Actu de l'ile Maurice
opinion

[Opinion] Accès aux plages: pour des amendements à la Pas Géométriques Act

[Opinion] Accès aux plages: pour des amendements à la Pas Géométriques Act

[Opinion] Accès aux plages: pour des amendements à la Pas Géométriques Act

L’accès aux plages pour tous, citoyens mauriciens et visiteurs étrangers est un vieux débat, datant des années 70’ et 80’ qui revient toujours sur le tapis sans pour cela qu’on y trouve de solutions durables. Hormis les plages publiques qui rétrécissent d’année en année au nom du développement touristique avec la mise en place de projets hôteliers, plusieurs plages longeant des campements et bungalows à travers le pays, plus particulièrement celles situées dans les zones côtières à forte densité touristique, sont prises sous l’appellation de «plages privées.» Cela au vu et au su des autorités concernées.

Force est de constater que des murets et des murs ont été érigés sur le littoral aux quatre coins de l’île en face de campements, interdisant l’accès aux citoyens et touristes. Cela sans compter des chiens méchants, à l’instar de doberman, rottweiler, berger allemands qui y montent la garde… Scandaleux pour notre très chère Ile Maurice qui vient de célébrer ses 50 ans de l’Indépendance et son 26e  anniversaire de son accéssion au statut de République, cette année. Le comble est que les gouvernements successifs, au cours de ces trois dernières décennies, n’ont pas pu prendre des mesures drastiques et appropriées pour rappeler à l’ordre, voire mettre au pas ces propriétaires de campements intransigeants et récalcitrants.

Par conséquent, nous assistons avec grande impuissance, à la mise en place d’une «blue belt», ceinturant les zones côtières du pays au profit d’une minorité de riches et d’expatriés qui agissent en maîtres pour dicter leurs lois. Ainsi, des citoyens mauriciens sont en train de devenir des étrangers dans leur île natale.

La démarche de Mahen Jhugroo, ministre du Logement et des Terres de descendre sur le terrain à Pointe d’Esny, au sud du pays et à Grand Baie, Pereybère, Bain Bœuf et Cap-Malheureux au nord du pays, au cours de la semaine écoulée, en vue de constater de visu l’ampleur de la situation est fort louable.

Outre des murs de soutènement et des murets érigés, interdisant le libre passage aux piétons, joggers et autres passants, le ministre Jhugroo a constaté que les provisions légales portant sur la délimitation du High Water Mark, accordant le droit au passage n’est qu’une farce ! Pendant de nombreuses années, de fonctionnaires du ministère du Logements et des Terres, ceux de la Beach Authority et ceux des Collectivités locales qui sont payés des déniers publics ont passé sous silence les agissements de tous ceux qui enfreignent la loi.

Nous comprenons la prise de position de l’Association de Campements, sous la férule d’Armand Maudave qui insiste sur le respect des provisions de la Pas Géométriques Act par rapport au High Water Mark et le droit à la tranquilité. Nous n’en disconviendrons pas. Nous disons non au football ou volley-ball sur la plage en face des campements ; non au pique-nique en famille, agrémentée musique (stéreo et baffles, djembe, ravannes…), mais oui au  droit de passage, stationnement pour certaines activités paisibles ( méditation, yoga et exercices physiques). Et aussi, le droit à la baignade dans le lagon en face des campements et hôtels.

Nous comprenons que l’emploi du temps de Mahen Jhugroo est particulièrement chargé, mais toujours est-il que nous pensons qu’il est impérieux pour lui de poursuivre ses visites dans certaines autres régions, à l’instar de Pointe aux Canonniers et Trou aux Biches en vue de constater de visu les passe-droits, auxquels certains propriétaires de campements, dont un ressortissant sudafricain, ont fait preuve.

Sur une partie de la plage longeant l’extrémité nord la plage publique de Mont Choisy jusqu’au Club Med, certains propriétaires de campements ont privatisé la plage en interdisant tout stationnement sur le littoral. Des plantes piquantes y ont été plantées. A Trou aux Biches, sur la partie de la plage longeant le Trou aux Biches Resort & Spa et Le Cardinal (Casuarina Resort), des mangliers, ainsi que des piquets avec des inscriptions private ont été mis en terre. Plus loin, à l’embouchure du Storm Drain à Trou aux Biches, un Sudafricain, propriétaire d’un bungalow, est accusé d’éliminer deux grands arbres, susceptibles d’accorder des ombres aux riverains et pique-niqueurs.

Nous croyons en sa ferme détermination pour prendre des mesures qui s’imposent. En dépit de tout ce que peuvent dire ou prédire les oiseaux de mauvais augure, en avançant que l’accès aux plages est peine perdu, nous pensons que le ministre Mahen Jhugroo est animé de cette flamme, voire de cette conviction pour apporter des amendements aux Pas Géométriques Act.

Il est un fait que le changement climatique a de graves répercussions sur les zones côtières : montée des eaux, érosion côtière… Du coup nos plages se rétrécissent et le flux et le reflux des vagues déferlent au-delà de la délimitation du High Water Mark et dans certains, atteignent des murs de soutènement. Ainsi, des amendements doivent être apportés à la Pas Géométriques Act pour élargir de 15 à 20 mètres l’espace, réservé au passage des marcheurs, joggers et autres promeneurs, à partir de la délimitation actuelle du High Water Mark.