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Industrie cannière : 2018 une année difficile ?

Industrie cannière : 2018 une année difficile?

Industrie cannière : 2018 une année difficile ?

Une plateforme d’échanges a eu lieu hier, vendredi 8 juin sur les enjeux de l’industrie cannière. C’était à l’hôtel Labourdonnais à Port-Louis. De différents acteurs de l’industrie du sucre étaient présents, notamment, Devesh Dukhira, Chief Executive Officer (CEO) du Mauritius Sugar Syndicate (MSS), Jacqueline Sauzier, secrétaire générale de la Mauritius Chamber of Agriculture et Kevin Ramkaloan, CEO de Business Mauritius.

Jacqueline Sauzier

Plusieurs sujets ont été évoqués lors des discussions. Jacqueline Sauzier a tout d’abord réitéré que l’objectif principal de la Chambre d’agriculture est de protéger l’intérêt de la communauté agricole. Elle explique que la plantation de canne se fait sur une superficie de 54 000 hectares. Toutefois, la récolte se fait sur uniquement 50 000 hectares annuellement.

Une perte de 21 000 hectares au cours des 14 dernières années

Commentant la période 2003 à 2017, la secrétaire générale de la Mauritius Chamber of Agriculture affirme qu’on a perdu 1 500 hectares de cannes annuellement, soit 21 000 hectares. Jacqueline Sauzier parle « d’érosion lente » entre 2012 à 2017. « Il y a eu une baisse dans la production de sucre, » fait-elle savoir. Elle explique que cela est surtout dû à la variation climatique. « Le rendement de cannes à l’hectare a été stable entre 2003 et 2017, » poursuit-elle.

Pour rappel, 355 213 tonnes de sucre ont été récoltées pour la coupe 2017. Jacqueline Sauzier estime toutefois qu’il faut revoir le prix de la rémunération de la bagasse.

Les enjeux de l’industrie cannière

La secrétaire générale de la Chambre d’Agriculture a également parlé des enjeux de l’industrie cannière :

  • l’érosion de la superficie de cannes, soit entre 800 à 1000 hectares annuellement.
  • la baisse de revenue. Il faut trouver des solutions pour accroître les revenues.
  • Il faut revoir le prix de la mélasse et la bagasse.

Jacqueline Sauzier estime qu’il est essentiel de baisser les coûts de production pour augmenter les revenues.

Maurice exposé aux fluctuations du marché international

Devesh Dukhira

Devesh Dukhira estime quant à lui que notre pays a été exposé aux fluctuations du marché mondial. « Sur le marché international du sucre, le prix n’est pas réel, » indique-t-il. Ce dernier affirme que le prix est « en dessous du coût de production. »

Le CEO du Mauritius Sugar Syndicate explique que le prix du sucre blanc est de 335 $ la tonne, soit environ Rs 10 000.

Cependant, il soutient que Maurice n’a pas le luxe d’avoir un marché domestique. Il évoque aussi l’importance d’avoir un accès préférentiel dans différents marchés.  Devesh Dukhira parle d’une baisse dans la livraison de sucre blanc raffiné destinée à l’Union Européenne. En 2016 et 2017 le chiffre était de 316 423 tonnes, alors que pour 2018, soit de janvier jusqu’à présent, seulement la barre de 121 991 tonnes a été atteint.

2018 une année difficile

Toutefois, Devesh Dukhira se dit pessimiste pour 2018. Selon lui, 2017 a été difficile et 2018 serait similaire. « Mem pir, » lance-t-il.

Un lien émotionnel entre Maurice et la canne

Kevin Ramkaloan

Kevin Ramkaloan, parle de « lien émotionnel » entre notre pays et la canne à sucre. Il parle aussi de deux axes primordiaux dans ce secteur, soit le revenu et le coût. Il pense que le sucre est « moins présent » dans l’économie mauricienne. Il explique le sucre contribue uniquement à 0,2% de notre PIB (Produit Intérieur Brut), soit 0,8% de l’économie.

Il cite les différents produits qui tournent autour de l’industrie cannière, tels que les fertilisants.

Le secteur du transport

Le CEO de Business Mauritius ajoute que l’industrie du sucre contribue grandement à l’industrie logistique. Il parle de notre port où le sucre traverse. Il commente l’implication du secteur sucre pour le développement des autres secteurs associés.

L’importance de l’efficience

Selon Kevin Ramkaloan, il y a le besoin de l’efficience. Il est d’avis qu’il faut réduire le coût de production et augmenter les revenus. Il ajoute que le coût de la masse salariale a augmenté par plus de 60%. « L’industrie de la canne contribue peu à notre Gross domestic product (GDP) mais plus aux autres secteurs, » fait-il valoir.

Il explique en même temps qu’il faut une analyse réaliste et rationnelle sur la réforme du sucre. Pour Kevin Ramkaloan, « La solution se trouve dans l’intérêt de la pérennisation de l’industrie cannière. » Il estime aussi que sans la canne à sucre, l’image de Maurice serait « différente. »

Pour rappel, environ 4000 personnes sont employés dans le secteur sucre.  La canne à sucre représente 75% de la surface agricole de notre pays.