Actu de l'ile Maurice
Judiciaire

Escroquerie: Il encaisse Rs 600 000 sur la vente d’un camion, mais n’échappe pas à la justice

A.A.M a voulu jouer au plus malin en août 2011. Il a proposé la vente d’un camion de la marque Mitsubishi à un ancien client, qui à son tour, lui ramène un acheteur. Les trois hommes se rencontrent à Curepipe et l’acheteur, un dénommé R.B, lui remet la somme de Rs 600 000 comme dépôt après avoir vu le camion sur une photo présentée par l’escroc. Le montant de la vente agréé était de Rs  1,150 000. Même s’il y a eu des irrégularités dans la version de deux témoins, dont celle de la victime, portant sur les dates, la Cour a jugé A.A.M coupable d’escroquerie le 26 avril .
Août 2011. R.B est emballé à l’idée d’être au volant d’un nouveau camion. Après des jours de négociations à travers un ancien client de A.A.M, il cède considérant que l’offre de vente était alléchante. En cour, R.B a présenté des documents pour démontrer ses transactions portant sur le retrait de la somme de Rs 600 000 et aussi de son emprunt contracté auprès de la SBM pour financer cet achat.
R.B ne se doutait pas qu’il allait être berné. Le 11 août, rendez-vous est pris à Curepipe. A.A.M se présente dans une voiture. Il se montre convaincant.
Il sort une photo du camion pour le présenter à l’acheteur et informe R.B que le propriétaire du véhicule est en route pour les rejoindre. L’escroc insiste pour que la somme de Rs 600 000, représentant un dépôt, lui soit remise. Convaincu de la bonne foi de A.A.M, l’acheteur lui remet la somme d’autant plus que l’escroc tient une conversation “imaginaire” sur son portable avec le vendeur. La ruse parfaite!
Pour la Cour, “it is clear that the said acts on the part of the Accused were meant to establish the belief of the existence of a fictitious operation, by convincing W2 there was a lorry, which was meant to be sold, by means of the photograph of the alleged lorry shown to W2, and by the Accused appearing to be in contact with the Owner of the said alleged lorry, and the said acts amounted to fraudulent pretences.”
R.B et A.K. J, celui qui l’a mis en contact avec l’escroc, ont expliqué en Cour comment l’escroc a pris l’argent, est entré dans sa voiture pour compter les billets. Selon les deux témoins, l’escroc est ressorti pour leur dire que le propriétaire du véhicule est en route avant de disparaître dans les minutes qui suivent. La Cour a aussi trouvé que A.K.J avait une dent contre l’escroc pour l’avoir vendu une voiture à un prix exorbitant, mais qui avait des problèmes mécaniques.
Même s’il y a eu des irrégularités sur les différentes dates dans la version des témoins, le magistrat D.Gayan, cite un précédent jugement où il avait été précisé que :
“Giving evidence in Court is not a memory test and failure to recollect with precision all the circumstances and details of an incident is understandable. What is important is for the Court to be satisfied that a witness is speaking the truth in substance”, pour balayer le point de la défense. Pour le magistrat, l’affaire a eu lieu en 2011 et ce n’est que six ans et demi après que les témoins sont entendus.
L’accusé a nié en bloc les accusations portées contre lui dès le départ et a maintenu cette position lors de sa comparution en Cour intermédiaire.
Mais au final, vu les preuves et les témoignages présentés par la poursuite, A.A.M a été trouvé coupable pour violation de la section 330 (1) du code criminel, soit :  Swindling (1) quiconque, soit en faisant usage de faux noms ou de fausses qualités, soit en employant des manoeuvres frauduleuses, pour persuader l’existence de fausses entreprises, d’un pouvoir ou d’un crédit imaginaire, ou pour faire naître l’espérance, ou la crainte d’un succès, d’un accident ou de tout autre évènement chimérique, soit au moyen d’un chèque tiré sur une banque à Maurice à l’ordre d’une personne ou au porteur sans provision suffisante au moment de sa présentation se sera fait remettre ou délivrer des fonds, des meubles ou des obligations, dispositions, billets, promesses, quittances ou décharges, et aura, par un de ces moyens, escroqué la totalité ou partie de la fortune d’autrui, sera puni de servitude pénale qui n’excédera pas 10 ans et d’une amende qui n’excédera pas 50,000 roupies.