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[Opinion] Police : ces ripoux qui font la loi

[Opinion] Police : ces ripoux qui font la loi

Un fait saillant, plus précisément le cas de Kevin, mutilé au cutter qui s’est retrouvé avec plus de 75 points de suture au corps au cours de la semaine écoulée, qui aurait pu être classé comme simple et banal fait divers, a provoqué la consternation, l’indignation chez la population.

Attardons-nous sur ce cas qui donne froid dans le dos pour une réflexion en profondeur sur notre système de police et susciter une prise de conscience citoyenne pour une vraie refonte de la force policière. Selon les témoignages de la victime,  Kevin, âgé de 25 ans, domicilié à Triolet, il était kidnappé, par trois individus encagoulés qui circulaient à bord d’une voiture,  en pleine journée, non loin de sa résidence, alors qu’il se rendait au Medi-clinic de la localité, le 9 mai.

Ayant eu le corps mutilé au cutter, Kevin s’est retrouvé pieds et mains ligotés dans des buissons dans les parages du Triolet by-pass, non loin de la medi-clinic, situé à quelque 500 mètres du poste de police de Triolet. Pour ses proches, il était porté marquant. Pour ses agresseurs, il devait être torturé avant d’être laissé à l’abandon pour mort.

S’étant évanoui, il a repris connaissance deux jours après, soit le vendredi 11 mai. Ayant pu se libérer, il a parcouru une distance de 6 km à pied jusqu’à Trou aux Biches, où des policiers, affectés au poste de la localité, agissant comme de bon samaritains, l’ont transporté à l’hôpital du Nord.

Pourquoi ce jeune homme a-t-il évité de se rendre au poste de police de sa localité à Triolet pour aller chercher secours à celui de Trou aux Biches ? De quoi avait-il peur ? Pourquoi, lorsque Kevin s’était présenté au poste de police de Triolet, la veille de son enlèvement, les policiers n’ont-ils pas pris son cas au sérieux ? Et pourtant ce jour-là, indique Kevin, il aurait été intimidé par de proches de ses anciens beaux-parents au poste de police de Triolet. Le comble est que les policiers auraient refusé de consigner sa déposition.

Des policiers de Triolet ont-ils démissionné devant leurs responsabilités ? Ce cas ressemble étrangement à non-assistance à personne en danger.

S’agissant de kidnapping à Triolet et ailleurs, il y a un gros problème à Maurice. Nous avons plusieurs cas d’enlèvements ou de kidnappings  non-élucidés au cours de ces deux dernières décennies.

Outre le fameux cas d’Akmez Aumeer, âgé de 8 ans, enlevé à Camp Chapelon entre 1993-1995, il y a le cas des amants de Pomponnette entre 2000-2005. L’homme, un employé d’un corps paraétatique et la femme, une inspectrice au ministère du Travail et des Relations Industrielles, partis pour une baignade dans le lagon de Pomponnette n’ont jamais été retrouvés. Pourtant, la clé de la voiture, leurs sacs et autres effets personnels étaient suspendus à un arbre sur la plage, non loin du véhicule.

Il y a aussi le cas de cette jeune infirmière, issue de la famille Bugun à Triolet, qui était  amourachée d’un jeune homme, mais qui avait été enlevée pendant son heure de déjeuner, à proximité de l’Hôpital du Nord, voici une quinzaine d’années. L’infirmière n’a jamais été retrouvée. La famille Bugun pleure toujours de cette mystérieuse disparition.

Il y a quelque chose qui cloche au niveau de notre police nationale. Notre police souffre-t-elle d’un déficit de leadership ?  Souffre-t-elle d’un manque de formation, de dévouement, ou de discipline… ?

Des ripoux au sein de notre force policière ? Ce n’est pas nous qui le disons, mais le PM, lui-même. Si l’organisation de la police, le gardien même de la sécurité du peuple,  est à ce point gangrenée, n’est-il pas temps de secouer la baraque… ?