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Victimes Sale by Levy: Les recommandations de la magistrate Wendy Runghen toujours pas appliquées

Victimes Sale by Levy: Les recommandations de la magistrate Wendy Runghen toujours pas appliquées

Les propriétés immobilières continuent d’être vendues à la barre, une mafia opère pour les institutions financières, le petit peuple souffre malgré la loi de 2007 visant à le protéger.

Cri de cœur du travailleur social Salim Muthy pour les victimes des ventes à la barre.

«depi 2014 lacour ine rane jugement pou protez bane victime, mais ziska lere pencor narien»

En effet, Salim Muthy rappelle que suite à une deuxième Commission d’enquête en 2012, la cour avait établi 34 points de réforme qui visent à protéger les petits emprunteurs et veiller à ce que leurs résidences primaires ne soient pas saisies et mises en vente à la barre. La cour avait statué sur les emprunteurs de moins de Rs3 millions qui peinent à rembourser leurs emprunts. Selon cette nouvelle formule, les institutions financières ou même la NHDC ou la MHC n’ont pas le droit d’entamer des procédures de saisie sur les maisons abritant les femmes, enfants ou vieilles personnes ou handicapés. Toutefois le travailleur social déplore que les saisies se poursuivent dans tous les cas.

Il cite un cas très récent où une maison valant Rs1 million, a été vendue à la barre pour rien que Rs200,000. Le travailleur social affirme que ce cas aurait dû être envoyé au Protection of Borrowers Office pour être traité, et non à la cour suprême. Or, dans ce cas, la banque concernée a référé l’affaire directement à la cour. Pour Salim Muthy rien n’a changé et les petits emprunteurs continuent à souffrir sous les mains des profiteurs.

«Certaines institutions financières sont devenues des agents immobiliers, bradant les propriétés du petit peuple tout en s’enrichissant» déplore-t-il.

L’autre volet de protestation de Salim Muthy concerne le fond de Rs100 millions mis à la disposition des victimes de vente à la barre. Il avance que jusqu’ici, seulement Rs9 millions ont été utilisées, affirmant que les Rs91 millions restantes ont volatilisé. Le travailleur social dit qu’il en a parlé au Premier Ministre et que ce dernier lui a donné la garantie qu’il s’occupera du dossier. A noter que ce fond sert à dédommager les victimes de Sale by Levy à hauteur de Rs500,000, afin de trouver un toit.

Parlant du Protection of Borrowers Office, Salim Muthy déplore que presque tous les emprunteurs ne connaissent même pas son existence ou son adresse.

Nous avons interrogé la directrice de ce bureau, Sonah Oree, qui nous a déclaré que tout est fait pour conscientiser le public sur les services offerts par le PBO. Elle maintient que des programmes de conscientisation sont répertoriés sur tout le pays pour informer les gens. Pour rappel, cet organisme agit comme chien de garde et enregistre les complaintes des victimes. On essaie, alors, par tous les moyens de conseiller les emprunteurs retardataires de moins de Rs3 millions et trouver une solution afin que leurs biens ne soient pas saisis.