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Vente à la barre : Le calvaire de certaines familles se répète aujourd’hui

Vente à la barre : Le calvaire de certaines familles se répète aujourd’hui

La vente à la barre débute en Cour suprême aujourd’hui, jeudi 10 mai. Une cinquantaine de cas seront appelés devant le Master and Registrar, Patrick Kam Sing. Qui dit Sale by Levy dit souffrance pour certaines familles.

Pour Cangayen Pillay, défenseur des victimes du Sale By Levy, il ne faut pas blâmer le judiciaire. « Il ne faut pas simplement voir ce qui se passe à l’intérieur de la Cour suprême, » nous lance-t-il. Il ajoute que la plupart des maisons qui sont mises en vente sont celles de la Mauritius Housing Company (MHC) et de la National Housing Development Co. Ltd (NHDC). Il affirme que ce sont les « ti dimunn » qui en souffrent.

Par ailleurs, il explique que le gouvernement affirme de vouloir en finir avec la pauvreté mais qu’il n’a aucune pitié pour ceux au bas de l’échelle. Dans la foulée, il qualifie la MHC « d’escroc intellectuel. » Cangayen Pillay cite divers cas où les pères de familles sont décédés et ce sont leurs épouses qui doivent rembourser le prêt.

« Fer atansyon, ena ankor ti dimunn ki pou soufer, » déclare-t-il. Ce dernier ajoute que le vrai problème se trouve au niveau des banques. Cangayen Pillay pense aussi que le rôle du ministère des finances est primordial dans toute cette affaire. « Il faut résoudre ce problème au niveau du ministère, politique et ensuite au niveau de la cour. »

Il parle également des recommandations faites par la Commission d’enquête sur la vente à la barre. « C’est au gouvernement de mettre ces recommandations en place. » Cangayen Pillay exhorte qu’il faut avant tout arrêter le système de vente à la barre au lieu d’accuser les juges ou la cour. « Il faut amender les lois. »

Salim Muthy, président du Mouvement des Victimes du Sale By Levy, affirme pour sa part, que le gouvernement prend trop de temps pour la mise en œuvre des recommandations du rapport de la Commission d’enquête. Pour rappel, elle avait rendu public son rapport en 2016.

Il poursuit en expliquant que « c’est évident que nous sommes satisfaits du rapport Rengan. » Selon le travailleur social, ces recommandations aideront sans aucun doute les victimes de la vente à la barre. « Cependant je ne comprends pas pourquoi le State Law Office (SLO) prend du temps sur ce dossier ? » se demande-t-il.

Salim Muthy fait aussi mention au dernier budget où le Premier ministre et ministre des Finances avait proposé à ce que les prix des maisons vendues à la barre ne débutent pas à partir de Rs 50 000 mais à 50% de la valeur. « Si une maison a été achetée à Rs 1 million alors le prix serait de Rs 500 000. »

Le Président du Mouvement des Victimes du Sale By Levy soutient également que la formule de la vente à la barre devrait faire peau neuve. « Il y a toujours ce système archaïque de 1838, » lance-t-il. Salim Muthy est d’avis que ce genre de système ne fait « qu’appauvrir les gens. » Il pense que « pe protez dimunn pou aste dan labar ek pe fer dimunn travay dan lazans imobilier. » Par ailleurs, il estime que le judiciaire a aussi son rôle à jouer dans toute cette affaire.

De plus, le travailleur social souligne que le gouverneur de la Banque de Maurice doit impérativement revoir le system du taux d’intérêt. Selon lui, si ce système n’est pas revu, alors c’est la classe moyenne qui en payera toujours les frais.