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Grève de la faim : Entre le vrai et le faire-semblant !

Grève de la faim : Entre le vrai et le faire-semblant !

La grève de la faim est souvent le dernier recours pour faire passer le  message. Qu’en est-il des implications sociales et médicales ?

Selon Salim Muthy, une grève de la faim est l’ultime recours pour une personne ou pour un organisme de faire entendre sa voix. « L’organisation ou la personne demande une rencontre avec les personnes concernées. Si une rencontre n’est pas acceptée, des conférences de presse sont organisées. Par la suite, des manifestations sont entamées. Ce n’est que si aucune solution n’est trouvée qu’une grève de la faim est entamée », explique le porte-parole de plusieurs grévistes. « De plus, il faudra une cause et une solution que devrait aller en accord avec le public. Une grève de la faim ne peut pas être personnelle !».

Salim Muthy avance qu’un individu ne peut pas manifester durant la journée pour ensuite grignoter le soir. Selon lui « une vraie grève de la faim se fait dans des conditions hostiles et en public ».

La politologue Catherine Boudet affirme pour sa part que« la grève de la faim, en tant qu’outil de revendication sociale a été totalement banalisée. » Elle avance que ces situations répétitives, de même que certains des grévistes qui « trichent », mènent à à une perte d’identité.

Commentant l’impact social que peut avoir la grève de la faim, Catherine Boudet avance que « cela joue sur la culpabilisation des pouvoirs publics et l’exposition de leurs manquements au vu et au su de l’opinion publique. Ce chantage est dommageable pour l’image des hommes politiques. »

Ce qui détermine la légitimité de la grève, selon elle, est l’opinion publique. Une grève de la faim peut être entamée dans l’intérêt public, comme celle de Jeff Lingaya en 2013, ou pour défendre les droits, comme celle d’Atma Shanto la semaine dernière, avance la politologue.

Ainsi, elle avance que cette situation répétitive pourra perturber la logique de « rode boute ». Les revendications légitimes resteront sous silence alors que celles qui ne sont pas nécessairement légitimes seront peut être plus médiatisées.

Sales by Levy
En 2004, plusieurs personnes se sont retrouvées victimes du sales by levy et avaient perdu leurs maisons. Le gouvernement devait venir en aide aux victimes avec un fond de Rs100 millions. Cependant, parmi les 140, seul 37 personnes ont bénéficié de cette mesure.

BAI
Non-paiement aux employés du défunt BAI, les victimes ont vécu dix jours sans manger. Toutefois, grâce à cette grève, leurs demandes avaient été entendues, car le Premier ministre Pravind Jugnauth leur avait promis de trouver une solution à leur situation.

Planteurs Riche Terre
Les terres de ces planteurs avaient été réquisitionnées dans le cadre du projet Jin Fei. Le gouvernement leur avait accordé une compensation de Rs120 000 chacun. Toutefois, les planteurs trouvaient cette somme insuffisante et ont entamé une grève de faim. Le ministre de Finance d’alors, Vishnu Lutchmeenaraidoo, avait promis de trouver une solution pour ces planteurs.