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Judiciaire

Accusée d’un vol de Rs 7 millions, Marie Nadege Laverdure innocentée

Accusée d’un vol de Rs 7 millions, Marie Nadege Laverdure innocentée

Poursuivi pour vol sous les sections 301(1) et 305(1)(b), Marie Nadege Laverdure a été innocentée par la Cour, car la poursuite a failli, n’ayant pu présenter des preuves contre cette dernière pour démontrer qu’elle a volé ou était en possession des articles volés. Elle avait été interpellée et poursuivie en 2010 à la suite d’une plainte logée par son employeur, qui avait rapporté à la police le vol d’une somme de Rs 7 millions et des bijoux de son coffre-fort.

Marie Nadege Laverdure était employée comme bonne chez la famille Hyder. Ce dernier l’accuse d’avoir été de mèche avec un certain Lindley, que la famille Hyder avait blanchi et nourri pendant des années avant qu’il ne mette le cap sur l’Angleterre. Le dénommé Lindley a occupé la chambre où était placé le coffre-fort. Lorsqu’il est retourné de l’Angleterre, il est parti habiter chez sa mère et Hyder avait donné des directives pour qu’il soit interdit chez lui.

Dans sa plainte, Hyder a expliqué que vu que seule Marie Nadege Laverdure avait accès à l’intérieur de la maison, elle aurait été de mèche avec Lindley pour voler tout l’argent aussi bien que des bijoux. Et pour que le plan soit parfait, ils auraient brisé les vitres de la fenêtre et ont endommagé la serrure du coffre-fort pour faire croire que des voleurs sont entrés par infraction dans la maison. Le propriétaire a aussi indiqué dans sa déposition que sa femme avait l’habitude de laisser la clé dans la serrure de temps et temps et il se pourrait que la femme de ménage en ait profité pour faire une copie.

Mme Laverdure s’est défendue et a plaidé non coupable dans cette affaire. Elle a expliqué en Cour qu’elle travaille chez Hyder depuis 19 ans et qu’elle recevait Rs 5 500 comme salaire mensuel. Elle commence sa journée à 7h30 et quand elle termine, elle dépose la clé chez des proches de la famille qui habitent à côté. La femme de ménage n’a pas nié avoir laissé entrer Lindley dans la maison, car ce dernier lui avait indiqué qu’il avait été envoyé par le propriétaire pour récupérer des papiers. C’était le 2 octobre 2010.

Interrogé par la police, le dénommé Lindley, qui avait été également poursuivi dans cette affaire, mais séparément, avait incriminé Mme Laverdure comme sa complice. Lindley ne s’est toutefois jamais pointé en Cour en 2014 pour être jugé. Et la Cour n’a pas donc pas pris ce témoin de la poursuite en considération. “The court cannot simply rely on an out of court version to the accused. There is therefore no evidence to establish that the accused, together with Lynley, stole money from the safe”, a écrit le juge.

Pour la Cour, la poursuite avait à prouver que 1. la femme de ménage était en possession illégale des articles “volée” et 2. que des articles ont été volés. Le Juge cite la position de la Cour précédemment dans l’affaire Prayag/Etat où il avait été mentionné que “..However, in order to offer any explanation, the accused party must be found to have at some point in time been in possession of or had the sole or joint control over the stolen property.” Un point confirmé par la suite dans l’affaire Jagganna/ État où la Cour suprême (Juges Peeroo et Matadeen) avait ruled que ““…What the Court meant is that when the accused does not have in his possession the stolen article, whether physically or through his overt act or control, in the sense that the article is not capable of being seized or secured by the police to be produced in Court, and upon his denial of having been in possession, the necessary element of his being found to have in his possession stolen property is not established by the prosecution, and consequently, there is no question of any burden shifting on the accused to provide an explanation.” Dans ce cas précis, il n’y a aucune évidence qui démontre que M. Laverdure a volé et était en possession des articles volés. “Consequently no burden rests upon her to put forward sufficient excuse or justification,” a conclu la magistrate B.R. Jannoo-Jaunboccus de la Cour intermédiaire. Elle a été donc acquittée.