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Industrie sucrière -JNP : les «points cachés» du Joint Technical Committee mis au grand jour

Industrie sucrière -JNP : les «points cachés» du Joint Technical Committee mis au grand jour

  • Dans son mémorandum de 26 pages, le Joint Negociating Panel des Syndicats de l’Industrie sucrière, soumis au Premier ministre, Pravind Jugnauth, le 18 juillet dernier, s’est montré très critique contre le Joint Technical Committee. Tous les «points cachés» ont été mis au grand jour. En voici quelques uns…
    «Une nouvelle Ile Maurice peut se construire si nous avons cette volonté politique … mais pas en revenant en arrière à l’époque  sombre de l’esclavagisme, à l’engagisme et au colonialisme. Le nouveau Mauricien ne peut que tirer des leçons précises de ces périodes, ainsi que de se remémorer que les terres, les côtes, les plages, les océans sont des biens communs, qui doivent être restaurés, préservés de manière durable (…) pour les bienfaits de toutes les personnes et pour nos futures générations, et non pour quelques privilégiés», écrivent les signataires Ashok Subron, Serge Jaufret, Devanand Ramjuttun Lall Dewnath, Daniel Moutou, Pregassen Moonien, Dany Boussac, Ajit Bungloll, Kishan Deenoo, en conclusion.
    «Le rapport monstrueux du JTC a été un exercice troublant et inimaginable ! Puissions-nous souhaiter que ce genre de conspiration ne se reproduise plus», ajoutent-ils
    S’agissant les points cachés dans le rapport du JTC pour anéantir le travail, le JNP estime qu’avec la réintroduction de la vicieuse Industrial Relations Act (IRA), «ils réclament la quasi-abolition du principe même de la négociation collective dans l’industrie sucrière: l’élimination de la négociation collective obligatoire par la réintroduction de l’obligation ministérielle obligatoire d’imposer un arbitrage obligatoire et de cesser le droit de grève dans l’industrie sucrière».
    «Flagrante violation»
    Selon le JNP, une telle démarche est en «flagrante violation» de la  Conventon de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), telle qu’elle est prescrite dans les lois mauriciennes. «Ils veulent la loi de l’IRA des années 70!», tonnent-ils.
    Pour ce qui est de  déclarer le commerce du sucre comme «service essentiel», le JNP dénonce que les auteurs du rapport JTC sur le Sucre veulent que l’industrie du sucre soit considérée comme un service essentiel, «imposant, ainsi le service minimal en cas de grève, comme si leur secteur était aussi jaloux que gratuit, à l’instar des hôpitaux, prisons …»
    Pour ce qui est de da dépréciation des actifs v/s la valeur de la main-d’œuvre, le JNP s’insurgent que les auteurs du JTC demandent à l’Etat «d’éliminer le droit des salariés de l’industrie sucrière à une compensation salariale annuelle en raison de la hausse du coût de la vie après la signature d’un accord Collective.»
    Soulignant que ceci est, actuellement, illégal sous Additonal Remuneraton Act, les signataires du memorandum dénonce : «Ces usiniers qui appliquent chaque année une dépréciation à leurs biens dans leurs bilans financiers, de manière à renouveler ces emplois, ont maintenant jugé normal que la valeur du travail humain doit rester libre face au coût de la vie. Comme si, les objets – meubles – avaient plus de considération que de vies humaines, comme c’était le cas du tempsdu «Code Noire!»
    1 milliard de Land Conversion Rights
    Plus loin, le JNP évoque le  «capturing the State for capital owner, not labour», le JNP fait remarquer qu’avec d’autres amendements apportés à leur loi («decree»), les usiniers demandent pour que désormais, il n’y ait aucune ingérence de l’Etat pour ajuster les salaires ou toute autre mesure législative en faveur des employés une fois un accord collective est en vigueur.
    «Cela signifie que toute loi votée par l’Assemblée nationale ou toute proclamation légale ne serait pas applicable aux travailleurs. Les mêmes personnes qui, sans aucune honte, ont conspiré pour que l’Etat intervienne et perquisitionne 6 milliards de roupies d’argent des contribuables au cours des 5 prochaines années, demandent maintenant à l’Etat d’intervenir, de changer les lois, afin que l’Etat ne puisse plus intervenir en faveur des travailleurs!», s’insurgent les signataires du memorandum. Ils font remarquer que les employeurs qui ont reçu environ 1 milliard en termes de «Land Conversion Rights» des amendements apportés à la Sugar Industry and Efficiency Act (SIEA) 2016, ont bénéficié de 600 millions d’euros pour la construction d’un pont par l’Etat pour améliorer leur valeur foncière et de leurs Smart Cities.
    Selon eux, les propriétaires employeurs qui ont bénéficié de la baisse massive de l’impôt sur les sociétés de 15% à 3% au cours des deux dernières années, alors qu’un accord Collective était en vigueur, «ordonnent maintenant l’Etat de ne pas intervenir en faveur des employés de l’industrie sucrière! Comme si, toute intervention de l’Etat en faveur des propriétaires du Capital est bon, tandis que tout intervention en faveur des salariés qui travaillent pour leur subsistance est mauvais.»
    «Le Sucre et l’argent du Sucre!»
    Par ailleurs, le JNP soutient que la patronat de l’industrie sucrière veut à tout prix «le Sucre et l’argent du Sucre!»  Selon lui, l’objectif du JTC est explicite : suppression de tous les mécanismes en cas d’employés surnuméraires – Blue Print Package, Voluntary Retrement Scheme, Early Retrement Scheme – mis en place à travers la centralisation et les réformes de ces 18-20 dernières années. Les réformes très structurelles qui ont permis aux entreprises sucrières de tripler / quadrupler leurs richesses accumulées au cours des 18-20 dernières années!
    «Comment l’histoire décrira ces oligarques dans 100 ans? Ce que nous savons, c’est que le système qui leur a permis d’accumuler leurs richesses pendant deux siècles a maintenant été déclaré crime contre l’humanité par les Nations Unies», se demande le JNP.