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Violence domestique : le profil des agresseurs décortiqué

Violence domestique : le profil des agresseurs décortiqué

Le Gender Caucus avait initié une étude sur « The Sociological Profiling of Perpetrators of Domestic Violence in Mauritius ». Le but était de fournir une analyse sociologique des caractéristiques des auteurs de violence conjugale à Maurice.

Cette étude identifie, également, les facteurs à risque et les déclics de la violence domestique de l’enfance jusqu’à l’âge adulte. Ce rapport préconise en même temps des recommandations pour le soutien et la réhabilitation des présumés responsables aussi bien que pour les victimes. Aussi, cette étude prend en considération les facteurs qui accroîtraient les risques pour les femmes d’être victimes et de demeurerr comme des souffre-douleur.

Aucune correlation entre la violence conjugale et le fait d’avoir vécu au sein d’une famille violente

Le rapport mentionne qu’il n’y a aucun lien entre grandir au sein une famille violente et la perpétration de la violence plus tard dans la vie. « Il y a plusieurs facteurs de risque et des déclics conjoncturels qui mènent à la violence domestique », indique le rapport. Le profil d’un auteur de violence domestique correspond à la « manipulation », « la jalousie », « la portée émotionnelle et les valeurs patriarcales. »

D’autre part, plusieurs formes de violence sont citées, dont, physique, sexuelle, psychologique, émotionnelle, économique, qui comprend à priver l’accès de la victime à des moyens financiers.

Le rôle des ONGs

Les Organisations Non-Gouvernementales (ONG) et les travailleurs sociaux sont encouragés à intensifier leur rôle afin de traiter le problème de violence domestique à Maurice. Le rapport recommande que ces deux éléments constituent des réseaux et s’engagent d’une manière collaborative en vue d’accorder une assistance aux victimes, aussi bien qu’aux responsables de violence conjugales.

Préconiser des campagnes de sensibilisation agressives

Le rapport démontre que des campagnes de sensibilisation agressives devraient être menées et ce en ciblant différents groupes de personnes. De plus, la Protection from Domestic Violence Act doit être renforcée avec pour but de prévenir de nouvelles victimisation et de combler des lacunes par rapport à la violence conjugale. Le rapport fait mention de la mise en place d’un Research and Strategy Office qui pourrait faire des recherches et identifier les problématiques.

Des programmes devront aussi s’ajouter au cursus scolaire pour consolider l’intelligence émotionnelle des enfants en leur montrant comment rediriger leurs frustrations sans avoir recours à la violence.

Le statut marital reste une indication de risque majeure en ce qui concerne la violence domestique. Les victimes qui vivent en concubinage sont les plus à risques.

Le niveau de scolarisation est un facteur lié à la violence domestique

Le niveau d’études est souvent associé avec la capacité d’apporter un revenu et à son statut dans la société. Un niveau d’éducation moins élevé entre les responsables des actes de violence et les victimes est un indicateur de risque. De plus un niveau d’éducation élevé des femmes comporte, également, un risque.

Dans la foulée, le rapport préconise  l’instauration d’un Couple Communication (CC) skills-based training programmes.

Statut professionnel 

Le statut professionnel de l’emploi est à prendre en considération. Les hommes confrontés au chômage sont les plus aptes à s’engager dans la violence domestique. Plus de 50% d’auteurs de violence domestique n’ont pas d’emploi permanent. De plus, parmi ceux qui ont un travail, 50% des agresseurs travaillent pendant plus de 8 heures par jour d’affilé.

Le rapport révèle qu’il y a moins de violence dans les foyers, où les hommes jouent un rôle équitable au sein du foyer. Il est établi que 33% des auteurs de violence conjugale ne participent pas aux taches ménagères.

Les responsables de violences conjugales ont tendance à avoir de troubles affectifs, d’anxiété, de dépression, d’un manque d’estime de soi, d’agressivité et de problèmes de sommeil des niveaux systématiquement plus élevés.

Les causes de violence domestique sont toutefois multiples et ne peuvent être associées à un seul facteur. Il y a également :

  • Les appels des téléphones mobiles et les réseaux sociaux
  • L’alcool et l’abus de drogues
  • Les relations extra-conjugales
  • Des expériences passées d’abus

L’étude recommande que des officiers doivent être formés pour mener des enquêtes auprès des victimes et procéder à l’interrogatoire des agresseurs. Un mécanisme de suivi et d’évaluation devra être mis en place afin de suivre le progrès des agresseurs dans la réhabilitation.

La peur de représailles et la pauvreté

Bon nombre de femmes préfèrent rester dans des relations abusives par peur de représailles sévères, dues à une faible mise en application de la loi. La pauvreté est une autre barrière qui empêche les femmes à s’échapper de cette relation.

Le rapport demande que le nombre de shelters augmente afin d’offrir des logements de transition additionnels.

Des programmes de transitions économiques devront aussi être instaurés au niveau de ces shelters pour aider les victimes à devenir financièrement indépendante.