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Politique

[1ère partie] Revue politique : nomination de Shamila Sonah-Ori, réforme électorale…

[1ère partie] Revue politique : désistement de Shamila Sonah-Ori, réforme électorale…

En sus du poste de la présidence de la République qui a été au cœur des débats, l’actualité politique cette semaine a été largement dominée par la nomination de Shamila Sonah-Ori à  l’Electoral Service Commission et à  l’Electoral Boundaries Commission, suivie de son désistement par la suite. Alors que l’opposition parlementaire contestait cette nomination par le président de la République par intérim en avancant plusieurs argumentation, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, est monté au créneau pour mettre les points sur les «i», voire donner la réplique aux contestataires et détracteurs. Il y a aussi le dossier de la réforme électorale qui avance.  

«D’enn point de vue legal, li pa disqualifier», a lancé Pravind Jugnauth sans ambages, à la presse. Cela avant d’ajouter :«Sa nomination à été faite en consultation avec le président, le leader de l’opposition et moi. C’est le président qui en décidera !» C’était mercredi 30 mai, à la Cyber Tower 1, à Ébène, le Premier ministre répondait,  aux questions de la presse après la célébration de l’anniversaire d’un an d’existence de la mise en place de la Citizen Support Unit,

Liens de parenté

Pravind Jugnauth a soutenu qu’il n’a aucune d’objection à cette nomination, car, dit-il, «tout à été fait, selon les provisions de la Constitution. Donc elle n’est pas disqualifiée!»  Répondant à une question sur sa proximité avec l’avouée, le Premier ministre a révélé que d’autres personnes, à l’instar de Dev Cowreea, Nargis Bundhun…ayant  des liens de parenté avec certains hommes politiques, qui ont été nommés à cette commission.

Il faut dire qu’en conséquence de la prise de position de l’opposition, couplée de virulentes critiques à son égard, le président de la Républque, Barlen Vyapoory a eu une série de consultations avec Xavier-Luc Duval, leader de l’Opposition, Paul Bérenger, leaderd u MMMA lan Ganoo, président du MP, entre autres, dans le cadre de la nomination de Shamila Sonah-Ori.

Mais revirement de la situation, tard dans la soirée de jeudi. Shamila Sonah-Ori, s’est désistée à ce poste. Elle a adressé une lettre dans ce sens au président de la République p.i. Elle s’est insurgée contre une «politisation à outrance» de ce dossier.

Priorités

Le dossier de la réforme électorale a été abordée par le Premier ministre, vendredi 25 mai.  La réforme électorale constitue une de ses «priorités» après la présentation du Budget 2018-2019, le 14 juin prochain.

C’est l’assurance donnée par Pravind Jugnauth, en réponse à question de la presse, à la Tour Koenig. Cela d’autant plus que le comité interministériel sur la réforme électorale, présidé par le ministre Mentor, sir Anerood Jugnauth, lui a déjà soumis son rapport.

«Ils m’ont soumis le rapport. Actuellement, je suis pris avec le Budget.  Ce sera une de mes priorités après la présentation du Budget», a rassuré Pravind Jugnauth. «La réforme électorale est un sujet compliqué qui nécessite un travail de fond. Elle fera l’objet de discussions au niveau du gouvernement. Il y a encore du travail à accomplir là-dessus», a-t-il ajouté.

Lors de sa conférence de presse, samedi 26 mai, Paul Bérenger, leader du MMM a dit avoir pris note de cette déclaration premierministérielle.

Classification communautariste/ethnique

Toujours dans la perspective de la réforme électorale, les membres de Rezistans ek Alternativ  ont comparu en Cour suprême, jeudi 24 mai. Ils faisaient face aux représentants de l’Etat pour contester la classification communautariste/ethnique des candidats en marge des élections générales. « Nou pou les enn dernie sans a  bann parti politik ki pe siez dan lasanble»  a prevenu Ashok Subron, porte-parole de Rezistans ek Alternativ dans une déclaration à la presse.

Le poste de la présidence de la République, faisant l’objet de débats, le député indépendant, Ravi Ramano qui intervenait lors d’une émission radiophonique, mardi 29 mai, a avancé :  «L’idée d’un président élu sur deux tours est bonne pour la démocratie. Cela signifie que le président sera investi de pouvoirs exécutifs.» Il a exprimé son scepticisme sur la volonté du gouvernement de venir avec la réforme électorale.

Deux jour auparavant, soit le 27 mai, dans une interview de presse, accordée à un quotidein, Me Antoine Domingue, ancien président du Bar Council, a insisté : «Il faut revoir la façon de désigner le président de la République» Pour ce qui est des réformes qu’il faut, Me Domingue a déclaré : «Ce qui s’est passé à l’occasion des 50 ans d’Indépendance a provoqué des bouleversements (…) Il y a une crise de confiance. S’il faut choisir un nouveau président, il faut faire attention.»

Modèle inspiré des Etats-Unis

Il suggère la mise en place d’un modèle inspiré des Etats-Unis. A son avis lorsqu’une personne est pressentie comme président et vant qu’une motion ne soit adoptée au Parlement, «il faut passer par un select committee et faire une audition publique, pour voir si la personne est ‘fit and proper’» Il souligne que par la suite, des  recommandations sont  soumises au Parlement pour le vote. «Il ne faut pas que le choix relève d’une décision purement politique. C’est dans cette direction que nous devons aller. Il faut aussi revoir les privilèges et la pension. La population ne comprend pas comment une personne, qui est restée peu de temps à ce poste, puisse toucher autant d’argent», a affirmé Me Antoine Domingue.

A suivre…