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Industrie cannière : diversifier les marchés d’exportation

Industrie cannière : diversifier les marchés d’exportation

Avec le démantèlement de l’Accord Multifibre en juillet 2017 et la baisse du prix du sucre sur le marché mondial, l’industrie s’est vue confrontée à d’énormes difficultés. Des 21 établissements sucriers au cours ces deux dernières décennies, Maurice s’est retrouvé avec seulement quatre sucreries. Des 35 000 employés engagés dans le secteur sucrier, le nombre a été réduit à 4 000, ces derniers temps.

Dans le cadre de la publication du rapport du Joint Technical Committee sur le Sucre, document très controversé, vu que les recommandations des planteurs et des employés ont été ignorées, les gouvernement et les acteurs qui y sont engagés maintiennent la nécessité de mettre l’accent sur la canne et les sous produits de la canne et non sur le sucre.

«Lorsqu’on parle de la diversification dans son ensemble, elle est bien établie à Maurice. Outre l’énergie, il y a l’éthanol, la raffinerie…Il y a toute une panoplie d’activités qui est liée à la culture de la canne», affirme le négociateur du Joint Negociating Panel (JNP) de l’industrie sucrière, Devanand Ramjuttun à Inside News.

Devanand Ramjuttun précise aussi que Maurice ne produit plus de sucre, mais du sucre raffiné et des sucres spéciaux. Sollicité en vue de lui permettre de donner son point de vue sur la question, le président de l’Association des Petits Planteurs, Kreepalloo Sunghoon, est absent du pays.

Compte tenu de la situation dans ce secteur, le gouvernement ne jette pas l’éponge. Il est souligné qu’il redouble les efforts pour diversifier les marchés d’exportation. La Chine, l’Inde et l’Afrique sont considérés comme des marchés emergents. Se joignant au gouvernement, le Syndicat des Sucres consent que le sucre a encore sa place dans le pays. Dans ce contexte, le gouvernement s’est engagé dans un vaste projet de réforme, couplé de plusieurs mesures d’accompagnement en vue d’assurer la survie de ce secteur.

Diversification des marchés

Il faut dire que le gouvernement a déjà entrepris des discussions pour diversifier les marchés dans les trois pays susmentionnés. Des démarches ont déjà entamées en vue d’obtenir un prix plus rémunérateur pour les sucres spéciaux.

«Il faut dire que les sucres spéciaux ont de la valeur ajoutée, comparativement au sucre raffiné. Nous exportons 125 000 tonnes de sucres spéciaux, cela à un prix rémunérateur. Donc, nous devrons aller dans cette direction qui offre des perspectives», déclare Devanand Ramjuttun.

En revanche, selon le Syndicat des Sucres, il y aurait actuellement, un surplus dans la production à Maurice. Ce qui a pour conséquence, une baisse de prix et la communauté de planteurs ne songe plus à investir davantage. Cela ne concerne pas que Maurice.

La consommation annuelle du sucre dans le monde ayant augmenté de trois millions de tonnes, le Syndicat des Sucres souligne que le sucre mauricien est présent dans 50 pays à travers le monde, dont huit en Afrique. Compte tenu du fait que l’Inde et la Chine imposent la taxe sur les sucres qui pénètrent sur leur marché, il est soutenu que c’est à travers les accords bilatéraux que Maurice est signataire avec ces deux pays, que la vente du sucre sur ces marchés sera considérée.