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Politique

Marche des Fiertés: ce qu’en pensent les parlementaires musulmans

Marche des Fiertés: ce qu’en pensent les parlementaires musulmans

Marche des Fiertés: ce qu’en pensent les parlementaires musulmans

La 13e édition de la Marche des Fiertés, organisée par le Collectif Arc-en-Ciel, qui devait avoir lieu dans les rues de la capitale, samedi dernier, mais qui a résulté à une démonstration au Caudan Waterfront, a été perturbée par une manifestation anti-LGBT avec en toile de fond, menaces, intimidation… Une grave polémique s’est ensuivie. Nous avons sollicité les parlementaires musulmans de cette présente législature en vue de leur permettre de donner leurs points de vues. Alors que certains ont osé s’exprimer librement, d’autres se sont murés dans le silence.

Reza Uteem, leader adjoint du MMM : «Il ne faut pas que l’homophobie cède la place à l’islamophobie»

«Je pense qu’il y a eu beaucoup de réactions de part et d’autre qui sont condamnables. Un apaisement s’avère plus que jamais nécessaire. Il ne faut pas qu’il y ait un amalgame entre les Musulmans qui vivent paisiblement et ceux qui font l’objet des critiques et sont acccusés d’être des terroristes. Dans une perspective d’enrayer cette situation, je fais un appel à la retenue. Que le bon sens prime. Cela d’autant plus que nous sommes des Mauriciens à part entière. Il ne faut pas que l’homophobie cède la place à l’islamophobie.»  Il fait état d’un ‘post’ sur la toile qui aurait été à la base de toute cette polémique.

Dr Raffick Sorefan, PPS : «Pour la stabilité d’un pays, chacun doit respecter son prochain»

Membre du MSM, le  Private Parliamentary Secretary (PPS) insiste de parler en son nom personnel. «La liberté des gens est primordiale. Quant à moi, je parle en mon nom personnel. Il faut bien respecter les droits des gens. D’ailleurs, je tiens à préciser que je ne suis pas l’autorité qui dois intimer l’ordre aux gens leur de faire ceci ou cela. Pour la stabilité d’un pays, chacun doit respecter son prochain. Je pense sincèrement qu’il faut passer l’éponge et oublier ce qui s’est passé, samedi dernier. Faisons comme-ci aujourd’hui, nous sommes à vendredi et que demain, c’est un autre jour. Oublions le passé, pensons à demain en vue d’assurer la stabilité de notre pays, pour l’avenir de nos enfants»

Osman Mahomed, député du Ptr : «Nous devrons tout faire pour préserver l’harmonie sociale à Maurice»

De son côté, Osman Mahomed, le député du Parti Travailliste, maintient : «Nous devrons tout faire pour préserver l’harmonie sociale à Maurice. C’est crucial. Autant que je sache, voici plus de dix ans, cette Marche des Fiertés a lieu à Maurice chaque année, cela sans aucune anicroche

Mais, cette fois, indique-t-il, il y a eu une tension. Il fait état d’un individu qui aurait «partagé de manière irresponsable un ‘post’ sur Facebook, dans lequel Allah a été associé à l’homosexualité» Le comble, soutient Osman Mahomed, cela s’est produit pendant le mois de jeûne du Ramadan, «ce qui a rendu l’ensemble de cette question encore plus sensible.»

Soulignant que l’affaire a été rapportée à la Centrale CID et à la Cybercrime Unit au cours de la semaine qui a précédé la marche de samedi, le député rouge déclare que des journalistes d’une radio privée «ont déposé des documents à la police sur ce sujet» «Le jour de la marche rien n’indiquait que les autorités avaient pris des mesures. Comparativement, dans des cas beaucoup moins graves de nature similaires dans le passé, la police avait arrêté les fauteurs de trouble», dit-il avant d’ajouter : «Je suis amené à comprendre que ce qui rend folle cette marche problématique cette année : les provocations faites au préalable à l’événement lui-même»

Adil Ameer Meea, député du MMM : «Pas de déclaration pour l’instant»

Interrogé, Adil Ameer Meea, député du MMM dans la circonscription no 3 (Port-Louis Maritime/Port-Louis Est) est catégorique : «Pour l’instant, je ne ferai aucune déclaration.» En revanche, il nous a référé à une déclaration qu’il a faite à un hebdomadaire, antérieurement.

Bashir Jahangeer, député du MSM : «Ce n’est pas ma priorité»

Sollicité pour une déclaration, mercredi après-midi, Bashir Jahangeer, député du MSM, demande à Inside News de lui rappeler aujourd’hui à 9heures, vu qu’il était en route vers la mosquée pour la prière avant de rompre le jeûne («iftaar»). Contacté au téléphone à l’heure convenue, il lance laconiquement : «J’ai d’autres priorités. Cela n’est pas ma priorité»