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Opinion: pour une réforme électorale à visage mauricien

Opinion: pour une réforme électorale à visage mauricien

Voici plus de deux décennies, le débat porte sur la mise en œuvre d’une vraie réforme électorale à la satisfaction de toutes les composantes de la société mauricienne, voire de toute la nation. Cela d’autant plus qu’à chaque échéance électorale ( élections générales ou élection partielle), des leaders politiques, des observateurs politiques, ainsi qu’une large frange de la population pointent du doigt au système parlementaire actuel. Lequel système est calqué sur le Westminter des Britanniques qui a été hérité depuis l’ère coloniale et post-Indépendance en 1968.

D’ores et déjà, les pères fondateurs de la Constitution de Maurice avaient mis en place un système électoral, dont le Best Loser System qui au fil des années est devenu obsolète et miné par des lacunes. En revanche, il faut dire qu’en dépit des manquements, ce système a fait ses preuves en vue d’assurer la paix sociale et l’ordre public, ainsi que la stabilité politique.

Depuis que Maurice a accédé au statut de République en 1992, le débat est ouvert pour une réforme de notre système électoral. Les débats ont lieu, tant à l’Assemblée nationale par les élus qu’à l’extérieur.

Sir Anerood Jugnauth, sous lequel Prime ministership, les premiers jalons pour un projet de réforme électorale avait été jetés au cours de la période post-République, s’est quelque peu refroidi, vu la situation d’instabilité qui s’est produit à Rodrigues avec l’avénement de l’autonomie, à travers l’Assemblée Régionale de Rodrigues avec une dose à la proportionnelle. «Na pa capav majorite ki pou vinn control majorite», a soutenu les milieux proches de SAJ.

Lors de sa conférence de presse hebdomadaire, samedi 28 avril, Paul Bérenger, leader du MMM, fervent partisan pour une réforme électorale, a soutenu que «la dose de proportionnelle proposée est insuffisante.» Le système électoral actuel comprend 62 élus dans les 20 circonscriptions du pays. Selon Paul Bérenger, le nouveau système proposé en marge d’une réforme, préconisant 12 élus à la proportionnelle et 7 nominés, selon des critères «qui ne sont pas clairs», ainsi que la clause, stipulant que le parti ou l’alliance  qui perd une joute électorale ne pourrait pas être éligible pour bénéficier plus de trois sièges constitue une «galimatia.»

Il faut dire que la Commission Sachs en 2000 et le MMM en avaient proposé 30, c’est-à-dire 62 élus + 30 élus à la proportionnelle. Mais rien n’avait abouti. A noter que dans un «esprit de compromis»  en 2014, le MMM et le Ptr s’étaient arrêtés à 20 élus à la proportionnelle.

De son côté, Xavier-Luc Duval, leader des Bleus, pas plus tard que le week-end dernier, se dit «totalement contre l’abolition du Best Loser System.» A son avis, « Le Best Loser System permet de rééquilibrer les faiblesses de notre système électoral. » Il n’est pas passé par quatre chemins pour critiquer la réforme électorale en préparation et dont des bribes ont été publiées dans la presse.

Maurice qui vient de célébrer 50 ans de son Indépendance et 26 ans de son’accession au statut de République a besoin d’une véritable réforme électorale qui répondant aux besoins et aux attentes des citoyens. En un mot, une réforme électorale à visage mauricien.