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Production d’électricité à base de déchets : Beaucoup plus complexe qu’on ne le croit

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Production d'électricité à base de déchets : Beaucoup plus complexe qu'on ne le croit

Production d’électricité à base de déchets : Beaucoup plus complexe qu’on ne le croit

Ivan Collendavelloo, ministre de l’Energie et des Utilités publiques a exprimé son intention de finir avec le problème de Mare-Chicose et de déchets municipaux; cela à travers la mise en place du projet Waste-to-Energy (WTE), soit la production de l’électricité à partir des déchets.

« Les choses sont beaucoup plus compliquées que cela »

Adi Teelock, porte-parole de la Platform Moris Lanvironnman (PML) nous explique que le WTE «paraît à première vue, séduisant », car, il semble être la solution pour la gestion des déchets aussi bien que pour la production d’électricité à partir d’une source renouvelable. Toutefois, elle affirme que, « les choses sont beaucoup plus compliquées que cela. »

Adi Teelock estime qu’il faut avant tout, entreprendre une étude de faisabilité avant de se lancer dans une telle démarche. Elle évoque la nécessité de faire une « caractérisation de déchets ». Elle cite notamment les proportions de déchets verts, soit ceux de la cuisine et du jardin, de papier, de plastique, de verre entre autres. Elle ajoute que cela reste indispensable pour déterminer si le WTE est réalisable ou pas.

De plus, la représentante de la PML souligne qu’à Maurice, les déchets sont composés d’un fort taux d’humidité.

Elle rappelle qu’en 2007, un projet d’incinérateur avait pour objectif de produire 20MW d’électricité avec 300 000 tonnes de déchets municipaux annuellement. Cependant, les Organisations Non-Gouvernementales (ONGs) avaient montré que cela était impossible. Le cas est ensuite allé au Tribunal de l’Environnement. Les promoteurs avaient éventuellement accepté que seulement 7MW pouvait être produits et cela en injectant du diesel.

Adi Teelock insiste qu’il y a d’autres technologies disponibles mais il faut avant tout faire un tri. Par ailleurs, elle fait savoir que des ONGs et certaines entreprises le font déjà. Elle pense que « la meilleure option serait de faire du recyclage. »

Une stratégie de gestion basée sur 3 R

Elle affirme également que l’incinération des déchets peut causer quatre fois moins d’emplois qu’une stratégie de gestion de déchets municipaux. Selon Adi Teelock, cette stratégie doit se baser sur les 3 R :
• Réduire
• Réutiliser
• Recycler

Adi Teelock ajoute que les grosses unités de traitement de déchets coûtent cher. « Dans de nombreux pays asiatiques comme l’Inde, plusieurs de ces unités ont dû déposer un bilan ». Le porte-parole de la plateforme ajoute qu’il est indispensable de réduire les déchets, surtout les plastiques, pour le bien-être du monde.

« Pas une solution pour Maurice »

Nous avons également sollicité Michel Chiffonne de CARES (Centre for Alternative Research And Studies) et également membre de Rezistans ek Alternativ. Il est catégorique : « ce n’est pas une solution pour Maurice. »

Il rappel qu’il y avait déjà une tentative d’instaurer le Waste-to-Energy sous le régime travailliste. «Aster lalians lepep pakone ki lobby pe pouse pou re amenn sa », lance t-il.

Ce dernier affirme également que d’autres pays ont face à de gros soucis liés à un tel projet. Michel Chiffonne soutient que le WTE ne résoudra en aucun cas le problème de l’énergie et celui du déchet.

Il réitère que Rezistans ek Alternativ avait déjà proposé d’autres solutions à ce sujet. Selon lui, lors du Budget 2018/2019, Pravind Jugnauth est complètement passé à côté de ce dossier. Pour lui, le ministre des Finances maintient le statu quo.

Des conséquences sur la santé

« Ena tablisman depi 20 an pe prodir sarbon, nou pe re negocie pou renouvle santral sarbon laisse-t-il entendre. Pour lui, si cela aboutisse et avec le WTE, il y aura en toute évidence, des conséquences sur la santé.

D’autre part, Michel Chiffone affirme que le ministère de la Santé n’a jamais entrepris une quelconque étude sur les effets néfastes du charbon. Il pense que le WTE serait pire que les centrales qui produisent de l’électricité à base de charbon.

« J’espère que le gouvernement ne va pas de l’avant avec ce projet, » nous déclare-t-il.