Actu de l'ile Maurice
Edito

Humeur: Non ! Les ‘Aliens’ ne vont pas nous envahir…

Non ! Les ‘Aliens’ ne vont pas nous envahir…
Humeur: Non ! Les ‘Aliens’ ne vont pas nous envahir…

« Madam Speaker, on our Transformative Journey it will be imperative and indeed crucial that we further open up our economy and country to the rest of the world ».

Pravind Jugnauth ne pouvait être plus direct pour faire comprendre que Maurice est arrivé à un stade où on dépend du poids économique des autres pour survivre. Remontons à 35 ans en arrière. En 1983, Maurice avait décidé de prendre son destin en main et cela devait résulter à un boom économique incontestable et incontesté. Pour attirer les investissements étrangers, l’Etat leur proposa de nombreuses exonérations fiscales et douanières. On a été aussi chanceux de bénéficier de l’afflux de capitaux de Hong Kong, vu que les hommes d’affaires, de surcroît milliardaires de ce pays, appréhendaient le retour de leur ville à la Chine. Ils sont arrivés, ont investi et créé des milliers emplois dans la zone franche et aujourd’hui, nous avons ce pays dans lequel nous vivons. Les Hongkongais n’ont pas acheté tous les terrains du pays et ne contrôlent pas nos banques non plus.

Cette réflexion est nécessaire, car la démagogie n’a plus sa place dans une société moderne, qui a des aspirations et qui veut ouvrir son économie. Le lynchage médiatique, entourant l’annonce de la vente des passeports à des étrangers, en est une. Pour le leader de l’opposition, Xavier Luc Duval « la mesure » est négative et il en a fait le procès très rapidement. Ce qu’il veut que tout le monde retienne est :

« The first scheme will offer foreigners the opportunity to obtain Mauritian citizenship provided they make a non-refundable contribution of USD 1 million to a Mauritius Sovereign Fund. For their spouse and dependents, they will have to make an additional contribution of USD 100,000 per member of family….The second scheme will offer the opportunity to obtain a Mauritian passport provided they make a contribution of USD 500,000 to the Mauritius Sovereign Fund. For their spouse and dependents, they will have to make an additional contribution of USD 50,000 per passport ».

La politique et autres associations veulent un ralliement de l’ensemble de la population contre cette mesure annoncée, qui fera certainement l’objet des débats et le Premier ministre et ministre des Finances aura l’occasion d’expliquer les avantages et motivations de cette annonce. Nous, à notre niveau, nous retenons ceci du discours budgétaire :

« ..the EDB will manage two schemes to attract High Net Worth individuals who satisfy defined criteria and after due diligence ».

Libre à ceux qui veulent matraquer ou manipuler le peuple à travers des termes qui visent plus à discréditer que d’essayer de comprendre ou faire comprendre :

« le passport mauricien sera bradé comme un timbre à la poste à des milliardaires, qui prendront possession de nos terres, de nos richesses, de nos eaux, de nos plages … »

Libre à ceux qui veulent instaurer une certaine hystérie populaire en nous faisant croire que les étrangers vont venir pour acheter tous les lopins de terre de ce pays.

Il existe déjà à Maurice une loi, la Mauritius Citizen Act.  Sous la section 5, le Premier ministre a le pouvoir discrétionnaire d’accorder la nationalité mauricienne, tout comme dans les cas de demande de permis de résidence, qui marchent de pair avec le permis de travail, aux habitants des pays du Commonwealth.

La section 5 de la MCA se lit comme suit: Registration of Commonwealth citizens

(1) Subject to this section, the Minister may cause any Commonwealth citizen, being a person of full age and capacity, to be registered as a citizen of Mauritius where he makes application in the prescribed manner and satisfies the Minister that—

  • (a) he is of good character;
  • (b) he has an adequate knowledge of the English language, or any other language current in Mauritius, and of the responsibilities of a citizen of Mauritius;
  • (c) he has resided in Mauritius for a continuous period of 5 years, or such shorter period (not being less than 12 months) as the Minister may in the special circumstances of any particular case accept, immediately preceding the date of his application; and
  • (d) he intends, if registered, to continue to reside in Mauritius. Ce qu’on ne vous dit pas aussi, c’est qu’il existe aussi des facilités accordées sous l’Integrated Resort Scheme à des milliardaires.

En achetant des villas de luxe à Maurice pour plus de 500 000 USD, ils se voient aussi garantir d’un ‘occupation permit’ ou d’un permis de résidence sur le sol mauricien. Après 5 ans, ils peuvent toujours faire une application au bureau du Premier ministre sous la Mauritius Citizen Act.

  1. Saviez-vous qu’entre 2006 (introduction du Occupation Permit et du IRS) à 2014, 17000 Occupation and Residence Permit ont été émis et qu’il y a actuellement 4585 « active occupation and residence permit holders » dans le pays?
  2. Saviez-vous que sur les 4,585, 3,373 sont des professionnels, 602 des investisseurs, 429 des personnes à la retraite et 181 des ‘self employed’?
  3. Saviez-vous que Maurice est parmi les dix pays au monde avec le Portugal, la Malaisie, le Maroc, l’Espagne, l’Indonésie, la Thailande, le Sénégal, la République Dominicaine et la Tunisie, qui attirent le plus de retraités?
  4. Saviez-vous que sous les plans IRS/RES/PDS, un ressortissant étranger peut acquérir un bien résidentiel à Maurice à condition que la propriété immobilière est supérieure à 500 000 dollars et que ce dernier a droit à un permis de résidence valable aussi longtemps qu’il conserve la propriété?
  5. Saviez-vous que sous l’IRS, les personnes à la retraite et les milliardaires bénéficient d’une fiscalité légère et que tout Foreign Ultra High Net Worth Individual, capable d’investir un minimum de 25 millions de dollars, bénéficient d’une exemption fiscale sur 5 ans?
  6. Saviez-vous que hors des plans IRS/RES/PDS, un étranger peut acheter un appartement d’un immeuble d’au moins trois niveaux à un prix supérieur à Rs 6 millions ou une résidence dans un projet Smart City quoique cela ne lui donne pas droit à un ORP?

Tout porte à croire que la logique des opposants à cette annonce se résume à cela: « On veut bien de l’investissement des étrangers, on veut bien leur accorder un ORP, on veut bien qu’ils vivent chez nous dans les villas de luxe…Mais on ne veut pas qu’ils intègrent notre société et deviennent un des nôtres ». Ailleurs, de nombreux Mauriciens ont été accueillis par les peuples canadiens et australiens et ont obtenu la nationalité dans ces pays sans grande difficulté à travers leurs politiques de migration respectives. C’est donc tout un “mind set” qu’on doit changer à Maurice.

Ces milliardaires, qui ont investi dans les IRS ont probablement des sous pour développer des secteurs ici. Ils ne peuvent le faire car ils respectent nos lois et les critères imposés sous leur OP/ou PR. Or, ce que nous voyons, nous, c’est que l’État veut assurer plus de confort à ces gens-là d’abord, ceux qui souhaitent probablement investir dans d’autres filières et créer des emplois, mais ils n’ont pas le droit de le faire actuellement. D’ailleurs, beaucoup ont déjà fait des investissements dans l’offshore mauricien.

Il est clair qu’il est le devoir et la responsabilité l’Etat mauricien de s’assurer que chaque demandeur satisfait des critères spécifiques et vérifie les informations communiquées par celui-ci, selon les principes fondés sur la rigueur administrative et préventive de toute organisation ou département étatique,. Cela se fait déjà sous les conditions de l’IRS (*voir ci-dessous) pour les permis de résidence tout comme celles observées dans certains pays européens à travers leur Citizenship by Investment Programmes dans la cadre du processus de validation du dossier. Ce qui sous-entend un exercice de « screening » et de « due diligence » en bonne et due forme. L’identité et la crédibilité de la personne, la provenance de son argent, la pertinence de son projet d’investissement et son potentiel en matière de création d’emploi et de développement à Maurice, de même que son impact social sur un point de vue régional ou communautaire sont, comme on le dit, des conditions sine qua non et indissociables à l’obtention de ce passeport.

L’exemple de la Malte nous vient d’ailleurs à l’esprit. En 2013, la Maltese Citizen Act avait été amendée pour inclure l’ « Individual Investor Programme of the Republic of Malta » (IIP), où les investisseurs et leurs familles sont naturalisés après avoir satisfait les critères démontrant leur contribution au développement du pays. Cette République est membre de l’Union européenne depuis 2004 et le détenteur dudit passeport circule librement dans 160 pays du monde. Si cette démarche de la Malte n’a pas fait trembler l’Europe, pourquoi donc autant de crainte et d’appréhensions ici?

Disons le comme il se doit ou de par la façon dont « certains » ont présenté cette mesure à la population juste pour les besoins d’exister (opposition)  : Non ! Un étranger, peu importe son origine, son patronyme ou sa fortune, ne se présentera pas devant un guichet du gouvernement mauricien avec un chèque ou une quelconque preuve de paiement acceptable, pour obtenir un passeport mauricien illico presto ! Cela n’arrivera jamais, avec ce gouvernement ou celui qui le succèdera. Comprenez par cela que c’est de la démagogie pure et simple venant d’une « Opposition» en perte de vitesse. Ou si vous voulez, une« Opposition» qui, manifestement en manque d’inspiration, finit, dans da maladresse habituelle, par insulter l’intelligence des Mauriciens.

Ces personnes ont pris des risques d’investir dans les IRS à Maurice. Ils croient dans notre stabilité politique et notre harmonie sociale. Ils méritent qu’on les traite avec dignité et respect. Ils ne sont surtout pas des Aliens qui vont envahir notre petite île !