Actu de l'ile Maurice
Edito

[Édito] Flics en délire…?

[Édito] Flics en délire…?

Désolé messieurs les cinéphiles, détrompez-vous, je n’évoque pas là, le titre d’un film… mais plutôt de quelques scénarios ô combien délirants qui pourraient inspirer les cinéastes les plus zélés pour une suite au célèbre « Police Academy ».

Mais cessons la rigolade. Evoquer les hommes en bleu, c’est du sérieux, du très sérieux même. Car n’oublions pas que ces messieurs sont les garants de la sécurité du pays, de notre sécurité…

Dans la majorité des cas, les principaux concernés s’acquittent de leurs devoirs avec diligence et professionnalisme. Hélas ! Il y a des exceptions à la règle, comme dans toute société. Et l’on doit malheureusement, composer avec quelques moutons noirs… ici je pense que le terme brebis galeuses serait plus approprié. Et c’est dommage ! « Il ne faut qu’une brebis galeuse pour infecter tout un troupeau…, » dixit le proverbe français. Autrement dit, les agissements, peu honorables, sont susceptibles de jeter l’opprobre sur toute une institution.

Les délits de nos amis flics ces derniers mois sont les uns aussi délirants que les autres :

  • Vol de voiture.
  • Possession d’héroïne.
  • Conduite en état d’ivresse.
  • Fête, danse et consommation d’alcool dans un poste de police,
  • Agent affecté au port sanctionné pour vol.
  • Deux policiers remerciés par la DFSC (Discipline Force Service Commission).
  • L’un devra purger une peine de 27 ans pour meurtre et l’autre poursuivi sous quatre chefs d’accusation.
  • Inculpé pour conspiration et pour avoir prêté des uniformes de la police à des individus dans le but de commettre un acte malveillant.
  • Parmi les 38 policiers suspendus depuis 2016 -2018, pour divers délits, seize sont impliqués dans des affaires liées au trafic ou à la consommation de drogue.
  • Cinq policiers suspendus pour des affaires de mœurs.
  • Début janvier, un officier de l’ADSU arrêté pour son implication dans un trafic de drogue.
  • 7 Février, déjà inculpé de délit de drogue : un policier est accusé d’avoir violé sa femme.
  • En mars, de la drogue synthétique d’une valeur de Rs 200 est retrouvée à Sébastopol, au domicile d’un constable affecté à la Special Supporting Unit.
  • Un officier de la Divisional Supporting Unit avait chez lui 30 plants de cannabis d’une valeur de Rs 90 000.
  • 12 juin, un constable du Passport and Immigration Office, est interpellé. Il est soupçonné d’être impliqué dans la saisie d’une importante cargaison d’héroïne à l’aéroport.
  • 14 juin, un policier, âgé de 24 ans et affecté au poste de police de Floréal, arrêté en possession d’une dose d’héroïne.
  • 22 juin –  un officier du poste de police de Blue-Bay arrêté avec en sa possession des semences de gandia.
  • 1er juillet – deux policiers appréhendés par des limiers de l’ADSU en possession de cannabis.
  • 13 juillet – Un policier arrêté par la CID de Moka. Il comparait en Cour de Moka sous une charge provisoire de bomb hoax .
  • 15 juillet – Deux policiers, l’un affecté à la Special Support Unit et l’autre à la National Coast Guard, pris en flagrant délit par une équipe de la brigade anti-drogues aux Salines, Port-Louis. Ils avaient 0,17 gramme d’héroïne en leur possession.

Cette liste est, au demeurant, loin d’être exhaustive. Si je m’aventurais à évoquer les grivoises parties de jambes en l’air de certains de ces messieurs la police, alors qu’ils sont « on duty », nous risquons de nous retrouver avec une liste substantiellement rallongée  !

Sur les ondes d’une radio privée, Jaylall Boojawon, le président du syndicat de la police s’en est prit à coeur joie en conspuant allègrement son chef hiérarchique, le Commissaire de Police. « Commissaire police pas pé kapave gère la force policière, inn l’heure pou allé… Mario Nobin pas pe kapave gérer… ou bizin allé… ». Quid du respect et de la considération, quasi obligatoire pour la hiérarchie? Bon bref, on s’en passe…

Et pour corser le tout, ce même président du syndicat se dit inquiet. Oui. Inquiet, car selon lui, il n’y a personne de calibre pour remplacer Mario Nobin. Lisons un peu en filigrane. Jaylall Boojhawon maintient mordicus que le Commissaire de police doit quitter son poste, tout en indiquant qu’il n’y a aucun candidat à sa succession. Deux choses l’une. Soit les propos de M. Boojhawon comporte une dichotomie évidente. Soit il a raison et nous sommes déjà, invariablement, dans une situation inextricable et dangereuse…

Si un haut gradé de la force policière se dit « inquiet », nous fragiles citoyens de la République, devrions-nous déjà penser à nous construire chacun un bunker ? On nous dira de ne pas nous en faire parce que la police est là et veille à tout.

Veiller à tout… Ne serait-ce pas à partir de là que nous devrions commencer à nous inquiéter ?