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Indranee Boolell-Bhoyrul : « le trafic humain est le deuxième fléau après la drogue dans le monde

Indranee Boolell-Bhoyrul : « le trafic humain est le deuxième fléau après la drogue dans le monde
Maurice est pour la troisième année consécutive, critiquée dans le Human Trafficking Report 2018. Ce document du département d’Etat, rappelons-le, établit un classement des pays en ce qui concerne la lutte contre le trafic humain.

Indranee Boolell-Bhoyrul : « le trafic humain est le deuxième fléau après la drogue dans le monde »

Maurice est, pour la troisième année consécutive, critiquée dans le Human Trafficking Report 2018. Ce document du département d’Etat américain, rappelons-le, établit un classement des pays en ce qui concerne la lutte contre le trafic humain.

Indranee Boolell-Bhoyrul, juriste et présidente de la commission luttant contre le trafic humain, nous explique d’emblée que ce fléau implique le travail clandestin, l’esclavage moderne, la prostitution, les traitements inhumain et le travail forcé (les enfants et surtout ceux en bas âge). Selon elle, le trafic humain est le deuxième fléau après la drogue dans le monde.

Maurice et Rodrigues, dit-l’intervenante, ne sont pas épargnées par ce fléau. Indranee Boolell-Bhoyrul évoque ce qu’elle appelle, la réalité macabre à laquelle sont exposées des jeunes filles et des femmes. « Certaines femmes mariées sont forcées à la prostitution par leur époux».

La juriste de la commission luttant contre le trafic humain, constate que l’esclavage moderne a pris une ampleur vraiment accrue à Maurice. Elle parle ici, de la maltraitance envers les travailleurs étrangers des conditions dans lesquelles ils travaillent, leurs dortoirs mal entretenus, les téléphones mobiles qui sont confisqués entre autres. Malheureusement confie l’intervenante «Nous ne sommes pas en mesure de revendiquer leurs droits».

La commission « Déracinons le Trafic humain à Maurice » organise des sessions de formations dans le cadre légal et sociale. « La population doit être sensibilisée dans son ensemble. » Selon elle, les autorités font beaucoup d’efforts, mais ne parviennent pas à se conformer au minimum requis. Et l’experte constate que les victimes perdent patience car les procédures légales trainent en longueur.

Certaines victimes sont pointées du doigt, ce qui les empêche de dénoncer toute forme d’abus. Cependant, Indranee Boolell-Bhoyrul encourage ceux qui détiennent des informations sur des éventuels cas de trafic humain, à venir de l’avant. Toute information, rassure-t-elle, sera traitée dans  l’anonymat.