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Edito

[Édito] : Entre palabres et marteaux-piqueurs, les chantiers avancent

[Édito] : Entre palabres et marteaux-piqueurs, les chantiers avancent

Du nord au sud, en route, les chantiers ne passent pas inaperçus. Une première réflexion s’impose: l’île Maurice s’est embarquée dans de nombreux projets d’infrastructures. C’est un atout car le pays doit fournir ces facilités s’il veut attirer davantage d’investissements étrangers.

Le gouvernement mauricien a lancé plusieurs chantiers coûtant milliards de roupies : routes, lignes de chemins de fer pour métro express et bâtiments administratifs qui viennent stimuler ce pays de 1.28 million d’habitants. Par ces chantiers de grande envergure, le gouvernement a bien l’intention d’entrer dans le club des nations à revenu intermédiaire d’ici à 2025.

Avec les deux premières années qui ont en partie servi aux études de faisabilité, à la mobilisation des ressources et à la mise en place de réformes urgentes et nécessaires avant d’affirmer que le pays est actuellement en chantier dans tous les secteurs. D’ailleurs, aux quatre coins de la capitale, Port-Louis, les silhouettes des grues surplombent la crête des immeubles, des rectangles de béton poussent, entourés d’échafaudages de bois. Sur fond de bruits permanent de marteaux-piqueurs et d’excavatrices, les rues plombés de nid de poule se transforment pour être bientôt bitumées. Et que dire de l’échangeur en phase de construction à hauteur du Caudan. La capitale s’est transformée en gigantesque chantier et mue à toute vitesse pour répondre à la volonté de modernisation du gouvernement.

Pour mettre un terme aux bouchons qui pourrissent la vie des usagers de la route, les autorités mauriciennes ont enfin de l’argent à leur disposition pour lancer le projet d’une grande envergure, le métro express. C’est donc la fin du calvaire ! Sortez les drapeaux, sonnez les clairons! Oui, mais non. Pour que les chantiers annoncés se concrétisent, il faudra d’abord lever le tsunami d’oppositions.

Comme promis, voilà, tout le monde est fin prêt, le chantier peut enfin commencer. Ah, mais là aussi il y a un problème. A Maurice, il faut généralement compter sur quelques « anti-patriotes » pour protester contre le développement du pays. Si on doit s’en tenir à la position de ces mêmes, disons « éternels insatisfaits », on peut attendre encore une décennie !

Cependant, avec l’approche des prochaines élections générales, les rythmes de ces chantiers vont connaître une montée crescendo. Souhaitons que les choses soient bien faites malgré l’exigence d’un délai écourté. Je prends l’exemple sur la Chine, où une tour de 57 étages a été réalisée en trois semaines. A Dubaï, il a fallu six ans pour ériger Burj Khalifa, la plus haute du monde (830m).

Oui, en Chine ou dans les Emirats arabes unis, les rythmes sont effrénés et les ouvriers sous-payés. Mais entre l’esclavagisme moderne et une tolérance sans limite à la lenteur, n’y a-t-il pas moyen de trouver un juste milieu ? Et d’accélérer la cadence ? Surtout après des décennies d’immobilisme !