vipères” sont partout. Ils guettent nos enfants tous les jours et vont s’abattre sur eux au moment voulu. Nul n’est à l’abri.

D’où la nécessité que chaque parent fait ce premier pas d’abord et avant tout à la maison…sensibiliser leurs enfants sur ce fléau de la société. L’éducation commence à la maison. Il faut que tout le monde se concerte pour combattre le mal. On s’attend à ce que les éducateurs, les responsables des ONG, voire les responsables des centres de Jeunesse s’organisent pour sensibiliser les jeunes sur ce fléau et non attendre à ce que l’Etat intervienne.

Les grosses boîtes, dont l’avenir dépend de notre jeunesse, doivent apporter leur contribution en finançant des campagnes de matraquages visant à montrer visuellement aux jeunes les dangers que représente la consommation de drogue. “Oui la drogue tue”. Pour le moment, on ne voit pas tout ça dans l’île.

Je termine sur ces lignes de Shiv Khera dans son best seller “Freedom is not free…”. L’auteur écrit ceci à la page 233:  “You can be that leader! Take control of your own destiny! If we are not part of the solution, then we are part of the problem. Empower yourself and stop being a victim immediately. Take charge of your life and be in control of your destiny. Propel yourself and your Nation to success. Every nation writes its autobiography by the actions or inactions of its citizens.”