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Transplantation d’organes : Le Cardinal Maurice Piat dit « oui » au projet de loi, mais…

Transplantation d’organes : Le Cardinal Maurice Piat dit « oui » au projet de loi, mais…

Le Cardinal Maurice Piat se dit heureux que le gouvernement présente une loi sur la transplantation d’organes à l’Assemblée nationale. « Les greffes d’organes représentent une grande conquête de la science médicale et sont certainement une source d’espérance pour de nombreuses personnes, » peut-on lire. Il considère que ces greffes et ces transplants n’auraient pu se produire si les médecins et les chercheurs n’avaient pas pu compter sur la générosité de ceux et celles qui ont fait don de certains de leurs organes. « Pour arriver à soulager tant de personnes, il aura fallu que deux grands élans du cœur humain se rejoignent – la ténacité des chercheurs et de médecins et la générosité des donneurs. »

Le religieux estime que ce projet de loi est bienvenu, car il est important d’encadrer et de réguler la demande comme l’offre. Il considère qu’il faut tenir compte du respect dû à la dignité de la personne humaine et à la protection de son identité personnelle. « Une personne ne peut faire don d’un de ses organes que s’il est établi que sa santé n’est pas (et ne sera pas) en danger. Le consentement informé du donneur doit aussi être une condition préalable qui assure la liberté du don. Ces aspects semblent être couverts par la Section 9 (a) et (b).C’est pourquoi aussi tout don d’organe doit rester gratuit. »

L’Evêque de Port-Louis soutient que la loi doit être très sévère à l’encontre de toute tentative de commerce d’organe. « D’autant plus que ce genre de trafic et d’abus touche souvent des personne innocentes et sans défense comme des enfants. Cet aspect semble être couvert par la Section 21. » En ce qu’il s’agit des organes vitaux, le Cardinal Maurice Piat souligne qu’ils ne peuvent être prélevés qu’après le décès du donneur éventuel. « Les critères principaux ici sont le respect de la volonté du donneur exprimée avant sa mort, et aussi le respect de la vie du donneur, ce qui suppose que le prélèvement éventuel n’intervienne que lorsqu’on est en présence de son décès réel. » Cet aspect semble être couvert par la Section 15 (2) (c), écrit-il.

Le Cardinal Maurice Piat soulève cependant des interrogations. « Dans le cas où une personne meurt, sans avoir fait une demande officielle pour qu’un de ces organes soit prélevé après sa mort, sans avoir non plus exprimé son désaccord pour qu’un de ses organes soit prélevé après sa mort, et sans que la famille du défunt n’ait demandé qu’un des organes de la personne soit prélevé après sa mort. » Le religieux estime qu’il faudrait aussi « qu’avant que le « Board » n’ait le droit d’autoriser un prélèvement, il ait obtenu l’accord préalable d’au moins un membre de la famille. » Ceci, écrit-il, remet en question la Section II (3) du projet de loi.

La question de l’assignation des organes prélevés et préservés dans des banques d’organes éventuelles doit aussi être soumise à des règles d’éthique. D’où la nécessité, selon le Cardinal Piat, d’établir des critères objectifs et explicites pour l’établissement d’un « waiting list ». Ce qui semble manquer dans la formulation de la Section 5 (c) et 19 (5). Il remercie le ministère de la Santé d’avoir pris l’initiative de présenter de ce projet de loi. Cependant, dit-il, il serait souhaitable que les deux questions soulevées ici soient clarifiées. « Ceci pour le plus grand bien des donateurs comme des bénéficiaires éventuels qui doivent pouvoir faire don de leurs organes ou les recevoir d’autrui en toute sérénité. »