Actu de l'ile Maurice
Politique

[1ère partie] Revue politique : détermination de Pravind Jugnauth, intensification de la crise au MMM…

[1ère partie] Revue politique : détermination de Pravind Jugnauth, intensification de la crise au MMM…

 

L’actualité politique, cette semaine a été dominée la détermination du Premier ministre, Pravind Jugnauth et leader du Mouvement Socialiste Mauricien (MSM) qui a soutenu aller jusqu’au bout de son mandat ; la crise qui s’intensifie au sein du MMM et la levée de boucliers parmi l’opposition parlementaire, les associations de consommateurs, et les syndicats, suite à l’augmentation des prix des carbutants ( essence et diesel).

Le leader du MSM a exprimé son intention de compléter son mandat, à la tête du pays. C’était samedi 19 mai, à l’issue d’une réunion spéciale du Bureau Politique, au Sun Trust. Il a exhorté à ses troupes de rester mobilisés.

Le Premier ministre a fait une comparaison entre le MSM et les autres partis sur l’échiquier politique. Pour Pravind Jugnauth, le MMM ne représente plus une force actuellement. S’agissant du Parti Travailliste, il qualifie le rassemblement tenu par les Rouges à Saint Pierre, le 4 mai dernier, comme un flop. Il s’est targué que l’alliance gouvernementale ait eu une grosse foule lors du rassemblement du 1er mai à Vacoas.

Mercredi 23 mai, lors du lancement officiel du projet, Cap Tamarin Smart & Happy Village, à l’ouest du pays, Pravind Jugnauth n’a pas mâché ses mots à l’égard de ses détracteurs : « Laissons les démagogues et les passéistes à leurs sombres desseins».  Cela avant de poursuivre : «Moi, en tant que Premier ministre, je ne flancherai point et continuerai à travailler encore plus dure pour transformer le pays en un modèle pour le monde, dont on sera tous fier ! »

«Election anti-constitutionnel»

Du côté du MMM, Steven Obeegadoo, président de la Commission de l’Education du MMM, lors d’une conférence de presse à Port-Louis, vendredi 18 mai a fait une virulente sortie contre la direction du parti. «Nou pa capav accepte caution enn election anti-constitutionnel», a dénoncé Steven Obeegadoo. Encadré de douze membres du Comité Central sortant, dont Moorgesh Veerabadren, Françoise Labelle, Vinay Sobrun, Kervin Ramma, il a affirmé que ceux-ci et lui n’ont pas fait acte de candidature pour ce scrutin, vu la gravité de la situation.

Selon lui, Paul Bérenger a procédé à une épuration au sein du MMM, cela dans la mesure que : (a)  des 57 membres du CC sortant, 26 ne se présenteront pas à nouveau comme candidats pour cause de diverses raisons : expulsion, suspension, congé forcé… ; (b) des 30 membres du Bureau Politique, 10 seraient pris sous le coup d’une expulsion ou d’une suspension. Du coup, 1/3 du BP mauve actuel ne serait pas concerné par l’élection du CC.

Par conséquent, dans une lettre ouverte portant les noms des 12 signataires, adressée à Paul Bérenger, le groupe Obeegadoo lui demandant de renvoyer l’élection du Comité Central à une date ultérieure.

Piqué au vif, Paul Bérenger lui a donné la réplique le lendemain, samedi 19 mai. « Le MMM penkor relever ! », a clamé le leader des Mauves avant d’ajouter : « Linn cauz buku ditor au MMM depi eleksion 2014. Linn empess MMM relever !»  Selon Paul Bérenger avec le déclin des autres partis politiques « MMM ti ena enn boulevard pou relever, mai depi 3 ans, certains dimuns in blok MMM ! ,» s’est insurgé Paul Bérenger.

Pour l’émergence d’un nouveau MMM.

Une liste de 103 candidats a été arrêtée dans ce cadre de ce scrutin. Parmi les noms, on retrouve Joanna Bérenger, la fille du leader des Mauves, Nita Juddoo, entre autres.

Emboitant le pas au leader, le secrétaire général du MMM, Ajay Gunness dans une interview accordée à un hebdomadaire, dimanche 20 mai, a réglé ses comptes avec Steven Obeegadoo. «Obeegadoo a été marqué d’abord par le fait qu’il n’a pas été élu en  décembre 2014, ensuite parce qu’il n’a pas obtenu le poste de secrétaire général du MMM, poste qu’il convoitait en 2015», a-t-il dit. Invité par Inside News à commenter cette interview de presse d’Ajay Gunness, Steven Obeegadoo a lancé sans ambages : «Je n’ai pas à me polémiquer avec Ajay Guness. Mon combat est tout autre.»

Ainsi dans une interview accordée à Inside News, vendredi 18 mai, Steven Obeegadoo a  exprimé son vœu : œuvrer pour l’émergence d’un nouveau MMM.

Réagissant à la prise de position de Steven Obeegadoo, Jack Bizlall, syndicaliste et observateur politique, a soutenu : « Steven Obeegadoo so Komba se enn peine perdi ! »  Qualifiant le cas de Steven Obeegadoo, d’inédit, Jack Bizlall lui a adressé un message clair : dernier : « arret rever !»

Affirmant que la situation au sein du MMM ne le choque guère, il soutient que la crise au sein du parti ne présume pas la fin des Mauves. Il se rappelle que plusieurs fois dans le passé, le MMM a vu plusieurs personnes quitter le navire mauve, « comme en 1973, avec la première crise en interne ayant pour toile de fond : un conflit idéologique ».

«[…] enn kameleon ki sanz kouler constaman ! »

Selon lui, le problème actuel du MMM, c’est le changement constant de sa stratégie politique. « Sa parti la se enn kameleon ki sanz kouler constaman ! »

Compte tenu de ce fait, Steven Obeegadoo a évoqué sa stratégie d’action :  «Nous continuerons à rencontrer les militants. Nous continuerons à les mobiliser autour du projet pour un nouveau MMM.»

Au cours de cette semaine, il nous revient que Steven Obeegadoo a eu une rencontre avec deux principaux dirigeants du MP, en l’occurrence le député Jean-Claude Barbier et le secrétaire général, Atma Bumma.

«Il n’y a rien de concret. Bien évidemment, on peut se voir pour ‘compare notes’. S’il existent des possibilités pour qu’on puisse travailler ensemble, tant mieux»,  a déclaré Jean-Claude Barbier. Tonnant dans le même sens, le président du MP a souligné : «Il n’y a rien d’officiel (…) Certes, cette rencontre a été fortuite, mais toujours est-il que lorsque de politiciens se rencontrent, c’est sûr qu’ils abordent toujours la chose politique.»

De son côté, Steven Obeegadoo,  interrogé sur sa rencontre avec les deux dirigeants du MP, est catégorique : «C’est de la pure spéculation. Etant l’avocat de Jean-Claude Barbier, je le rencontre souvent en cour. Quant à Atma Bumma, c’est un vieil ami».

 A suivre