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Drogue synthétique : Mayotte et la Réunion aussi frappées, l’ODFT tire la sonnette d’alarme

Drogue synthétique : Mayotte et la Réunion aussi frappées, l’ODFT tire la sonnette d’alarme

Décidément, la drogue “La chimique” ou la drogue synthétique sévit de partout. Il n’a pas que la République de Maurice qui est frappée. Mayotte, en premier et la Réunion ensuite subissent les effets. Selon un rapport, commandité par l’Agence régionale de santé de l’océan indien de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, la drogue chimique s’est répandue très rapidement à Mayotte et concerne aujourd’hui une part non négligeable de la population mahoraise.

Depuis le début des années 2010, la consommation d’une substance appartenant à la famille des cannabinoïdes de synthèse, connue sous le nom de « chimique » s’est développée dans l’île de Mayotte, département français situé dans l’archipel des Comores. Initié à partir de cercles extrêmement restreints, l’usage de « chimique » s’est étendu pour toucher des populations de plus en plus larges composées majoritairement d’adolescents et de jeunes hommes en situation précaire”, peut on lire sur le site de l’OFDT, qui s’était vue confier une mission d’évaluation par l’Agence régionale de santé-océan Indien en 2017.

Selon les conclusions, la consommation de “chimique” s’est développée à partir de 2010. La première introduction à Mayotte de “chimique” est, en effet, le fait d’une personne originaire de métropole et travaillant au Conseil général. Cette personne aurait importé dès 2009 des produits de synthèse pour son usage personnel. Pour l’OFDT, aujourd’hui, “il est nécessaire de mettre en place un dispositif de prévention, d’accompagnement et de soins des addictions à Mayotte comme dans les régions métropolitaines. L’ARSOI (Agence régionale de santé de l’océan indien) en est bien consciente.

Une enquête réalisée en 2017

Cette enquête a été réalisée en avril 2017 confirme qu’aucune partie du territoire n’échappe à la présence de ce produit, des villes au monde rural, en passant par les zones d’habitat informel qui ne cessent de se développer. “Cette forte disponibilité est alimentée par une offre très offensive incarnée par une myriade d’acteurs qui vont des importateurs, intégrés socialement car disposant notamment de connections informatiques et de moyens financiers, aux bandes, plus ou moins organisées, de dealers, bien implantées territorialement, qui en assurent la revente au détail, auxquelles s’ajoutent, à la marge des grands trafics, les multiples usagers-revendeurs”, peut-on lire. L’OFDT a pu aussi dégager le profil-type de l’usager problématique de chimique. Les enquêteurs expliquent que des personnes vivant dans une situation de fragilité à la fois sociale et surtout affective, dont des jeunes de 10-12 ans, sont initiées à la consommation par des pairs et notamment via le phénomène des bandes d’adolescents et de jeunes adultes très présentes  dans l’île. Il existe dans ces deux îles une nécessité urgente de construire une réponse publique au phénomène de la chimique.