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Edito

[Édito] Au nom de tous les miens

[Édito] Au nom de tous les miens

Pourquoi ces politiciens font-ils ce choix de parler de famille pour désigner leur parti ou le courant politique auquel ils appartiennent ? Si on y regarde d’un peu plus près, on découvre, au MMM qu’il est aussi dorénavant question de la « famille ». Pourtant, ce même Paul Raymond Bérenger avait employé autant de mots —  « dangereux » , « malsain » ou encore « illégal » à l’égard de Pravind Jugnauth et son père, sir Anerood Jugnauth. Et si on creuse davantage, on peut découvrir des égratignures plus ou moins similaires envers Navin Ramgoolam, Arvin Boolell, Shakeel Mohammed ou encore le jeune coquelet, Adrien Duval.

Et voilà que maintenant Paul Bérenger nous démontre une fois de plus sa créativité, son ingéniosité dans des situations critiques et sa capacité à garder la tête haute. Comme dans de nombreuses familles, certains membres s’investissent auprès de leurs frères ou cousins germains pour les soutenir jusqu’à la cicatrisation des blessures après une séparation avec les Jeeha, Obeegadoo, Labelle, Veerabadren, et autres « fidèles » lieutenants.

Et maintenant ! Quoi de mieux de se faire épauler par son propre sang. Le vieux routier peut compter énormément sur le soutien de sa fille Joanna Bérenger. Et… et… de son gendre Frédéric Curé ainsi de sa belle soeur Dany Perrier. Quelle dynastie, venant de quelqu’un qui n’épousait pas cette pratique. Comme on dit en créole : « seki kras dans ler  tombe lors nene… »

Désormais, le MMM consolide sa base sur une « histoire de famille », dirait-on. Cet étrange glissement dans l’usage de ce terme est une inquiétante réalité. Car, le parti n’est plus vu comme un élément de la vie politique qui contribue à former l’opinion, à animer le débat intellectuel. Mais hélas comme une machinerie plus que dédiée à celui ou celle qu’on espère parachuter au pouvoir !

Certains diront que leader emblématique du MMM prépare déjà sa sortie en rédigeant son testament « au nom de tous les miens »…

Il n’est d’ailleurs – dans cette « histoire de famille » – nullement question de militants de base. La « famille » ne comprend que les dirigeants, ceux et celles qui peuvent prétendre obtenir, en cas de succès, la juste rémunération de leur loyauté sous la forme de prébendes ministérielles. Ils ont fait le choix absolu, celui d’abdiquer leur liberté, d’étouffer la voix de leur conscience, de sorte qu’être fidèle à des convictions de leur chef de meute ou à ses valeurs serait une trahison ?

Ont-ils le choix ? N’est-ce pas que faire autrement serait de se mettre « la famille »… à dos !