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Pesticides : peut-on s’en passer ?

Pesticides : peut-on s’en passer ?

      • Le « Use of Pesticide Bill » qui a été voté à l’Assemblée nationale a pour objectif principal de contrôler et règlementer l’importation et l’usage de pesticides pour certains fruits et légumes. Et ainsi minimiser leurs risques pour la santé du public. Mais est-il possible de faire abstraction de ce genre de produits dans les champs ?
        Amarjeet Beegoo, agro-entrepreneur, souligne d’emblée qu’il ne faut pas faire d’amalgame entre planteurs de canne à sucre et les planteurs de légumes. « Ce sont deux différentes catégories » explique ce dernier. Et de souligner, dans la foulée, qu’il existe aussi deux catégories de pesticides qui sont utilisés. Ce qui est loin d’être un détail. « Il y a deux types de pesticides, soit ceux de bonne qualité et les autres de qualité inférieure », souligne notre interlocuteur. La principale différence ? Le prix. Un facteur qui pousse les principaux concernés à se tourner souvent vers ces pesticides de qualité inférieure et qui peuvent aussi se révéler très néfastes pour la santé des consommateurs.
        Balchand Vakil, un planteur résidant dans le Sud, explique, pour sa part, que les planteurs utilisent les pesticides et insecticides dépendant de la situation. Et souligne aussi que certaines pratiques d’antan sont, malheureusement, de moins en moins utilisées. « Il peut arriver qu’il y ait beaucoup de mouches à fruits. Pour les exterminer, les planteurs utilisent divers produits. Autrefois, des pièges étaient utilisés contre ces insectes. Mais leur utilisation se font de plus en plus, rares sur les terrains agricoles », indique aussi Balchand Vakil. Des méthodes traditionnelles qui mériteraient d’être réintroduites ? Notre interlocuteur le pense et prône l’utilisation de méthodes alternatives.
        Arshad Saroar, Chief Pharmacist, souligne, pour sa part que « selon une enquête menée par la Chambre d’agriculture, les planteurs utilisent, au moins, une soixantaine de substances dans leurs champs. De plus, 90% de pesticides utilisés le sont comme des mesures préventives. »
        Cette étude, justement, met en lumière des méthodes pour minorer l’utilisation de pesticides. « L’agriculture intelligente vise à utiliser des alternatives telles que le piégeage et la culture de rotation. Les coûts sont réduits et les légumes sont moins affectés par les produits chimiques », souligne ainsi la Chambre d’agriculture.
        Trois solutions sont ainsi mises en exergue. En premier lieu, la réduction de 25% des produits chimiques à travers l’utilisation de produits phytosanitaires avec un meilleur dosage et application. Puis, la réduction des produits chimiques de 50% en utilisant en même temps des alternatives biologiques. Finalement, la réduction de 75% de l’utilisation des pesticides et se basant sur les principes d’agro-écologie, en se tournant vers la diversification des variétés végétales cultivées, avec des variétés plus résistantes et les rotations culturales. Des méthodes qui mériteraient que l’on s’y attarde…

  • Quid des anti-moustiques ?

      • Selon certaines études, les anti-moustiques auraient des effets secondaires similaires à ceux des pesticides. Plusieurs planteurs ont, dans cette optique, demandé aux autorités de revoir le Use of Pesticides Bill en ce sens. Interrogé à ce sujet, une source au ministère de l’Agro-Industrie souligne que toute importation de tels produits doit obtenir, au préalable, l’aval des autorités concernées. Si des problèmes de santé, en relation à ces produits sont rapportés, il est interdit à la consommation. Et notre interlocuteur de souligner qu’il n’y a pas de lien prouvée entre les complications dues aux pesticides et ceux que pourraient causer les anti-moustiques.